CA 350 mai 2025
jeudi 15 mai 2025, par
Qu’il s’agisse du Monde, affirmant que « l’habitat précaire… concerne au moins un tiers de la population de l’archipel [de Mayotte] » (lemonde.fr, 15 déc. 2024) ou même du pape, ânonnant son soutien « à tous les habitants de l’archipel de Mayotte » suite au cyclone Chido (18 déc. 2024), le signifiant archipel fait l’objet d’une réappropriation stratégique, propice à substituer une cartographie francocentrée à la géographie même de l’archipel des Comores, dont Mayotte est l’une des quatre îles. En effet, la presse aux ordres se plait désormais à évoquer « l’archipel de Mayotte », sans doute en référence à Petite Terre et Grande Terre, distantes d’à peine 1800m l’une de l’autre, auxquelles on peut ajouter l’îlot septentrional de M’Tsamboro, distant de 70 km d’Anjouan, l’île comorienne la plus proche. Mais il s’agit surtout d’un élément de langage distillé par le Ministère de l’Intérieur au moment de l’opération Wuambushu. Jouant de l’effet d’occultation qu’implique une telle manipulation sémantique, Darmanin en visite à Mayotte (fév. 2024) annonçait une « protection radar générale de l’archipel [sic] », répétant à souhait « combien l’archipel [resic] était magnifique ». Ce remplacement de l’archipel des Comores par celui de Mayotte participe d’un brouillage confusionniste qui vise à dissoudre, dans les discours comme dans les représentations, la situation même de « l’archipel de Mayotte » au sein de l’archipel des Comores… Édouard Glissant écrit : « L’île n’est pas un endroit isolé ; toute île fait partie d’un archipel ». CQFD.
Certes, mais le cyclone Chido du 14 décembre 2024 relève aussi d’une autre catastrophe, sociale et coloniale, révélatrice du mépris criminel dont les autorités, les élu.e.s et autres collectifs « mahorais » témoignent à l’égard de ces Autres fantasmés que sont les ressortissant.e.s des trois autres îles de l’archipel des Comores, « sans-papiers » ou pas, et plus largement à l’égard de tous les pauvres surnuméraires du point de vue du capital insulaire, qui les expose d’autant aux appareils de gestion militarisée de l’État. Ainsi, « ce n’est pas la violence des vents qui fait la ‘catastrophe’, mais celle d’un ordre qui organise la vulnérabilité ».
Une catastrophe, également révélatrice de la précarité sanitaire qui sévit à Mayotte, en raison de la déficience systémique des structures de soins, combinée à l’inadaptation d’un réseau d’eau potable (en plus des infrastructures d’assainissement) qui fait depuis plusieurs mois l’objet de restrictions drastiques, sans évoquer les difficultés d’accès à la ressource rencontrées par les habitants des quartiers pauvres mais aussi par les réfugiés africains, cibles d’une pression discriminatoire, exercée par des « Mamans Wuambushu », dans le contexte incertain d’une épidémie de choléra (dont un cas post-Chido est à nouveau identifié par l’ARS dès le 18 janvier), l’approvisionnement d’urgence en eau tardant lui-même à se déployer dans l’île. Mais qu’importe, la presse locale ne manque pas de substituer à l’incurie des pouvoirs publics en la matière une pratique marginale de « captages illégaux » attribués à des « agriculteurs clandestins » [entendre « Comoriens »], accusés de mettre en péril la ressource en eau, « vitale pour l’ensemble de la population mahoraise » [comprendre : de porter atteinte à la vie des honnêtes citoyens français…] (linfokwezi.fr, 17 fév.). Si la députée « mahoraise » Estelle Youssouffa (LIOT), qui déclarait comprendre à propos des « Comoriens » jugés illégaux qu’on puisse souhaiter « exterminer toutes ces vermines » (CNews, 23 avril 2023), évoque elle-même un département « largement sous-doté avec des infrastructures en sous-capacité par rapport aux besoins de la population… de graves problèmes d’eau avant le cyclone… un désert sanitaire avant le cyclone » (CNews, 15 déc.), l’immigration « comorienne » reste le cœur de cible de sa déploration.
