CA 348 mars 2025
samedi 8 mars 2025, par
30 décembre 2024. Bayrou, en visite à Mayotte suite au passage du cyclone Chido, annonce le plan « Mayotte debout », qu’il convient déjà d’accueillir avec la plus grande méfiance. En effet, le nouveau premier ministre évoque en ces termes la question du droit du sol à Mayotte : « Quiconque prétendrait qu’il n’y a pas un problème d’immigration brûlant à Mayotte serait irresponsable » (1). Le plan prévoit d’accroître (encore !) les effectifs de gendarmerie et d’exempter (encore !) les entreprises de toutes taxes, érigeant ainsi Mayotte en « zone franche globale » – où le patronat insulaire poursuivra en toute franchise son exploitation du prolétariat clandestin (ou pas) comme il le fait depuis des décennies sur les chantiers, dans les champs, les restaurants, etc. (2). La députée « mahoraise » Estelle Youssouffa l’a bien compris, qui lance sur Facebook : « Nous devons nous battre pour que nos artisans, nos entrepreneurs de Mayotte soient les prioritaires sur les contrats de (Re)construction » (Mayotte la 1ère, 6 janv. 2025). Dans la foulée, la fédération mahoraise du BTP se déclare… « en ordre de bataille » (mayottehebdo.com, 8 janv.).
Dans ce cadre, le séjour dans l’île des 5 au 7 janvier de Marine Le Pen (3), aux côtés de la députée « mahoraise » RN Anchya Bamana, vient à la fois valider l’entreprise réactionnaire du gang gouvernemental (exhortant à ce que « les promesses faites aux Mahorais ne soient pas oubliées », dans la mesure où elles iraient « indéniablement dans le bon sens »), et la redoubler d’une surenchère arguant que le plan Mayotte debout « ne va pas assez loin » (bfm, 5 janv.). Outre une mobilisation de la Marine Nationale, préconisée par Le Pen, Anchya Bamana invite dès le 8 janvier Retailleau, Valls et Lecornu à amplifier la répression migratoire à Mayotte par le recours à des start-ups spécialisées dans l’IA… Elle plaide également en faveur d’une externalisation de Centres de Rétention Administratifs à Madagascar et en Tanzanie ! En bonus, « empêcher l’importation de résine » aux Comores, afin d’entraver la construction de kwassas, ces pirogues de pêche empruntées par les clandestin.e.s issu.e.s des trois autres îles de l’archipel des Comores. Diplômée en Relations Internationales et Sciences Politiques au Québec, Estelle Youssouffa se prévaut elle-même depuis des années d’un programme de lutte contre l’immigration « comorienne » fort peu diplomatique : « On voit les usines à kwassas qui opèrent à Anjouan ; ça prend 20 marins surentraînés de la marine nationale ; des forces spéciales, elles vont plastifier ces usines : en une nuit, le problème est réglé »… (Mayotte la 1ère, 10 oct. 2018). Désormais, Valls-la-menace en ministre des Outre-mer y prépare l’opinion : « Il faut en finir avec ces usines qui fabriquent illégalement les kwassas-kwassas » (Sud Radio, 4 fév.).
Même stratégie, même perspective, de la part des élu.e.s « mahorais.es » dans leur lettre adressée à Bayrou en date du 4 janvier 2025, où la revendication (très opportune pour qui dispose d’ambitions immobilières) de prêts à taux zéro en matière de logement s’articule à celle d’un « déploiement massif de l’armée », doublé d’une facilitation au retour dans l’île des flics et matons mahorais, ainsi que d’une inclusion des policiers municipaux dans les formations de gendarmes et policiers auxiliaires : de quoi fonctionnariser la tradition milicienne des sorodas (soldats), partisans de Mayotte française au début des années 1970. Bien entendu, la rhétorique grand-remplaciste de « l’appel d’air » est reconduite à propos des ressortissant.e.s issu.e.s des trois autres îles de l’archipel comorien, caractérisé.e.s comme une « population supplémentaire souvent malade [sic] et extrêmement pauvre ». À ce titre, les mesures envisagées n’ont rien à envier au programme du RN : « suspendre la scolarisation obligatoire pour les élèves étrangers… engager une opération massive de reconduites à la frontière des étrangers en situation irrégulière et… fixer un moratoire sur l’examen des demandes d’asile, la délivrance et le renouvellement des titres, cartes de séjour et documents de circulation pour étrangers à Mayotte ». De quoi faire « renaitre » Mayotte « sur des bases saines »… Un imaginaire sinistre de la purge.
