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CA 314 novembre 2021

Réflexions communes sur diverses questions féministes

dimanche 28 novembre 2021, par Courant Alternatif

Pendant les Rencontres libertaires organisées par l’OCL en juillet dernier a eu lieu une discussion qui a tourné autour du féminisme, de la sexualité, de la procréation (ou pas)… Voici l’essentiel des interventions, regroupées par thèmes.


Revendication féministe et évolution de la société

« En tant que prof, je pense que l’idée féministe a vraiment progressé, y compris dans les banlieues. Les élèves ont en général des discussions plus libres sur la sexualité et les questions de genre. Pendant les blocus de lycée, beaucoup plus de filles s’expriment.

– En sixième, des filles réagissent carrément, face à des propos sexistes. En biologie, les programmes ont un peu évolué ; et alors qu’avant on ne présentait que des organes masculins, ou des organes féminins incomplets, un mouvement de profs dans des lycées a permis d’avoir des modèles 3D du clitoris à imprimer et à présenter aux élèves en le définissant comme organe essentiel du plaisir féminin. C’est une réelle évolution.

– Le mouvement féministe n’est plus marginal de nos jours, mais il est aussi récupéré par le capitalisme et la classe politique (à Caen, par exemple, la représentante de #NousToutes est une responsable d’En Marche). Alors qu’à d’autres périodes le féminisme était pointé du doigt, vécu comme une agression, on peut maintenant dénoncer l’inceste dans la société où on est ; tout le monde a conscience que c’est une réalité jusque dans les milieux bourgeois, et cela interroge aussi sur la famille – s’il faut la détruire ou pas – et constitue un progrès social important. Mais s’il est plus facile de se dire féministe aujourd’hui, c’est également un produit qu’on peut acheter et vendre, une espèce de valeur cool (on trouve même, sur Netflix, une plate-forme “I am feminist”). Et il y a aussi des nouvelles manières de faire – par exemple féminiser l’écriture, mais est-ce que c’est une avancée ? – et de nombreuses paroles féministes…

– Le postféminisme renvoie à l’individu, au néolibéralisme : ta qualité de vie, ton autonomie, c’est de ton fait, et tu vas pouvoir trouver ta place dans la société telle qu’elle est. C’est la pire chose qui puisse arriver au mouvement des femmes, comme à tous les mouvements. C’est une espèce de processus d’institutionnalisation : par tes qualités individuelles, par tes actions, parce que t’es une femme, ou homosexuel-le, tu vas arriver dans cette société. Et ça on doit le combattre car cela liquide toute possibilité de faire la révolution. Il y a aussi là-dedans de la culpabilisation : si toi, femme ou individu postféministe, tu ne réussis pas ta vie, c’est ton échec personnel, à toi entité “autonome” qui mène ta vie de manière libre dans un système libéral-capitaliste où toutes les règles sont fixées d’avance.

– On trouve également, dans le féminisme actuel – comme dans le mouvement ouvrier avant, ou dans les associations antiracistes –, la victimisation, qui est le fondement de l’avant-gardisme. On doit la refuser : s’il n’y a plus de victimes, l’avant-garde qui pensait les représenter n’a plus rien à foutre. L’objectif, pour un mouvement pas avant-gardiste, c’est que les personnes cessent d’être victimes et deviennent acteurs et actrices de ce mouvement.

– Il ne faut pas faire des femmes des victimes, mais quand une femme meurt tous les 3 jours… il y a une discrimination sociale très concrète contre les femmes, et le patriarcat fait partie des structures de pouvoir, avec le capitalisme, contre lesquelles j’ai envie de lutter.

– Il ne suffit pas de se dire anticapitaliste, il faut développer le féminisme dans les entreprises. Avant, les commissions féministes qui existaient dans les syndicats permettaient aux femmes d’avoir des informations, des espaces où discuter d’autre chose que d’augmentations de salaire. C’est important qu’au travail et à l’école il y ait des possibilités de débat, car ce sont des lieux de socialisation.