Quant aux cultures, les ravages qu’elles ont subis sont immenses. Arbres fruitiers ou serres maraîchères, « tout est à terre, tout est broyé comme si c’était passé dans une machine à laver » (linfokwezi.fr, 21 déc.). Mais là encore, le cyclone est le révélateur d’une situation passablement dégradée, notamment d’une agriculture populaire d’autosubsistance dont le reflux programmé est déjà bien engagé, au profit d’une économie désormais dépendante à plus de 90% des importations, métropolitaines et mondialisées, proportion encore accrue par le passage de Chido. À cela vient s’ajouter depuis 2023 un « Wuambushu agricole et forestier » (Le Journal de Mayotte, 2 juin 2023) mené par le Département, l’ONF et la DAAF (Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt) en lien avec la Gendarmerie, et dont le but assumé n’est autre que… la destruction de cultures dites sauvages, au prétexte qu’elles contribueraient à la déforestation de l’île. Avec Chido, c’est chose faite… En vérité, ce chapelet de tartufferies masque une instrumentalisation répressive de l’écologie aux seules fins de priver de leur subsistance (banane, manioc, etc.) les clandestins acculés à se réfugier dans les collines sous la pression policière des rafles et autres ratissages.
Conjointement, Chido signale un changement climatique plus global, marqué par une fréquence et intensité croissantes des inondations, cyclones et sécheresses. Selon François Gourand, prévisionniste à Météo-France, Chido a bénéficié « d’un environnement océanique exceptionnel depuis quelques années et notamment cette année, avec des températures de surface, des eaux proches de 30 degrés et des eaux chaudes très profondes, [créant] un gros réservoir d’énergie disponible pour les cyclones » (francetvinfo.fr, 15 déc.) ; une démonstration que confirme l’Imperial College de Londres, dans une étude rendue le 17 décembre, selon laquelle « le changement climatique a relevé l’intensité d’un cyclone tropical comme Chido de la catégorie 3 à la catégorie 4 ».
Dans ces conditions, l’État français, bouffi d’extractivisme écocidaire, peut bien décréter un deuil national (le 23 nov.). Il fait partie du problème.
Sans surprise, une assimilation plus ou moins subliminale des « Comorien.ne.s » frappé.es de clandestinité (ou pas) au cyclone lui-même comme à ses effets, apparaît dans certains propos. Safina Soula, leader du Collectif des Citoyens de Mayotte 2018, s’exprime ainsi à propos de ceux qui reconstruisent un abri de fortune parmi les décombres de leur bidonville, par un renversement pervers qui dénie même aux rescapés les plus pauvres le droit de reconstituer dans l’urgence le cadre matériel de leur survie : « On ne peut pas laisser détruire [sic] l’île » (lepoint.fr, 17 déc.) ; et sur CNews, en roue libre, le 30 décembre : « Aidez-nous à empêcher cette immigration massive qui pollue, qui tue et qui détruit notre île… Chido est passé… mais les écoles ont été démolies, détruites par les humains, par des gens qui récupèrent du matériel pour reconstruire leur banga » (CNews, 30 déc.). Députée RN de Mayotte, Anchya Bamana parle quant à elle de « l’immigration illégale qui ravage [sic] le territoire… » (bfm, 14 déc.), rendant ainsi les supposés « Comorien.ne.s » sans-papiers littéralement responsables et coupables d’un phénomène (migratoire) aussi, voire plus catastrophique encore que Chido lui-même… Retailleau n’est pas en reste, qui évoque un « chaos migratoire » à Mayotte (lefigaro.fr, 22 déc.). Dans son adresse aux parlementaires européens, qu’il prétend vouloir « convaincre… de voter une subvention d’urgence pour l’île », le député européen RN André Rougé établit un rapport de causalité directe entre la présence des « Comorien.ne.s » à Mayotte, c’est-à-dire dans l’une des quatre îles de leur archipel, et la dévastation produite par le cyclone, résultat selon lui d’un « long processus d’abandon à la submersion migratoire » (linfokwezi.fr, 18 déc.) ; imaginaire diluvien du topos grand-remplaciste que Jonathan Siksou (Causeur) mobilise dès le 15 décembre sur CNews dans son commentaire à chaud du cyclone (« Mayotte est submergée par une immigration en provenance des Comores »), non sans résonance avec Jean-Marie Le Pen, qui évoquait au début des années 1990 un « phénomène de marée humaine », repris désormais par le Premier Ministre François Bayrou qui parle d’un « sentiment de submersion » (lci, 26 janv.)…
Comment ne pas évoquer enfin les élucubrations tragi-comiques d’un enseignant (face à Bayrou, qui ne demandait pas mieux) pour qui l’impossibilité d’assurer comme prévu la rentrée scolaire dès le 13 janvier n’est pas tant le fait du cyclone que du vandalisme – couplet sécuritaire en prime, jusqu’à l’absurde : « On ne comprend pas pourquoi les forces de l’ordre ne sont pas venues sur place… [afin de] veiller à ce que les établissements scolaires restent en bon état [sic !] (bfm, 30 déc.).
