Alain BIHR
Récension
dimanche 31 mai 2026, par
Alain Bihr, militant anarchiste communiste, sociologue de profession, a rédigé de nombreux ouvrages destinés à démonter, dans la tradition marxiste, les logiques et mécanismes capitalistes, dans le but de produire une raison révolutionnaire à même de penser le monde dans l’objectif pleinement assumé de le transformer radicalement.
Dans sa nouvelle livraison, Bihr s’attaque à notre compréhension de la destruction actuelle des écosystèmes qu’il dénomme l’écocide capitaliste, à travers trois tomes, pour un total de 1250 pages. Le premier tome, auquel cette recension est consacrée, donne à voir l’étendue des dégâts occasionnés par le mode de production capitaliste sur le système Terre.
Le second tome, décrit par Bihr comme le cœur stratégique de sa contribution, a pour objectif de compléter la critique de l’économie politique proposée par Marx, principalement concentrée sur les rapports sociaux de production, en y associant de façon systémique la question écologique, ou en d’autres termes, la question de la reproduction du monde habitable pour l’espèce humaine.
Le troisième tome souhaite quant à lui historiciser les éléments d’analyse développés dans le second tome en donnant à voir les continuités et discontinuités de la destruction des différents sous-systèmes qui offrent à la Terre ces merveilleuses respirations à même d’entretenir, jusqu’à maintenant, les conditions de possibilité du vivant.
Une conclusion générale présente enfin des scénarii dans la crise finale de la reproduction du procès de production immédiat du capital engendrée par la dégradation catastrophique des conditions de vie sur Terre. D’ores et déjà, Bihr annonce un nouvel ouvrage qui proposera de cibler le cœur du moteur écocidaire comme seule stratégie crédible pour préserver l’habitabilité de la Terre.
Pour Bihr, la raison de l’absence de solution à la question du réchauffement climatique ou tout autre phénomène contemporain de dégradation de l’environnement réside dans la terrible myopie des acteurs en charge de cette « lutte ». Ils n’interviennent qu’au premier plan, par des solutions qui ne peuvent que retarder (ou même souvent aggraver) le phénomène visé. L’absence de prise en charge systémique n’est pas liée à un problème d’entendement. Les États et acteurs non gouvernementaux impliqués dans la lutte contre le réchauffement sont volontairement myopes parce qu’ils sont tout simplement capitalistes.
Pour comprendre cette fâcheuse tendance qu’ils ont à prétendre ne rien voir, Bihr démarre son ouvrage en rappelant ce que le capitalisme suppose en termes d’intérêts de classe d’abord, mais également en termes de relations aux conditions environnementales. Exploitation des prolétaires d’un côté, exploitation du substrat naturel de l’autre, le capital agit comme un vampire qui suce l’énergie déjà-là pour se maintenir en mouvement :
« Or le capital a une unique pulsion vitale : se valoriser, créer de la survaleur, pomper avec sa partie constante, les moyens de production, la plus grande masse possible de surtravail. Le capital est du travail mort, qui ne s’anime qu’en suçant tel un vampire du travail vivant, et qui est d’autant plus vivant qu’il en suce davantage » [1] : p. 20)]]
Puisque seul le travail permet aux capitalistes d’accaparer une survaleur dans le cycle d’accumulation basique A-M-A’, le mode de production doit faire en sorte de sucer le sang sans tuer le prolétaire, en tout cas pas tous les prolétaires.
Dans les premiers temps du capitalisme, soit l’injonction n’était pas assez systémique et l’on pouvait échapper au capital (la vie quotidienne n’était pas encore victime d’une marchandisation quasi-intégrale), soit les travailleurs avaient un pouvoir réel sur la production des valeurs d’usage que le capitaliste ordonnait. Les deux options se sont combinées à des degrés divers selon la formation sociale et économique en présence.
