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CA 324 novembre 2022

Manifs de fachos et contre-manifs : après Callac (22), Saint-Brévin (44)

lundi 7 novembre 2022, par Courant Alternatif


Voir en ligne : collectif des Brévinois attentifs et solidaires

Le 17 septembre à Callac, des opposants au projet Horizon, qui vise à accueillir des familles de réfugiés dans cette commune, ont organisé une manifestation, mais les défenseurs de ce projet ont contre-manifesté. Le 10 octobre dernier, c’est le collectif de la préservation de la Pierre-Attelée qui appelait, à Saint-Brévin, à une manifestation devant la mairie contre la construction d’un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) ; là aussi il y a eu une contre-manif.

Rien de très nouveau dans cette cité balnéaire :

2016 : Démantèlement de Calais, création d’un centre d’accueil et d’orientation (CAO) pour 70 demandeurs d’asile dans les locaux d’un ancien centre de vacances d’EDF à Saint-Brévin-les-Pins. Constitution d’un collectif de Brévinois hostiles au projet, invoquant le manque de concertation des habitants, les viols et vols en perspective avec tous ces hommes célibataires venus d’Afrique ! Bien puant ! Le collectif des citoyens brévinois atterrés [1]se crée en réaction à cette violence xénophobe. Réunion tendue à la mairie, manifs et contre-manifs… En octobre, 4 tirs de fusil de chasse sur les bâtiments qui vont héberger les migrants. A ce jour, l’enquête n’a rien donné !

2021-2022  : Projet et début de construction d’un CADA à la Pierre-Attelée (ex-colonie de vacances), à Saint-Brévin-l’Océan, pour remplacer le centre d’hébergement d’urgence actuel, avec 110 places ouvertes en partie à des familles. Un collectif de riverains, parents d’élèves et habitants lance une pétition contre la construction de ce CADA et tente une action en justice qui échoue. A la différence de 2016, le collectif essaie de se démarquer des fachos et affirme ne pas être opposé à la création d’un CADA, mais… pas chez eux. Parmi les arguments, on retrouve la non-concertation des riverains, l’espace naturel protégé, et puis et puis… la proximité de l’école, du camping et du bord de mer. Et là, le puant remonte à la surface : alors que le collectif se dit « non hostile aux migrants et apolitique », il accueille plutôt bien l’extrême droite (RN, Reconquête, Action française) quand elle s’invite à sa manif – en témoigne la photo de famille sur les marches de la mairie –, même si des membres du collectif se défendent au micro d’être fachos.

Il n’empêche que nous étions deux fois plus nombreux (selon la police, c’est pour dire) dans la rue, alors que notre manif n’avait été annoncée que la veille. Cette manif était joyeuse, avec musique et danses. La bonne bourgeoisie de Saint-Brévin-l’Océan nous a balancé des doigts d’honneur et traités de « collabos ». Nous leur avons fait un petit rappel de l’Histoire. On nous a également traités de « zadistes » – bon, ça, ça va. Pendant ce temps, la gendarmerie alors discrète a interpellé un militant qui déployait un drapeau antifa, mais qui a rapidement été libéré.

Des opposants au CADA parlent maintenant d’occuper le site des travaux en cours. A quand une ZAD de la fachosphère ?

M., abonnée à CA, le 17 octobre 2022

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