– Au syndicat SUD-rail à Paris, il y a une commission féministe “déter” qui fait de l’information. Je bosse dans un atelier de 700 mecs et 5 nanas, et le féminisme n’y est pas accepté comme une évidence ; les mecs ne sont pas moins sexistes qu’avant, mais ils ont peur à cause de #MeToo. Dans une formation de cette commission où j’ai traîné des mecs, leur réaction face à des témoignages de harcèlement dans la rue ou au travail a été de dire : “Mais ma femme, ma fille me raconte cela tous les jours…” Ce genre de formation dans les entreprises permet d’abord aux femmes de se retrouver entre elles lorsqu’elles travaillent dans des lieux très peu féminisés, et ensuite de se créer des alliés. Si nos salaires augmentent et qu’en tant que nanas on arrive à se faire respecter, tout le monde y gagne.

– Je suis très embarrassée car beaucoup de gens se réclament du féminisme, de l’anticapitalisme, mais concrètement je ne sais plus ce que cela veut dire… Une revendication me semble importante : que les femmes aient le même salaire que les mecs. Et ce qui est prioritaire, c’est que si des femmes ou des filles subissent des violences, elles puissent être accueillies dans des centres d’accueil ou chez l’infirmière scolaire. Porter plainte, c’est aussi renforcer le système et l’État : que ce soit notre seule solution montre notre impuissance. Mais s’il n’y a pas de plainte, il n’y a pas d’arrêt de travail, il n’y a pas d’ouverture de droit à un logement. D’autre part, que ce soit pris en charge par des collectifs féministes ne me satisfait pas plus. »

Violences sexuelles

« La campagne contre les femmes battues où il faut appeler un numéro m’énerve prodigieusement. Dans mon quartier, le problème des femmes battues c’est le logement, parce que tu peux pas te tirer si t’as des gamins et pas de logement. Alors elles se tirent quand elles trouvent un autre mec… La réalité sociale reste la même : il y a eu un tas de discours de Macron sur les féminicides, mais rien n’a été fait pour qu’ils diminuent.

– Dans mon travail, je peine à amener les femmes qui subissent des violences à porter plainte. Et j’aimerais le soutien d’un collectif féministe, mais je ne sais pas de quelle manière : je rencontre souvent des associations, mais elles sont liées au gouvernement par des subventions… Malgré la médiatisation des violences faites aux femmes, les choses n’avancent pas car il n’y a pas d’accès au logement en général, donc d’autant moins pour les femmes. Quand une mère seule se trouve en situation de quitter son travail pour s’occuper de son enfant handicapé, elle ne cotise plus à la retraite. Quand je reçois, en milieu rural, des jeunes femmes qui se sont fait harceler ou taper, elles ne savent même pas qu’elles peuvent porter plainte. Il y a de moins en moins de lieux où parler (centres de planification familiale, infirmières scolaires…), accueillir la parole des femmes, des jeunes.

– Pourquoi les hommes maltraitent et tuent les femmes ? On prend toujours la question des femmes battues à partir d’elles : on nous parle du nombre de féminicides et pas du nombre d’assassins, et c’est toujours à la femme de trouver un logement. Si on avait une autre approche, ce serait à l’homme de le faire, alors que les juges laissent les mecs violents retourner au domicile. Pourquoi n’emploie-t-on pas contre les hommes les outils répressifs qu’on sait employer contre les femmes qui manifestent ? Il faut les responsabiliser et les culpabiliser pour que les féminicides s’arrêtent. Je parle là d’une culpabilisation sociale, qui ne renvoie pas à l’individuel… comme on le fait avec l’inceste quand on dit par exemple : “Pourquoi cette femme a attendu quarante ans pour en parler ?” alors qu’elle a besoin d’un soutien et que les discours gouvernementaux n’ont aucune efficacité.

– On déplore que les femmes n’aient pas assez de lieux pour confier leur parole et se faire aider, mais dans le même temps on ne veut rien demander au gouvernement. Pour moi, c’est en créant un rapport de forces qu’on peut faire changer les lois.