Pour parvenir à asseoir sa domination sociale et faire face au mouvement ouvrier, le capital a adapté ses modalités d’exploitation pour augmenter la productivité du travail afin de faire baisser la valeur de la force de travail. C’est ce qu’on appelle la subsomption réelle du travail sous le capital, et son corollaire la plus-value relative, modalité qui incarne le moment où le monde, notamment celui des formations centrales du capitalisme, est devenu spécifiquement capitaliste [2]. Ici le développement du machinisme, qui transforme l’ouvrier en simple appendice des moyens de production, a joué un rôle de premier ordre et a agi de concert, à la façon d’un double moulinet, avec le principe de marchandisation de la vie quotidienne et de répression étatique. Au travail comme en dehors, l’autonomie des prolétaires face au capital a diminué comme peau de chagrin.
Bihr résume ainsi la leçon de Marx :
« Dans et par le capital, le mort (travail mort) saisit le vif (le travail vivant) et ce doublement. Il s’empare de sa puissance productive pour se maintenir lui-même en vie, prospérer et s’accumuler. Et, simultanément, il le fait dépérir : il le prive de sa puissance productive qu’il objective dans son corps propre, il le déréalise en le transformant en ectoplasme (ou zombie) quand il ne l’épuise pas jusqu’à sa mort physique. Travail matérialisé et accumulé, travail mort en ce sens, le capital ne se rapporte au travail vivant que pour l’exploiter, le dominer et finalement l’aliéner, en le transfigurant ou plutôt défigurant par son empreinte monstrueuse et mortifère. » [3]
Ce bref retour à Marx permet à Bihr de souligner un paradoxe : si le destin du travailleur en société capitaliste a été précisément théorisé par ce premier, on ne peut pas en dire autant du substrat naturel évoqué plus haut. Pourtant, il est difficile de parler de travail sans parler du cadre spatiotemporel dans lequel il s’inscrit ou des conditions générales de ce dernier, en termes de ressources notamment.
En effet, le procès de travail met systématiquement en jeu des travailleurs « face » à des ressources naturelles pour aboutir aux valeurs d’usage échangées, ce que Marx qualifie d’« appropriation de la nature ». C’est un peu un comble pour le père du matérialisme historique que d’avoir passé sous silence cette partie du cadre matériel dans lequel s’inscrit l’activité humaine de reproduction globale de la société capitaliste. Bihr a pour ambition de remédier à cette omission. Il rappelle d’ailleurs à juste titre que cette omission n’est pas complète et que Marx traite dans certains passages de l’impact du développement de la production capitaliste sur l’environnement, notamment au sujet de l’industrie agricole, là où le face à face entre nature et capital est le plus immédiat :
« Tout progrès dans l’agriculture capitaliste est non seulement un progrès dans l’art de piller le travailleur, mais aussi l’art de piller le sol ; tout progrès dans l’accroissement de sa fertilité pour un laps de temps donné est en même temps un progrès dans la ruine des sources durables de sa fertilité. » ( [4]
Toutefois, l’angle mort de l’analyse marxiste quant à la dimension vampirique du capital vis-à-vis de la nature est réel. Mais est-il possible pour la théorie marxiste d’imbriquer autrement que par une assimilation statique aux « moyens de production » la capture de l’énergie terrestre déjà-là dans la dialectique entre le capital et le travail ? Si l’essentiel de la contribution de Bihr apparaît dans le tome 2, l’effort du tome 1 consiste dans un premier temps à planter le décor, dans la tradition matérialiste, des manifestations de dégradation des conditions naturelles du système-Terre pour signifier tout au moins la présence immanquable de l’objet-sujet environnemental dans la crise du capitalisme.
D’une manière méthodique et documentée, Bihr définit et passe en revue. Il appuie d’ailleurs sa démonstration d’un lexique, en tome 3, pour donner aux lecteurs les clés scientifiques des concepts qu’il convoque. Le premier tome revêt incontestablement un caractère encyclopédique qui vient nourrir l’ambition de comprendre, matériellement, les mécaniques responsables du réchauffement climatique et comment ce changement impacte l’ensemble des équilibres fragiles qui constituent les conditions d’habitabilité de la planète Terre. Rappelons qu’il s’agit pour Bihr d’une étape nécessaire mais non suffisante à la résolution du problème.