Cette assimilation rampante des « Comoriens » clandestins (ou pas) à la destruction pure et simple du département ne manque pas d’instrumentaliser le désastre écologique d’une île, pourtant en proie au modèle imposé d’un développement qui participe de l’intégration forcée de Mayotte – de ses flux, de ses aménagements, de ses formes de vie – au sein des logiques marchandes du capitalisme, national et globalisé. Dans ce cadre, l’état actuel des forêts « mahoraises » est bien moins envisagé comme un effet de Chido qu’il n’est attribué à des « pratiques agricoles illégales [à l’origine d’une] destruction des écosystèmes de l’île », mises en rapport avec « des ‘villages informels’ et des déforestations provoquées par des personnes en situation irrégulière » (linfokwezi.fr, 27 janv.). Les feux de forêt de la fin janvier sont une aubaine pour la presse locale et la préfecture, qui saisissent là l’occasion d’entretenir les braises de la xénophobie sous couvert d’une stigmatisation de la pratique (pourtant multiséculaire) des cultures sur brûlis. Le réchauffement climatique, à l’origine d’une érosion accrue des sols basaltiques, mués en latérites (padza), est bien entendu passé sous silence ; sans évoquer le projet écocidaire d’une usine de désalinisation à Ironi Bé, détruisant ainsi la mangrove et aggravant de ce fait la détérioration déjà bien avancée d’un écosystème littoral propice à limiter l’érosion, les inondations, de même qu’à fournir à plusieurs espèces marines le site privilégié de leur reproduction. Mais pour les boutefeux de la propagande insulaire, il faut que le « Comorien » expie. Dès lors, on feint de s’interroger : « La question se pose : ne devrait-on pas enfin prendre ce problème [de la déforestation] à bras-le-corps en mettant en place une véritable politique de restauration, avec des moyens humains et financiers conséquents, pour préserver Mayotte et son patrimoine naturel ? » (ibid.). Un palimpseste venimeux : prendre le problème « à bras-le-corps », en vue d’une « restauration » vouée à « préserver Mayotte » et son « patrimoine naturel », autant d’indices à double fond qui composent en effet le répertoire politiquement codé d’un énoncé subliminal, dont la cible entendue n’est autre que le ou la « Comorien.ne », ce corps à déporter d’un espace naturel ainsi rendu à sa pureté départementale – prolégomènes pré-génocidaires, dignes d’une radio des Mille Collines…
Le 7 février 2025, la Préfecture annonce la destruction de 70 logements « informels », dans le quartier Hacomba (Dzoumogné), en vue de la construction d’une école. L’argumentaire s’avère des plus pernicieux : la commune ferait « face à un besoin croissant de ses administrés en matière d’éducation » – comprendre : la présence des « Comorien.ne.s » sans-papiers (ou pas) fait obstacle à l’éducation des « Mahorais.es » ; « la densité démographique de personnes en situation irrégulière [dans ce quartier] offr[irait] également un refuge aux nouveaux arrivants sur le territoire » – une phraséologie d’éradicateurs ; enfin, « nombre des plus ‘illustres’ délinquants du village [y auraient] élu domicile » – une ironie toute gendarmesque (Mayotte la 1ère, 8 fév.).