– Le problème, c’est que ce n’est pas seulement une question de loi. Une affaire a fait la une des journaux parce que des policiers étaient morts en essayant d’interpeller un auteur de violences ; mais précédemment la femme était allée trois fois porter plainte, et trois fois les policiers l’avaient renvoyée chez elle.
– Pour moi c’est une question de loi, car si les choses ont changé en Espagne, c’est parce qu’il y a eu une loi-cadre [1] : dès qu’une femme porte plainte, le conjoint est éjecté du domicile ; c’est elle qui touche les allocs, qui a la possibilité de trouver un autre logement, et c’est la même juridiction qui assure le suivi des droits des enfants. Bref, c’est une loi qui protège les femmes. Macron a annoncé que la lutte contre les violences faites aux femmes était une priorité de son quinquennat, mais il a diminué tout le fric aux assos. S’il y a moins de centres de Planning familial, d’infirmières scolaires, d’éducation sexuelle à l’école ou ailleurs, c’est parce qu’il y a moins de fric. Et il y a aussi moins de lieux pour avorter, quasiment plus de gynécos…

– J’ai vu un reportage sur une banlieue de Buenos Aires où un lieu d’accueil des femmes a commencé à mettre la pression sur les hommes violents, en leur disant que s’ils recommençaient on leur casserait la gueule. C’est intéressant, ce mode d’auto-organisation.

– Notre mouvement aurait tout intérêt à soutenir les femmes qui tuent leurs agresseurs. Il y a eu l’affaire Sauvage [2], et, plus récemment, un procès en Saône-et-Loire [3] où une femme qui avait subi viol, violence, prostitution, inceste, etc., de la part de son mari l’a enterré au fond de la forêt avec l’aide de ses enfants. Elle a pris quatre ans dont trois avec sursis [4] : même la justice reconnaît que la violence peut être une bonne chose. »

Avortement

« A propos des lois, l’histoire du MLAC est parlante, à savoir : on y gagne et on y perd quoi ? Et est-ce que ce sont des avancées ? Le moment où l’avortement a été illégal a aussi été celui d’un partage entre les femmes autour des pratiques d’IVG clandestines. Dans un film sur le MLAC [5], une femme exprimait qu’elle n’avait pas envie que la loi passe parce que ce qu’elle avait vécu avec le groupe de femmes qui l’avait accompagnée ne serait plus possible : elle ne pourrait pas vivre cela à l’hôpital.

– L’IVG reste quelque chose de violent, surtout avec les médicaments. Une phase de discussion, entre femmes ou pas, est nécessaire, et cela existe au Planning familial. Mais il pourrait exister des groupes de femmes pour parler de sexualité, de la santé des femmes. 20 % des femmes sont accompagnées des mecs pour une IVG, ce n’est pas rien. La question de l’avortement n’est pas qu’un problème de nanas – tout comme la question du sexisme.

– Le mouvement sur l’avortement en France n’était pas pour obtenir quelque chose, mais contre la pénalisation de l’avortement. La dépénalisation a entraîné une législation d’encadrement de l’avortement qu’on défend maintenant, mais qui est un recul. Elle a été une réponse du pouvoir pour encadrer des choses qui avaient été conquises, et surtout cette volonté des femmes de s’occuper de leur corps. C’est un enterrement des prises en charge autonomes. Les tentatives d’auto-avortement étaient aussi une tentative de contrôle des pratiques médicales, de l’IVG, mais cela a également existé concernant la psychiatrie.

– La méthode Karman par aspiration a permis que l’IVG soit moins violente, et pratiquée par des militant-es et bénévoles dans une dynamique où on savait qu’on allait gagner. Il n’est pas sûr que cela aurait pu durer très longtemps : on aurait fini par s’épuiser. Les pratiques d’auto-avortement étaient intéressantes, mais pour la plupart des femmes la réalité c’était toujours les “faiseuses d’anges” et les curetages à vif faits à l’hôpital pour te punir d’avoir essayé d’avorter. On a quand même gagné, avec cette loi.

– Le MLAC était un groupe militant minoritaire qui remettait en cause le pouvoir médical et la société. Que des femmes puissent reprendre possession de leur corps, c’est toujours d’actualité. Mais aujourd’hui il est totalement interdit d’avorter en dehors de ce qui est prévu par la loi.