Et de fait, une « loi d’urgence » sonne déjà comme une véritable déclaration de guerre.
Dans un premier temps, l’État s’arroge le droit d’exproprier avant même l’identification du propriétaire. La mesure est finalement supprimée par l’Assemblée – avant validation du texte le 22 janvier. Il ne s’agit là que d’une simple politesse de circonstance, de la part d’un processus de colonisation foncière à l’œuvre depuis bien longtemps, à l’égard du sacro-saint principe bourgeois de propriété individuelle – un arrangement à l’amiable, en toute endogamie… Dans ce cadre, il n’est pas inintéressant de préciser que l’Association des Femmes leaders de Mayotte dénonçait, dans un communiqué du 20 janvier, le caractère potentiellement spoliateur d’une telle mesure : « Nos terres ne sont pas de simples biens matériels. Elles incarnent notre culture, notre histoire et notre identité » (4). De la part de ce lobby de classe moyenne plutôt aisée, coutumier de saillies anti-comoriennes au profit de Mayotte française, une telle affirmation digne de la tradition anticolonialiste témoigne de toute l’ambivalence idéologique qui caractérise la position sociale de ses membres, subalterne au regard de la colonialité des rapports que la métropole entretient avec son « département » ultramarin (comme avec l’archipel des Comores dans son ensemble), et dominante quant à la situation de classe de propriétaires « mahoraises », prises entre leurs appétences foncières (en contexte matrilocal, qui plus est) et la hantise du déclassement, cristallisé dans la figure-épouvantail du/de la « Comorien.ne » (5). De toute évidence, « des rapports de force de grande ampleur se jouent actuellement pour l’accès au foncier et les familles les mieux informées et les plus influentes ont su jouer de leur position pour s’enrichir » (Daniel Gros, blog médiapart, 27 janv.). On comprend dès lors pourquoi la députée Estelle Youssouffa, soucieuse de sa clientèle électorale, prie le Sénat de « protéger lui aussi les propriétaires mahorais » (Mayotte la 1ère, 22 janvier).
Par ailleurs, un recensement est envisagé, tant l’obsession d’une « immigration irrégulière en provenance des Comores voisines » hante la fausse conscience du pouvoir colonial et de ses supplétifs « mahorais », lesquels n’en finissent plus de fantasmer un « trafic » de paternité, tandis que Valls annonce un « durcissement » du droit du sol (bfm, 7 janv.) associé au fait de ne pas laisser Mayotte « redevenir une île-bidonville [sic] » (mayottehebdo.com, 10 janv.).
Frustrée de ne pas voir « l’immigration » traitée par la loi d’urgence à la hauteur de son ressentiment anti-comorien, une grande partie de la classe politique « mahoraise » fait chorus derrière la députée RN Anchya Bamana. Mariam Saïd Kalam, conseillère départementale et porte-parole de Renaissance, déclare par exemple : « Le choix a été fait de ne pas inclure un volet immigration… je ne peux que regretter ce choix ». En outre, on ne manquera pas de s’interroger sur le sens politique à donner au propos pour le moins évasif de Yasmina Aouny (6), porte-parole de la France Insoumise : « Il est dommage que… la question de l’immigration et des bidonvilles n’y figurent pas. » (Mayotte la 1ère, 22 janvier).
Si le Contre plan d’urgence pour Mayotte que propose LFI conteste plus nettement l’abrogation du droit du sol à Mayotte, ainsi que toute initiative dérogatoire au droit des étrangers (La France Insoumise, 23 janv. 2025, p. 38), il reste néanmoins à distance de toute perspective un tant soit peu décoloniale, dans la mesure où la reconstruction immédiate que ce contre plan propose en matière d’infrastructures, de services publics, de protection sociale ou d’activité économique, s’inscrit dans une logique de rattrapage qui recoupe certes la revendication citoyenne d’une égalité avec la métropole, mais n’en demeure pas moins formulée de l’intérieur d’un ordre, celui de la colonie départementalisée de Mayotte. Comme s’il s’agissait là de sauver la République rétentionnaire par elle-même, opération qui ne peut être objectivement réalisée qu’au détriment des ressortissant.e.s originaires des trois autres îles de l’archipel (des Comores), dans le contexte inique de sa balkanisation impériale – « Mayotte » et « Union des Comores » ne désignant ainsi que les deux faces défigurées d’une même fausse monnaie géopolitique. Une logique résolument discriminatoire et parfaitement assumée, de l’extrême-droite aux collectifs « mahorais » en passant par le dernier gouvernement réactionnaire en date, et que Le Journal de Mayotte distille au fil des jours : « La pression migratoire empêche les Mahorais d’accéder au droit commun, puisque les droits sociaux y sont de moitié de ceux du niveau national, par crainte ‘d’appel d’air’ » (lejournaldemayotte.yt, 29 janv.). Un sophisme rance, et contagieux.