Formulée notamment par Darmanin au moment de Wuambushu puis par Macron au lendemain de Chido, à la suite de l’ancien député LR Mansour Kamardine ainsi que du sénateur Thani Mohamed Soilihi, cette articulation stratégique des questions scolaire et migratoire trouve sans doute sa version la plus radicale chez la députée « mahoraise » Estelle Youssouffa. Ancienne participante du programme Young Leaders de la French-American Foundation (promotion 2011-2012), cette lobbyiste à réseaux multiples prétend que la construction de nouvelles écoles amplifierait à Mayotte « un appel d’air » qui inciterait à l’envoi croissant d’enfants en provenance des trois autres îles de l’archipel des Comores. À la rescousse de son discours grand-remplaciste, le biais démographique est convoqué, à coups de statistiques tronquées : à Mayotte, « 80 % des enfants [seraient] étrangers et il y [aurait] 10 000 naissances par an » (maire-info.com, 14 janv.). La Préfecture résout donc à sa manière (toute pragmatique) cette alternative infernale : construire (une école) implique désormais de détruire (un quartier de pauvres). Pour rappel, Estelle Youssouffa organisait en juillet 2018 un rassemblement devant la Préfecture de Mayotte, visant à empêcher la délivrance de visas à des bachelières « en situation irrégulière », désireuses de poursuivre leurs études universitaires dans l’hexagone…
De fait, un nouveau cycle intensifié de « décasages » semble reprendre à la faveur de Chido, comme à Bouyouni (Bandraboua) et Pamandzi, les 11 et 12 février – la préfecture incitant par ailleurs à « signaler les constructions illicites [délation] pour permettre une destruction rapide sous 96 heures [sidération], évitant des procédures judiciaires longues [exception] » (linfokwezi.fr, 12 fév.). Les 13 et 16 mars, c’est au tour de plusieurs habitats précaires, respectivement dans les quartiers de Gouloue (Mamoudzou) et Maevadouani (Tsoundzou) – et L’Info Kwezi de dégouliner encore et encore sa propagande populiste : « C’est en multipliant ce type d’action que s’affirme une politique de fermeté [qu’on se le dise, mon capitaine !] face à l’occupation illégale des terres. ‘Ces personnes s’arrogent le droit de construire des taudis sans aucun titre ni respect des normes’, dénoncent la population [?...]. Une problématique qui, comme l’a démontré le cyclone Chido du 14 décembre dernier, représente un danger majeur pour la vie humaine [paravent compassionnel] et entraîne de lourdes conséquences pour les pouvoirs publics [les pauvres…], contraints de gérer l’urgence après chaque catastrophe naturelle [c’est vrai quoi, y’en a marre de raquer pour ces « étrangers » qui crèvent sous leurs tôles…] (linfokwezi.fr, 16 mars)…
« Maintenant, je sais que même la personne avec qui tu as trempé les mains dans le plat du manger…, il peut te tuer sans gêne » - Jean Hatzfeld, Dans le nu de la vie. Récits des marais rwandais.
Gamal Oya,
12 avril 2025
Notes
(1) Pour un rappel des conditions historiques et enjeux politiques en raison desquels l’île de Mayotte est la seule en 1975 à demeurer française au sein d’un archipel des Comores accédant par ailleurs à son indépendance, les ressortissant.e.s des trois autres îles de l’Union des Comores étant considéré.e.s comme « étrangers.ères » ou « clandestin.e.s » dans une île de leur propre archipel, notamment depuis l’entrée en vigueur du Visa Balladur en 1995, lire l’ouvrage de Rémi Carayol, Mayotte, département colonie, La Fabrique, 2024. Accessoirement, cf. Gamal Oya, « Mayotte / Archipel des Comores. Généalogie d’une politique du pire », Courant Alternatif, juin 2023.