Il aborde d’abord les mécanismes environnementaux qui concourent à la production de l’effet de serre et de l’effet parasol, en premier lieu desquels la concentration des gaz tels que le dioxyde de carbone, le méthane, le protoxyde d’azote etc. En plus d’identifier l’origine anthropique de la hausse de la concentration de ces gaz, Bihr présente quelques conséquences contemporaines du réchauffement climatique avec la fonte des glaces, la montée des eaux ou encore l’avènement d’une ère de catastrophes climatiques régulières et rapprochées. L’ensemble de ces phénomènes entraîne des rétroactions qu’on peut assimiler à une sorte d’emballement du dérèglement et qui vont aboutir, à coup sûr, à un basculement climatique majeur qui nous entraînera en Terre inconnue, loin de l’Holocène favorable à notre existence.
Bihr précise :
« Quelles que soient l’ampleur et la rapidité des mesures qui seront prises dans les prochaines années et décennies pour enrayer les causes du réchauffement climatique (et nous verrons que rien de sérieux n’a encore été engagé sur ce terrain), il faut avoir conscience que, au vu de la durée de rémanence des GES dans l’atmosphère, celui-ci va se poursuivre dans les siècles à venir. Autrement dit, nous sommes bel et bien d’ores et déjà engagés sur la voie d’une nouvelle ère de l’existence humaine sur Terre. » [5]
Afin de poursuivre son entreprise de mise en réalité du niveau de dégradation atteint, Bihr va convoquer successivement plusieurs milieux « naturels » globaux pour préciser la métamorphose que les contraintes capitalistes entraînent sur les piliers de l’équilibre écologique planétaire. Réchauffement, acidification, pollution des océans et mers ; destructions des zones humides, dégradation de la qualité et de la quantité des zones forestières. La production capitaliste met également en tension les ressources vitales disponibles au sein des quatre éléments terre-eau-air-feu comme l’auteur en fait la démonstration.
A son tour, la biodiversité, qui permet au système-Terre de bénéficier d’une multitude de sous-systèmes redondants qui agissent pour l’équilibre général, connaît une chute sans commune mesure. Et quand on enlève le principe de redondance des systèmes naturels dans leur concours aux équilibres climatiques, alors d’une part il y a déficit immédiat mais également carence, donc une rétroaction qui à son tour affaiblira un autre système nécessaire.
En tant qu’organisme vivant, de tels niveaux de dégradation vont nécessairement avoir un impact sur la santé humaine. Pollution atmosphérique, pollution des sols, renforcement des facteurs du risque pandémique entraînent une dégradation manifeste de la vie en bonne santé à travers le monde.
Au terme de l’ensemble de ces descriptions qui s’étendent de la page 63 à la page 180, Bihr justifie son emploi du terme catastrophe au sens scientifique pour définir le bouleversement en cours :
« La théorie des systèmes définit une catastrophe comme le passage brusque (un point de bifurcation ou point de bascule marquant une discontinuité) d’un système à un autre, par effondrement du premier […] et formation du second, ce passage pouvant être induit par une « petite bifurcation » initiale mettant une durée plus ou moins longue à produire tous ses effets. Encore n’est-ce là que le meilleur des cas, le pire étant celui où le système en proie au changement se trouve incapable de se transformer en un autre système et se désintègre purement et simplement » [6].
Confrontés à une telle menace, on aurait pu penser que les tenants de l’ordre social capitaliste s’empresseraient de trouver des parades efficaces pour poursuivre l’entreprise de valorisation. Rappelons-nous qu’ils ont déjà su trouver des solutions pour répondre aux contraintes imposées par l’activité politique du prolétariat : ils ont augmenté la productivité du travail par la science pour continuer à nous sucer le sang sans nous tuer. Ils ont également su aller chercher du sang frais aux quatre coins du monde pour s’assurer de l’abondance de main d’œuvre corvéable partout où ils en ont besoin. Ils l’ont fait parce que les prolétaires ont lutté et les ont contraints dans leur action.
Pourquoi ne le font-ils pas face à la dégradation de la planète ? C’est là où on comprend que l’équivalence « exploitation des hommes » / « exploitation du substrat naturel » ne supporte pas les conditions de l’activité humaine. Les capitalistes pourraient probablement trouver des solutions de contournement des dégâts occasionnés par leur mode de production. Mais la différence majeure entre les limites de l’exploitation des hommes et les limites de l’exploitation du substrat naturel, c’est que le système-Terre ne lutte pas, il réagit. La Pachamama manque cruellement de subjectivité radicale.
