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CA 349 avril 2025

Grève illimitée chez Lidl,
fin de grève chez FSO,
et autre chroniques
de la lutte des classes

vendredi 2 mai 2025, par Courant Alternatif


« Grève illimitée » chez Lidl
Cinq organisations syndicales ont appelé à une « grève illimitée » chez Lidl dès le 7 février 2025. Elles déplorent notamment des salaires trop bas et une dégradation des conditions de travail. Elles réclament notamment de meilleurs salaires, une « amélioration des conditions de travail » et s’opposent au projet d’ouverture généralisée le dimanche. Le premier syndicat, Unsa, a en revanche indiqué privilégier « pour le moment le dialogue » à la grève. Cette décision fait suite à l’échec d’une réunion sur les salaires. La CFDT déplore une « faible augmentation générale » proposée et des conditions de travail qui se dégradent. À la mi-décembre, le CSE avait déjà émis un avis qui alertait sur une situation sociale « qui empire ». Lidl, qui compte près de 1 600 magasins et 46 000 salariés en France, a récemment fait part de son intention de généraliser le travail dominical, alors que seuls quelques magasins l’ont mis en place pour l’instant.

Fin de conflit chez ArcelorMittal Centres de Services
Fin novembre 2024, la direction d’ArcelorMittal Centres de Services annonce sa volonté de supprimer de 135 emplois, dont 113 à Reims, 21 à Denain et un à Ottmarsheim. L’arrêt de la production est prévu en juin 2025. A l’appel d’une intersyndicale (CGT, CFDT, FO, CFE/CGC), des mouvements de grève vont éclater.
Des dizaines de salariés des entreprises ArcelorMittal, Valeo (licenciements) et Reims Aerospace (en liquidation) se sont rassemblées une fois afin de dénoncer les plans sociaux en cours ou à venir dans le bassin industriel rémois. Mais ce fut sans suite.
Le 7 février, les salariés des 3 sites d’ArcelorMittal Centres de Services se sont exprimés sur les propositions de leur direction négociées le 31 janvier concernant leurs indemnités de départ. À Reims, 121 salariés sur 131 se sont rendus aux urnes et leur réponse est sans appel : ils valident à 93 % les propositions de leur direction. Les employés basés à Denain (Nord) et Ottmarsheim (Alsace), eux aussi appelés à voter, ont également très largement choisi le « oui ». Dans le détail, sur les 151 salariés appelés à voter sur les trois sites, 132 ont glissé un bulletin favorable, 9 ont répondu « non » et 10 d’entre eux ne sont pas allés voter.
Les dernières propositions de la direction évoquaient différentes thématiques : création d’entreprise, maintien de salaire, primes mobilité groupe, congé de reclassement, reclassement externe… Parmi les mesures les plus attendues pour les salariés concernés, la négociation d’une indemnité supra-légale évaluée à 45 000 € pour les employés embauchés depuis 15 ans. Une somme qui grimpe même à 80 000 € pour ceux y travaillant depuis 35 ans.

Grève chez FSO
À l’appel de Fo, les chauffeurs de Francilité Seine-et-Oise (FSO) étaient en grève reconductible depuis le 7 novembre 20234. Ils dénonçaient une dégradation de leurs conditions de travail et se battent pour conserver des acquis sociaux obtenus du temps de la Stivo et de Transdev, avant la reprise du marché par FSO à la faveur d’une ouverture à la concurrence.
Pendant quatre mois, le mouvement social a fortement perturbé le service de transports en commun de la première agglomération du Val-d’Oise, 32 lignes qui irriguent Cergy-Pontoise, Conflans et Achères, quelque 480 salariés et 80 000 usagers, exploité depuis le 1er janvier 2024 par FSO, du groupe Lacroix Savac, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence progressive des réseaux de bus. Initiée en janvier, la médiation entre l’entreprise et les syndicats avait notamment préconisé l’adoption d’une grille de rémunération unique et une harmonisation des temps de travail de l’ensemble des salariés. Des recommandations qui ont été suivies et donc intégrées à l’accord signé. Le travail a repris le 11 mars.

Divers conflits
C’est du jamais vu à l’usine Qualipac de Château-Thierry. Pour la première fois dans son histoire récente, la production s’est arrêtée le 17 janvier 2025, à la suite d’un débrayage initié par une intersyndicale FO, CGT, CFDT, CFTC (une première également). Les grévistes demandaient après l’échec des négociations annuelles obligatoires (NAO) des revalorisations de salaires au niveau de l’inflation. Un mouvement est également en cours dans une autre usine, à Chartres, du groupe familial Pochet, spécialisé dans le packaging des parfums de luxe. « La direction a proposé des augmentations indiciaires de 0,7 % et 0,3 % alors que l’inflation s’est élevée à plus de 2 % en 2024 et que le groupe a affiché des résultats historiques ». Les représentants syndicaux qui rappellent également les efforts importants de productivité concédés par les salariés du site, qui a vu ses effectifs baisser de près 50 personnes en dix ans (148 salariés en 2025), alors même qu’une nouvelle ligne a été installée sans recrutements supplémentaires en 2024.
L’usine de vitrocéramique EuroKera Chierry est en grève depuis le 10 mars 2025. Le plan de sauvegarde de l’emploi menace 83 emplois dont 50 en production des 295 emplois. « Nous demandons la présence de l’expert, que nous avons nommé, pour nous assister dans le cadre du PSE, comme nous en avons le droit. » Et « la direction refuse, elle refuse de signer l’accord de méthode ». Devant le poste de garde et entourés de plusieurs dizaines de salariés de l’usine EuroKera, Les délégués CGT, FO et CFDT, indiquent que la totalité ou presque des agents de production sont en grève depuis le milieu de l’après-midi, ce lundi. La production est à l’arrêt, précisaient-ils.
Des employés de l’entreprise Cap Sambp (Société ardennaise de menuiserie bois et plastique) à Charleville, sont en grève après l’annonce de cessation de paiements le 5 mars 2025 d’un CSE (comité social et économique) et que l’entreprise allait se déclarer en cessation de paiements, soit en dépôt de bilan, auprès du tribunal de commerce de Paris. Le jeudi 6 mars, environ 20 % des employés faisaient grève pour protester contre cette annonce. « On a été racheté deux fois en six ans. Ça n’a servi à rien. En 2019, on a été repris par Cap Groupe, qui s’est fait lui-même racheté en 2021 par le groupe Oxxo Evolution. Mais ils n’ont jamais rien investi, donc on n’a plus de commandes, on n’a plus de boulot alors qu’on nous disait que le marché du bois était porteur ». Oxxo Evolution est une filiale du groupe algérien Cevital, qui a les moyens. La CGT, seul syndicat de l’entreprise, veut se battre pour des indemnités de départ et une prime supralégale. Les montants ? « On ne sait pas trop encore, on est dans l’attente du calendrier pour les négociations ». Reste à savoir quand les employés pourront y voir plus clair. Légalement, la période comprise entre la date de cessation de paiements et l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire peut atteindre jusqu’à 18 mois. Aujourd’hui, Cap Sambp, c’est 105 employés contre 150 il y a quelques années.

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