Qu’à cela ne tienne : Retailleau présente en Conseil des ministres dès le 22 janvier un décret visant à relancer le Comité interministériel de contrôle de l’immigration, créé sous Sarkozy, en vue de traiter « des dossiers sensibles comme l’aide médicale d’État, les prestations sociales ou les expulsions » (linfokwezi.fr, 23 janv.) – en clair, il s’agit de la composition stratégique d’un front gouvernemental, structuré de manière à mener une guerre totale aux migrants, dont Mayotte n’en finit plus d’être le champ de bataille expérimental.
D’ailleurs, l’Association des maires de Mayotte adresse une lettre en date du 12 janvier 2025 à la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, considérant comme une « offense » le fait qu’elle ne se dise pas vraiment favorable à l’abrogation du droit du sol à Mayotte. Corollairement, la demande réitérée d’un « alignement des prestations et des minimas sociaux » atteste une fois de plus de ce tropisme procolonial selon lequel la revendication d’une égalité des droits (entre Mayotte et la métropole) recoupe la discrimination et l’expulsion des personnes assimilé.e.s à des « Comorien.ne.s », l’émancipation fictive des un.e.s s’établissant sur l’éviction bien réelle des autres. Dans le même registre, plaider en faveur d’une prise en charge sans distinction des personnes sinistrées, qu’elles soient en situation « irrégulière » ou pas, relève pour la députée Estelle Youssouffa d’une « obscénité qui dépasse les bornes » (CNews, 13 janv.).
Un psychodrame interne à la scène politique « mahoraise » post-Chido s’avère symptomatique de cette vertu outragée des supplétif.ve.s procoloniaux.ales au miroir de leur fiction fendue. Le sénateur Said Omar Oili en est à l’origine. Pour rappel, celui-là même qui contribuait aux côtés de Thani Mohamed Soilihi à durcir la loi Asile & Immigration 2024 par un amendement visant à pénaliser les reconnaissances prétendument frauduleuses de paternité, est également celui qui pointait quelques jours après le cyclone le harcèlement policier que subissent au quotidien les ressortissant.e.s clandestin.e.s (ou pas) des trois autres îles de l’archipel des Comores (marianne.net, 17 déc.) – avant de quitter le groupe macroniste RDPI auquel il appartenait jusque-là (lemonde.fr, 24 janv.). Au point que le sénateur n’assume pas la haine anti-comorienne dont la députée Estelle Youssouffa redouble depuis Chido, de Mayotte à Paris. Il en vient donc à déclarer au cours d’un entretien donné au média en ligne Kweli : « Moi j’ai une culture des 4 îles, je ne peux pas le renier… Ma mère est Mahoraise, mon père est venu d’Anjouan, il est tombé amoureux de ma mère... Vous voulez m’obliger à haïr mon père et aimer ma mère. Non je les aime tous les deux… Moi, je n’ai jamais caché que j’étais contre [la départementalisation de Mayotte]… Je savais qu’il allait y avoir un décalage énorme avec les pays voisins qui nous entourent… » (4 fév.). Un véritable coming out qui transgresse le tabou structurel du départementalisme : à savoir que pas un, pas une des « Mahorais.es » ne peut prétendre n’entretenir aucun lien – conjugal ou culturel, familial ou linguistique, commercial ou spirituel, historique ou tout simplement amoureux – avec les trois autres îles comoriennes – quand ce n’est pas avec Madagascar. Pour ne prendre qu’un exemple parmi bien d’autres, l’ancien député LR Mansour Kamardine, provocateur grand-remplaciste notoire, dispose non seulement d’une propriété en Grande Comore, mais possède également de la famille à Anjouan, où il a célébré son grand-mariage coutumier… Mais c’est précisément en raison de cette forclusion identitaire qui travaille de l’intérieur le discours « mahorais » depuis les années 1950 que le conseiller départemental Soula Said-Souffou, piqué au plus vif de ce grand déni insulaire politiquement organisé, reproche au sénateur de dire, simplement dire ses « origines comoriennes », donc de justifier « de manière voilée, l’immigration clandestine à Mayotte », et donc de remettre en cause « l’existence même d’une identité mahoraise ».
