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LIRE :
De la conquête à l’insurrection de l’Algérie (1830-1954)
de Benjamin Péret

jeudi 25 juin 2026, par Courant Alternatif


Des Oradour de la conquête en Algérie…

… A la guerre de classe contre la guerre du Rif Au Maroc.

« Voilà, mon brave ami, comment il faut faire la guerre aux Arabes. Tuer tous les hommes depuis l’âge de 15 ans, prendre toutes les femmes et les enfants, en charger des bâtiments, les envoyer aux îles Marquises ou ailleurs ; en un mot, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens » (De Montagnac, Lettres d’un soldat, Plon 1885 lettre du 24 janvier 1843, p. 334.)

« Dans le mois d’août (1840), Ben Ganah (un auxiliaire des conquérants), après être resté inactif à Constantine... envoya au général Galbois 500 paires d’oreilles humaines, des drapeaux et son propre sabre tout ébréché par suite des coups terribles qu’il avait portés... Cet heureux événement... valut à Ben Ganah la décoration de la légion d’honneur et une récompense pécuniaire de 50 000 francs  ». (Maréchal de Saint-Arnaud, Lettres, t. 1, Paris, éd. M. Lévy frères, 1858)

Ces deux citations sont rappelées dans la dernière livraison des éditions Acratie, en coédition avec les amis de Benjamin Péret, De la conquête à l’insurrection de l’Algérie (1830-1954). Il s’agit d’un inédit de Benjamin Péret postfacé par Nedjib Sidi Moussa, [1].

C’est là un livre essentiel pour comprendre que la violence de la colonisation qui se déroule sur plus d’un siècle est un élément majeur pour appréhender les difficultés actuelles des rapports entre la France et l’Algérie. Tous les amoureux du surréalisme en général et de Benjamin Péret en particulier auront à cœur de lire ce texte inédit du poète qui n’a eu de cesse que de dénoncer l’ordre capitaliste et colonial.

Pour rester dans l’horreur coloniale, signalons la photo de soldats français souriants, exhibant des têtes de rebelles coupées, publiée en Une de L’Humanité le 3 janvier 1926, comme nous le rappelle l’article « La grève contre la guerre coloniale du Rif  » d’Alain Ruscio publié dans le numéro du printemps 2026 des Utopiques (de L’Union syndicale Solidaires) consacré à « La Grève  ».
Un article qui nous montre une autre face de l’histoire coloniale, celle de son refus, celle qui crie « Vous avez tué les pères, vous n’aurez pas les fils, non  !  ».

Un article où l’on retrouve là aussi Benjamin Péret qui, à la suite de la mort sur le font du Rif du sergent Condamine de la Tour, que l’Académie française veut honorer, écrit [2]  :

« … Pourris Condamine de la Tour pourris
Avec tes yeux le pape fera deux hosties
pour ton sergent marocain
et ta queue deviendra son bâton de maréchal
Pourris Condamine de la Tour
pourris ordure sans os »

Ce rappel de la lutte anticoloniale par la grève contre la guerre du Rif en 1925 s’inscrit dans un numéro des Utopiques qui, en une vingtaine d’articles fouillés, fait le tour, aussi bien historique que dans les luttes présentes, de tout ce que le concept de Grève, inscrit dans l’imaginaire collectif révolutionnaire, entraîne comme réflexions, espoirs et parfois aussi fantasmes. [3]

Notes

[1(130 pages, 15 euros port compris, Acratie 4, L’Essart 86310 La Bussière)

[2« La mort héroïque du lieutenant Condamine de la Tour », in La Révolution surréaliste, 1er mars 1926.

[3(15 euros, Chèque à l’ordre USSolidaires, 31 rue de la Grange-aux-Belles, 75010 Paris – Abonnement 3 numéros un an, 30 euros)

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