– Pendant des décennies le droit d’avorter a paru acquis à des générations de femmes. C’est ce qui se passe sur les questions d’avortement dans d’autres pays qui remobilise en France sur le sujet, d’autant plus que ce n’est pas facile d’obtenir une IVG : de nombreux RDV sont sur des heures de boulot et à l’autre bout de la ville, il y a le risque de dépasser le délai légal pour avorter. Beaucoup de femmes partent encore à l’étranger à cause d’un dépassement de ce délai, et la proposition de loi visant à l’allonger de 12 à 14 semaines de grossesse pour une IVG vient d’être retoquée ; elle sera de nouveau étudiée à l’Assemblée nationale fin novembre.

– Le droit à l’IVG est un droit difficilement acquis et qui peut être retiré. En Europe, la législation est totalement différente d’un pays à l’autre. En Pologne, ils viennent d’interdire l’avortement. En France, la loi de 1920 pénalisant cet acte [6] n’a jamais été abolie ; elle a seulement été modifiée, et l’IVG est autorisée sous certaines conditions. Tant sur les questions de violences faites aux femmes que sur l’avortement, la France est en retard par rapport à l’Espagne. Alors qu’il y a des normes européennes sur les bagnoles, le travail, la peine de mort et tout un tas de trucs, pourquoi n’y en a-t-il pas sur la vie, l’avortement ? »

Sexualité

« La pénétration comme forme habituelle et normée de sexualité n’est pas abordée dans le mouvement féministe, et ne l’était pas non plus tellement à l’époque du MLAC. C’est pourtant à cause de cette pratique sexuelle que l’avortement est nécessaire.

– La question du plaisir et de la sexualité libre est plus portée par des groupes queer ou autres qui veulent qu’on leur foute la paix avec leur sexualité et leur plaisir même si ce n’est pas forcément politique. Avec le repli sur le couple et la famille, on aurait intérêt à remettre cette question au centre des débats – d’autant qu’au premier confinement ce repli s’est accentué : des gens qui ne vivaient pas ensemble se sont confinés ensemble ; la famille et le couple ne vont pas forcément ensemble, la famille implique l’idée de procréation, mais certaines personnes considèrent que c’est pareil. 

– Il y a toute une déconstruction à faire pour que l’éducation sexuelle ne se fasse pas par les films porno (l’âge moyen du premier visionnage de ces films est 10 ans). Dans les centres du Planning, des jeunes filles viennent dire qu’elles n’arrivent pas à reproduire ce qu’elles ont vu dans ces films. Dans des sessions d’éducation à la vie avec des enfants de 13-14 ans, j’ai constaté qu’ils avaient tous vu du porno avec triple pénétration. C’est une pression super violente : ces jeunes, filles et garçons, ont l’impression que s’ils/elles n’arrivent pas à faire comme dans les films, ils/elles n’ont rien fait. Ces films ignorent caresses, approche, baisers, connaissance de l’autre… Cela les empêche d’éprouver et de donner du plaisir. Et, pour les plus âgé-e-s, il y a une commercialisation du plaisir avec les sites de rencontres, il existe une telle solitude que cela nous touche tous et toutes à des degrés divers. »

Connaissance de son corps

« En région parisienne, un groupe de sages-femmes propose des méthodes pour se connaître. On a rendu objet notre propre corps en ne nous y intéressant pas. L’accompagnement de la grossesse et de l’accouchement sont moins médicalisés. Il existe maintenant des maisons de naissance, mais elles sont stigmatisées comme lieux de “bobos”. Il n’y a pas d’espace pour penser, partager, s’occuper de la maternité, de la vieillesse, etc.

– La Leche League [7] a pour but d’aider, par un soutien de mère à mère, toutes les femmes souhaitant allaiter, en leur transmettant le savoir-faire de l’allaitement – parce que cela s’apprend, ce n’est pas inné.

– Au moment de la pandémie de sida, les gens d’Act-Up ont aussi voulu savoir comment fonctionne la médecine, quels médicaments on leur faisait ingurgiter, avec quels effets positifs ou négatifs…

– Actuellement, il y a plutôt une tendance à récupérer la main sur l’avortement ou la grossesse. Ce mouvement d’autogynéco semble prendre chez les jeunes. Il y a aussi énormément de publications sur cette question, la réédition de Notre corps, nous-mêmes…

– L’accouchement ou l’avortement étaient avant une question gérée par les sages-femmes, puis les médecins ont viré les sages-femmes, “sorcières” détenant un savoir, alors qu’elles laissaient une certaine autonomie aux femmes. Elles ont depuis peu de nouveau la possibilité de pratiquer les IVG médicamenteuses ou instrumentales.

