CA 348 mars 2025
Édito 348
jeudi 6 mars 2025, par
Ces dernier mois sont marqués par une actualité internationale extrêmement lourde et violente. Le nombre de conflits armés dans le monde ne cesse de croître, avec en tête des médias et des attentions, la guerre à Gaza et celle en Ukraine. D’autres, moins médiatiques, ont pris de nouvelle tournure, comme au Soudan, ou plus particulièrement au Darfour ou la guerre entre les forces armées de Khartoum et les Forces de soutien rapide (FSR), groupe paramilitaire anciennement partenaire de l’Etat, tourne à la guerre civile et l’issue semble totalement hors contrôle. Comme à chaque conflit armé, ce sont là encore les civils qui en payent le plus lourd tribu. On évoque aussi dans ce numéro, la situation des kurdes dans le nord de la Syrie. La chute du régime de Bachar El Hassad a entraîné un vent d’optimisme chez de nombreux syriens. Réussiront-ils à balayer toutes les tentatives de retour d’un nouveau pouvoir central autoritaire ? Qu’en est-il aussi du Kurdistan syrien ? Où se place cette région autonomiste dans le nouvel échiquier géopolitique régional ? Quelles sont les conséquences de la chute du clan Al Assad pour les Kurdes ?
L’actualité en France est aussi lourde d’incertitudes, à commencer par ses colonies... En Kanaky, la situation reste très explosive, et plusieurs militants de la CCAT sont toujours emprisonnés depuis juin dans les geôles métropolitaine en attendant leurs procès... La répression en Martinique n’est pas en reste, le bras judiciaire de l’Etat continuant à tomber lourdement sur les militants qui cherchent à remettre en cause la mainmise de la France sur ces territoires. Enfin à Mayotte, post cyclone, l’Etat prévoit d’augmenter les effectifs de gendarmes et continue à réprimer lourdement l’immigration venue des Comores. Ces trois exemples sont la preuve que l’émancipation des peuples n’est pas un vain mot et que cela a encore plus de sens dans les territoires « d’outre-mer » où l’Etat français impose sa vision d’une société capitaliste à l’encontre de la résistance des populations locales.
Plus proche de chez nous, pendant que Bayrou cherche à se justifier lamentablement de ses erreurs du passé et à nous pourrir le futur, de notre côté, il est un peu difficile de voir des perspectives excitantes en terme de luttes. Pas beaucoup de luttes à se mettre sous la dent. Au mieux défensives, les luttes restent circonscrites au cercle clos des entreprises. Au point que, vu de l’extérieur, il est souvent difficile d’être au courant. Et pourtant, il y aurait de quoi faire vu la période difficile, à tout point de vue, que nous vivons actuellement.
On le voit aussi dans le secteur de l’agriculture. Après des grosses séquences de mobilisations du monde agricole ces derniers mois, les résultats des élections des chambres d’agriculture étaient attendues. Une percée historique de la Coordination Rurale dans certaines région est notable. La FNSEA perd un peu de terrain, mais pas de quoi l’affaiblir pour autant. Le monde agricole en France n’en a pas fini de servir le capitalisme, et de voir mourir ses paysans, tout en empoisonnant toujours plus les populations et l’environnement.
Face à ce tableau bien peu réjouissant, il est difficile de trouver quelques lueurs d’espoirs. Et pourtant, il y a des initiatives nouvelles çà et là. On vous présente par exemple l’histoire, plutôt sympathique, de ce petit village de la Meuse, qui a décidé que la gestion de la vie municipale serait faite en assemblée citoyennes. Ce n’est pas la révolution, mais dans cette période compliquée pour les luttes collectives, où la gestion des problèmes individuels prend plus de place que les problèmes en commun, ce genre d’initiatives réussie nous redonne le sourire et aussi un peu d’espoir.
Marseille, le 20/02/2025