L’ambition de Bihr est d’intégrer la modalité d’exploitation du substrat naturel dans le schéma marxiste d’exploitation. Il souhaite théoriser l’exploitation des systèmes naturels à des fins de valorisation capitaliste et comprendre l’articulation entre l’exploitation des hommes et l’exploitation du milieu naturel dont nous sommes issus. Il ne s’agit donc pas de tenter de détourner la théorie marxiste en insufflant un peu d’animisme ou de totémisme dans le moteur mais de comprendre comment la question de la destruction de la planète, ou plutôt de la dégradation des conditions d’habitabilité, intègre immédiatement les rapports sociaux de classe qu’impose le mode de production capitaliste.
Il va donc débuter par une analyse de la réponse capitaliste à la crise climatique. Il démonte d’abord la fable du développement durable qui, sous couvert de « lutte contre le changement climatique », offre avant tout les conditions morales de la poursuite de la destruction environnementale. Plutôt que de réfléchir en termes de limites, les diverses organisations capitalistes publiques et privées, animées par la seule loi du profit, réfléchissent en termes de dépassement. Des premières alertes du Club de Rome, l’OCDE a su en digérer les éléments pour aboutir au concept de « développement durable » qui fait rimer le maintien des taux de profit et la préservation de l’environnement, dans une contorsion qui sans surprise fait la part belle aux premiers.
Les quelques actions qui ont permis une certaine amélioration de la situation (résorption du trou dans la couche d’ozone, atténuation des pluies acides, fin de l’essence au plomb) nous offre une leçon pour rappeler qu’aucun bourgeois ne nous sortira de là :
« La principale condition de la réussite de telles actions a été que le problème à résoudre soit simple : une substance (un élément chimique ou un composé chimique) ou, au pire, quelques substances nocives, émise par une source (un procédé industriel) ou quelques sources en mode restreint et aisément identifiables, pour lesquelles il était facile et rapide de trouver (scientifiquement et techniquement) des palliatifs, dont la mise en œuvre coûtait peu au capital. » [7]
In fine, l’agenda de la lutte contre le changement climatique est systématiquement repoussé parce que la limite planétaire n’est pas soluble dans le profit. Simplement parce que les capitalistes n’ont pas la solution capitaliste au problème capitaliste de destruction du monde. Et à la différence des êtres humains qu’on peut parquer dans des frontières pour dégager des marges de manœuvre à l’échelle mondiale, les tempêtes, les sécheresses, les déserts ou les torrents ne s’embarrassent pas des portes coupe-feux du capitalisme international. La solution alternative ou de contournement, si simple à trouver lorsqu’il s’agit des hommes, l’est donc moins lorsqu’il s’agit de toutes les autres conditions matérielles de la production.
Face à cette impossibilité, les politiciens parlent pour promettre. De Rio à Paris, de GIEC en GIEC, plus les scénarii de réchauffement se sont précisés et moins les engagements ont été sérieux. L’augmentation de la température de 1,5 ° est déjà atteinte. La limite des 2° n’est pas une projection, c’est un futur proche qui n’a aucune chance d’être contrecarré. En 2023, la COP28 est organisée par les industries productrices de combustibles fossiles qui protègent leur business en modifiant les déclarations d’intention des dirigeants mondiaux à propos des objectifs environnementaux. Ils s’en fixent un : 2050 pour le zéro émission de Co2 net sans autre contrainte. Comme quand on annonce qu’on arrête de fumer après les vacances. Les promesses pour ceux qui y croient. En réalité, la gouvernance mondiale n’est pas suffisamment forte pour imposer une quelconque contrainte aux pays et classes capitalistes. La base du capitalisme, c’est d’être en concurrence pour la maîtrise du marché. Aucun acteur ne se permettra de se mettre soi-même des bâtons dans les roues. Le modèle intègre à sa racine l’incapacité de répondre à la catastrophe qu’il a créé.