(2) Un îlot où le ministre de l’Intérieur, le forcené Retailleau, ambitionne d’établir une « base avancée », vouée à l’interception des pirogues / kwassas de personnes clandestines en provenance des Comores (lejournaldemayotte.yt, 23 janvier 2025).
(3) Homonyme comorien, shido signifie miroir.
(4) Sur la mortalité d’un ouragan. Mayotte, changement climatique et population surnuméraire (artifices.blog, 25 déc. 2024).
(5) Cf. Gamal Oya, « Mayotte : l’abjection », muzdalifahouse.com, 12 février 2024. Pour le sort réservé aux réfugié.e.s africain.e.s suite à Chido, cf. Gamal Oya, « Maoré [Mayotte]. Cachez cette Afrique que je ne saurais voir », muzdalifahouse.com, 2 avril 2025.
(6) Un communiqué de presse de l’Institut Pasteur en date du 12 décembre précise que l’épidémie de choléra qui s’est développée à Mayotte durant l’année 2024 (221 cas recensés dont 5 décès) a été causée par une souche potentiellement résistante à 10 antibiotiques…
(7) Dès le 16 décembre, l’Union des Comores décrète un deuil national d’une semaine.
(8) Un lapsus révélateur ? À l’Assemblée, Darmanin de sa Justice mentionne ainsi Abdullah Mikidadi, le représentant de la France Insoumise à Mayotte, formation politique accusée par le gouvernement, l’extrême-droite et la plupart des élu.e.s mahorais.e.s de faire le jeu de la « submersion migratoire » : « M. Abdullah Mikiledi [sic] a déclaré en novembre 2023… » (Mayotte la 1ère, 7 fév.). La consonnance avec la tempête Dikeledi – ayant succédé à Chido – est évidente.
(9) Néo-fasciste dans sa jeunesse, l’ancien para Rougé (1961-) passe au RPR dans les années 1980 et devient attaché parlementaire de Michel Debré, alors député de La Réunion. Évincé de l’UMP à l’époque de Sarkozy, il rejoint le FN/RN au sein duquel il est nommé délégué à l’outremer ; c’est à ce titre qu’il accompagne Marine Le Pen au cours de sa visite à Mayotte les 5-7 janvier 2025. Il est membre fondateur du think-tank « Les Horaces », adepte de la guerre des civilisations... Un barbouze.
(10) Si Thani Mohamed Soilihi en appelait le 2 mai 2023 à un « Wuambushu de l’éducation, de la santé et du logement », Mansour Kamardine déclarait dans une tribune en date du 7 juin 2024 : « Construire plus d’écoles [vise à] toujours accueillir plus d’enfants comoriens, de sorte que d’ici à dix ans, nos écoles seront peuplées à plus de 90% d’enfants de parents étrangers tous en provenance d’un même pays… » (mayottehebdo.com).
(11) L’ambassade des États-Unis à Paris repère chaque année celles et ceux qui sont en passe de former selon elle les futures élites françaises (jeunes énarques, chefs d’entreprises, journalistes…) et les convie à participer à ce programme…
(12) Ce nouage xénophobe des enjeux scolaire, démographique et migratoire est un topos idéologique des extrêmes-droites européennes, désormais situé au centre de gravité du débat public, à Mayotte comme dans l’hexagone – et au-delà. Un exemple parmi d’autres : l’ouvrage de l’ancien social-démocrate allemand Thilo Sarrazin, par ailleurs ex-membre du directoire de la Banque fédérale d’Allemagne, et raciste notoire, L’Allemagne disparaît. Démographie, immigration, éducation : pourquoi le futur est sombre (éditions du Toucan, 2013).
Sur Mayotte dans Courant Alternatif, dernièrement :
Généalogie d’une politique du pire, CA 331 juin 2023
Mayotte, vers une dérive génocidaire ?, CA 333 octobre 2023
D’une abjection, février 2024
Un bilan de l’opération Wuambushu, février 2024
Le sang, le sol, etc., février 2024
QUI SÈME LA PESTE RÉCOLTE LE CHOLÉRA, juin 2024
Chido un cyclone colonial, décembre 2024
Chronique d’une convergence des brutes, mars 2025