Aussi réactive qu’elle soit – le conseiller crie à la « trahison » et exige « des excuses publiques » (linfokwezi.fr, 6 fév.) – une telle posture de défense énonce à son insu la vérité qu’elle prétend par ailleurs contester : en effet, il n’y a pas d’« identité mahoraise » ; pas plus qu’il n’y a d’identités anjouanaise, mohélienne ou grand-comorienne. Il n’y a que les inflexions localisées d’un même répertoire d’échanges, matériels, symboliques, affectifs ; les variations situées d’un même régime constamment réélaboré de relations en devenirs. Il n’y a que les dynamiques déclinées d’un même ensemble de rapports, qu’ils soient de réciprocités mais également de forces, de classes, toujours transversales à ces quatre îles au monde, et qui font archipel, en dépit des coupures, au travers des limites (frontalières et mentales) que leur inventent et leur infligent les « États qui s’allient contre les intérêts des habitants de cet espace » (Soeuf Elbadawi, Paris, 15 avril 2023). On comprend dès lors que celle dont la mère est une mzungu métropolitaine, celle qui est par ailleurs d’ascendance grand-comorienne du côté paternel – nom : Youssouffa, prénom : Estelle – soit la plus acharnée à défendre bec et ongles son statut, son personnage, son autofiction de députée « mahoraise ». Par l’insulte, et dans une langue hybride, Saïd Omar Oili se voyant accusé de « gnombisme serrelamé assumé » (Mayotte la 1ère, 6 fév.) – de nyombe / vache, zébu, à double connotation de bête et de bêtise… ; serrelamé / serrez la main, locution désignant dans les années 1970 les partisans (diabolisés par le MPM) d’une indépendance des quatre îles de l’archipel des Comores…
Dès janvier, le groupe LR à l’Assemblée propose quant à lui de n’accorder le droit du sol aux enfants nés à Mayotte que si les deux parents (ont) une résidence régulière et ininterrompue pendant au moins un an sur le territoire – au lieu de trois mois pour l’un des deux parents selon la loi de 2018. Le 6 février, le texte (concocté par le sinistre Gosselin) est bien entendu adopté, avec la bénédiction du gouvernement Bayrou et du RN. Il valide même un amendement du gang ciottiste, étendant la durée de résidence parentale à trois ans – des députés de gauche l’ayant voté par erreur… Sans surprise, la députée Estelle Youssouffa, qui plaide en faveur d’une abrogation pure et simple du double droit du sol à Mayotte et pour qui décolonisation rime avec « racisme » [sic], considère que cette loi « ne va pas assez loin », quand Darmanin en ministre de sa justice avance l’idée d’un « débat public » sur le droit du sol à l’échelle nationale (bfm, 6 fév.). Pas de problème ! Wauquiez, chef des LR, surenchérit pour le pire : « La remise en cause profonde du droit du sol que nous avons obtenue est un préalable à l’ensemble des mesures que nous pouvons prendre à l’avenir pour lutter contre les flux d’immigration illégale à Mayotte… Nous assumons clairement que le sujet de la limitation du droit du sol, et plus largement de la lutte contre l’immigration illégale, est une réflexion que nous devons avoir à l’échelle du territoire national » (mayottehebdo.com, 7 fév.). Il assume…
Bref, de l’ingénierie migratoire et démographique (7), encadrée de blindés tricolores, sous la couverture trumpienne du milliardaire néo-fasciste Elon Musk (8) …
Un département sous acide.
12 février 2025,
Gamal Oya.
