CA 343 octobre 2024
mardi 8 octobre 2024, par
Macron a annoncé la relance du programme nucléaire. Cette relance serait censée commencer par deux réacteurs EPR2 à Penly, proche de Rouen. C’est ce qui a motivé le choix de cette ville.
Nous vous avons déjà compté dans le dernier numéro la saga de Flamanville, seul EPR (presque) construit sur le territoire français. Un échec technologique cuisant, un gouffre financier et un réacteur qui pose des problèmes de sécurité avant même d’avoir démarré (avec quand même des plaintes pour fraude à la clef). Et la saga n’est pas finie. A l’heure où nous écrivons ces lignes, Flamanville a été autorisé à démarrer, et a même déjà démarré deux fois, et dû s’interrompre deux fois, une fois pour « erreur humaine » et l’autre pour « problème de sécurité ».
Ceci n’empêche pas Macron d’avoir annoncé 6 EPR2 (à Penly, Gravelines et au Bugey), et même ensuite, au point où on en est, 14. Il annonce également sans sourciller la construction de SMR, alors qu’il n’en existe que deux dans le monde (un russe et un chinois), dont l’un fonctionne sur une barge dans l’océan arctique (pratique, pour le refroidissement). Enfin, il veut prolonger jusqu’à plus soif les réacteurs actuels, au-delà de 40 ans, alors que la durée prévue pour certains était de 20 ans. Et pour ce qui concerne la relance militaire, il est prévu de plonger du lithium dans le réacteur de Civaux pour mieux fabriquer le tritium nécessaire aux bombes, qui a tendance à s’évaporer (dans les poumons de qui, à votre avis ?). C’est pour arrêter cette folie furieuse et meurtrière qu’une coordination nationale s’est créée, et a déjà organisé des journées d’actions l’année dernière.
Il n’y a pas d’argent pour les écoles ni les hôpitaux, il n’y a pas d’argent pour aider les paysans dans une reconversion en bio, mais pour couler des milliers de tonnes de béton et de métal pour des projets dont nul n’est assuré de la réalisation, dans une course en avant des projets les plus grands, les plus inutiles et les plus dangereux, là il y en a, de l’argent, et qui se compte en milliards.
Le nucléaire s’est toujours posé en sauveur de la planète. Il devait nous sauver de la dépendance pétrolière dans les années 70, il prétend aujourd’hui nous sauver du réchauffement climatique. La lectrice habituelle de Courant Alternatif sait à quel point cette prétention est une aberration, sait qu’au contraire le nucléaire aggrave le déréglement climatique. Pourtant, cette idée est plus ou moins passée chez nombre de militant·es du climat. Ou, à tout le moins, que le nucléaire n’est pas un problème urgent de l’heure. Ceci s’explique en partie par le pilonnement médiatique incessant que nous subissons depuis plusieurs décennies. Et notamment par la propagande du schift project de Jancovici, officine pseudo-écologique financée par Veolia et les plus gros bétonneurs de France. Mais ce n’est pas la seule explication. Il faut en effet refuser une vision du monde scientiste à la manière des ingénieurs. Il ne suffit pas de comparer combien de carbone est émis par chaque type d’énergie. L’électricité nucléaire, c’est une production lourde, gigantesque et peu maniable qui implique de créer des besoins d’énergie en face de son offre : le chauffage électrique dans le temps, la voiture électrique aujourd’hui. Le nucléaire implique forcément l’électrification forcenée du monde.
Le nucléaire est la quintessence de ce que nous refusons dans cette société :
Sylvie
Le programme
Samedi 12 octobre
10h30 : ouverture du village associatif antinucléaire (stands, spectacles, restauration à prix libres) - Quai rive gauche de la Seine (accès par le quai Cavelier de La Salle)
14h30 : départ de la déambulation
17h00 : Lancement des concertsDimanche 13 octobre à 11h00
Rendez-vous sur la plage de St Martin en Campagne face à la centrale nucléaire de Penly
Nous y planterons des bâtons, symboles de notre résistance antinucléaire et nous monterons un mur de la honte de l’industrie nucléaire mortifère
Apportez de quoi pique-niquer