– Si des lieux non-mixtes où l’on s’intéresse à la pénétration, à la sexualité sont nécessaires, il est aussi nécessaire que ces questions soient débattues en mixité. Des femmes médecins qui ont suivi des études classiques peuvent faire pire que les mecs – ce n’est pas une question de sexe.

– On n’a pas parlé de la législation sur la PMA… parce que ce débat est polémique et porte sur la procréation ? On fait du corps de la femme une marchandise, avec la PMA, la GPA…

– Le rapport des femmes à l’enfant est aussi à analyser, on est hyper silencieuses sur le sujet. Avant, des femmes avaient 5 enfants et plus, mais une proportion assez importante n’en avait pas. Maintenant, 80 % des femmes ont des enfants, et on ne se pose pas la question de pourquoi on en fait. Mais si tu es une femme hétéro et pas malade et que tu ne veux pas d’enfants, tu es obligée de t’expliquer.

– La natalité baisse en France (de 2,1 enfants par femme en 2014 à 1,8 enfant en 2019), ce qui inquiète l’État et les militaires, qui auront besoin de chair à canon. C’est pour cela que l’État garde la mainmise sur les politiques de natalité. En Chine, quand la politique de l’enfant unique a été abolie en 2015, cela a permis à l’État d’avoir une puissance de 1,2 milliard d’individus. L’État indien est critiqué pour son 1,4 milliard d’habitant-e-s car il n’a pas appliqué les mêmes politiques… Le ventre des femmes est un outil au service des politiques étatiques. »

Odile et Vanina

P.-S.

l’introduction au débat

Lundi 12 juillet


- Après-midi : Où en est le féminisme aujourd’hui ?
On a vu apparaître ces dernières années sur les réseaux sociaux #MeToo, puis #BalanceTonPorc après l’affaire Weinstein, qui dénoncent les violences sexuelles et sexistes dans l’espace public ; d’autres hashtags ont ensuite pointé les violences dans l’espace privé, en particulier #MeTooInceste après l’affaire Duhamel-Kouchner. Se sont également développés, de par le monde, des mouvements de femmes (Argentine, Mexique, Pologne…) qui sont mobilisées pour le droit à l’avortement et contre les violences faites aux femmes (avec des collages de rue mettant l’accent sur les féminicides) ; et, en France, de nouvelles coordinations nationales féministes ont surgi, pointant les inégalités et les discriminations entre hommes et femmes.
Mais dans le même temps, la « théorie queer » a promu de nouvelles définitions d’une femme et du féminisme qui entraînent de violentes polémiques entre des transactivistes et des féministes (radicales ou autres). Avec l’écoféminisme, on assiste à une certaine essentialisation de la femme (associée entre autres à la nature) qui crée d’autres clivages dans le féminisme ou en font reparaître d’anciens. Enfin, les questions de genre sont devenues, avec l’écologie, l’un des principaux sujets mis en avant par une large part de la classe politique et des médias, qui voient là un bon moyen d’évacuer les questions de classe…

Notes

[1Cette loi de 2004 (complétée en 2017) a mis en place notamment des tribunaux spécialisés en violences conjugales, un système informatique de suivi et de protection des victimes au niveau national, le port du bracelet anti-rapprochement pour les agresseurs.

[2Jacqueline Sauvage a tué son mari en 2012 et été graciée par le Président Hollande en 2016.

[3L’affaire Valérie Bacot.

[4Ayant passé un an en détention provisoire, elle est sortie libre du tribunal

[5MLAC : Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception. Ce film, réalisé par Yann Le Masson en 1982, est Regarde, elle a les yeux grands ouverts

[6Il est passible des travaux forcés à perpétuité, voire de la peine de mort.

[7Fondée en 1956 par un groupe de mères de Chicago, cette ligue existe aussi en France depuis 1979.

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