(1) Déjà durci à Mayotte par la loi Asile & Immigration de 2018, le droit du sol est remis en cause par Darmanin dans le contexte de Wuambushu (2023-2024). Un projet d’abrogation du droit du sol à Mayotte voit le jour en mai 2024, avant d’être momentanément suspendu par la dissolution de juin. Mais dès le mois de septembre, Estelle Youssouffa dépose une proposition de loi constitutionnelle visant à « abroger le droit du sol et le double droit du sol à Mayotte ».
(2) Mentionnons également l’exploitation de réfugiés africains « en situation irrégulière », dans le domaine informel mais omniprésent à Mayotte des taxis-motos, qu’ils se voient dans la nécessité de louer auprès de sociétés privées… (lejournaldemayotte.yt, 27 oct. 2023).
(3) « C’est elle la mère de Mayotte, c’est elle qui va nous sauver », dixit un sympathisant « mahorais » (Mayotte la 1ère, 5 janv.). Un Œdipe colonial qui plonge ses racines rhétoriques dans le mouvement départementaliste. Présidente du Mouvement Populaire Mahorais durant les années 1970, Zéna M’Déré déclarait : « La France… est notre père et notre mère… Nous demandons à retourner vers elle » (Cf. Mamaye Idriss, « Le mouvement des chatouilleuses : genre et violence dans l’action politique à Mayotte (1966-1976) », Le Mouvement Social, 2016, n°255, pp. 57-70).
(4) Au cours d’une manifestation qui rassemble plusieurs dizaines de femmes leaders le 25 janvier à Mamoudzou contre l’expropriation des terres, alors que la proposition a déjà été retirée de la loi d’urgence, une participante déclare : « C’est la chair de nos chairs qui est touchée… Mayotte appartient aux Mahorais d’abord » (Mayotte la 1ère, 25 janv.). Rhétorique performative d’un blut und boden insulaire.
(5) Pour aller plus loin, cf. l’enquête ethnographique menée durant les années 2010 par Myriam Hachimi Alaoui, Élise Lemercier & Élise Palomares, « Les unes contre les autres. Ethnographie intersectionnelle du mouvement des “femmes leaders” à Mayotte », 2020 [canal-u.tv/chaines/ehess] ; cf. également Gamal Oya, « Mayotte / Archipel des Comores. Un féminisme procolonial », Casse-Rôles, n°31, février-avril 2025.
(6) Autrice de La Chatouilleuse (Éditions du Signe, 2022). Le récit, sous couvert d’émancipation féminine (Rose, l’héroïne, conteste le poids des traditions en rapport avec le mariage arrangé, la polygamie, etc.), est une apologie départementaliste du Mouvement Populaire Mahorais (MPM) des années 1960-1970 au travers de ses milices féminines, les chatouilleuses, alors à l’initiative de campagnes d’intimidation, d’ostracisme et de harcèlement à l’encontre de toute personne acquise au principe d’une indépendance nationale réunissant les quatre îles de l’archipel comorien. Les activistes « mahoraises », membres des collectifs radicalisant depuis des années les politiques d’exclusion mises en œuvre à l’encontre des « Comorien.ne.s » à Mayotte, en sont pour ainsi dire les héritières compulsives.
(7) Déjà, dans le cadre de Wuambushu, Darmanin lançait dès 2023 : « On va inverser la courbe de la démographie à Mayotte »… (Mayotte la 1ère 25 juin). Début janvier 2025, Valls hallucine – à l’unisson des élu.e.s, politicien.ne.s et collectifs « mahorais » – « pas loin de 500 000 habitants » à Mayotte, sous-entendu majoritairement « comoriens », ces derniers constituant pour Estelle Youssouffa une « machine démographique » (lcp.fr, 29 janv.). Mythologie que douche le directeur général de l’INSEE qui maintient le chiffre de 321 000 habitants (liberation.fr, 11 janv.).
(8) Premier ministre, Bayrou annonce le 30 décembre 2024 le déploiement d’environ « 200 antennes Starlink » à Mayotte.
Sur Mayotte dans Courant Alternatif, dernièrement :
Généalogie d’une politique du pire, CA 331 juin 2023
Mayotte, vers une dérive génocidaire ?, CA 333 octobre 2023
D’une abjection, février 2024
Un bilan de l’opération Wuambushu, février 2024
Le sang, le sol, etc., février 2024
QUI SÈME LA PESTE RÉCOLTE LE CHOLÉRA, juin 2024
Chido un cyclone colonial, décembre 2024