La transition énergétique est un leurre au même titre. Aujourd’hui, l’évolution du mix énergétique n’indique en rien une sortie des énergies fossiles. Les énergies renouvelables ne font qu’accompagner la poursuite de l’accumulation du capital. La principale préoccupation des dirigeants, ce n’est pas de sauver le climat, c’est de sauver le capital de la contrainte matérielle auquel il n’échappera pourtant pas, et nous-avec …
Une des manifestations de ce phénomène est le marché du carbone, ou plutôt celui du droit à polluer. La création de ce marché a simplement permis aux grandes entreprises polluantes des États centraux de défiscaliser les quotas non consommés [8] et de verdir leur image en imposant aux formations périphériques une marchandisation/patrimonialisation de leurs zones forestières au prétexte que les bourges du Nord ont acheté le carbone de ces arbres et que donc, les habitants ne peuvent plus disposer de ces ressources. Les marchés de compensations écologiques fonctionnent sur le même principe. Une sorte d’extractivisme vert.
Une solution technique au problème politique ?
Et si les innovations technologiques nous sauvaient la mise ? Là encore, Bihr rappelle les faits :
« Aussi, dans le cadre maintenu des rapports capitalistes de production, il n’y a pas plus de chance de passer aujourd’hui ou demain des énergies fossiles aux énergies « renouvelables » qu’on est passé avant-hier du charbon au pétrole et hier du pétrole à l’énergie nucléaire. Les secondes viennent s’additionner aux premières […] pour répondre à chaque fois à la soif inextinguible d’énergie d’un capital voué à élargir sans cesse l’échelle de sa reproduction. » [9]
Bihr fait alors état des solutions qui ne répondent pas au problème du fait d’une échelle trop faible mais également des conséquences désastreuses, et parfois matériellement impossibles, d’une mise à l’échelle planétaire de ces solutions. Si on voulait par exemple transférer à iso quantité la production d’énergie des énergies fossiles aux solutions dites renouvelables, il n’y aurait pas assez de minerais métalliques sur Terre pour développer cette infrastructure. La vraie question est le financement d’un tel projet dans le cadre du capitalisme. Aucun acteur ne souhaite engager une telle somme sans un retour sur investissement assuré.
Il fait ensuite état des solutions qui aggravent le problème, comme le nucléaire, pour son empreinte écologique mais également pour sa dangerosité et son fondement tyrannique, les biocarburants, ou encore la voiture électrique.
A côté de ça, nous sommes confrontés sans arrêt à des séries d’injonctions sur le comportement écologique citoyen, d’autres sur le risque comme performance noble, avec des journaux télé qui nous font des vues idylliques d’un monde à +4°C tout sourire, sollicitant notre résilience, ce concept dans toutes les bouches gestionnaires qui appellent à notre renoncement.
Et pourtant, rappelle Bihr, les principales intéressées, les entreprises capitalistes de production d’énergie fossile, ont été les premières informées des effets de leur industrie et ont organisé le négationnisme climatique. Aujourd’hui, la perspective d’une extinction de masse de l’espèce humaine est une option entendable pour une partie des commentateurs qui niaient autrefois le changement climatique. Ce dernier élan malthusien n’a rien pour nous surprendre. On nous a déjà habitués à regarder le voisin mourir sans broncher. C’est certainement un comportement résilient aux yeux de celles et ceux qui détruisent chaque jour et les hommes, et le monde. Pendant qu’eux se construisent toutes sortes de proto-mondes pour échapper au déluge.
Il est désormais temps de comprendre comment l’intrication de la contradiction du capital qu’est l’exploitation résonne spécifiquement dans la crise climatique en cours. Ça sera pour le mois prochain.
Mich
[1] (Marx, Le Capital, Livre 1, cité dans Bihr, [[L’écocide capitaliste, t.1
[2] (cf. Marx, Chapitre VI, Editions sociales, 2010)
[3] (Ibid. : p. 29)
[4] Marx, cité dans ibid. : p. 32)
[5] (Ibid. : p. 62)
[6] (Ibid. : p.181)
[7] (Ibid. : p. 225)
[8] (cf. Arcelor-Mittal p. 275)
[9] (Ibid. : p. 316)