Édito CA 351, juin 2025
mercredi 4 juin 2025, par
Les bourgeois nous parlent d’austérité, de nous serrer la ceinture, alors qu’eux, ils font bombance. S’il y a crise économique, c’est leur crise qu’ils veulent nous faire payer par la casse sociale. Que les forces productives aient cessé de croître ou non, le capitalisme est une arnaque ! Leurs chiffres qu’ils nous assènent ne sont là que pour nous assommer et nous faire croire que la seule politique viable est de soutenir les plus riches et le patronat. Le ruissellement nous le rendra !
Mais, c’est bien la force de travail et la consommation des travailleurs avec ou sans papiers qui soutiennent la croissance et non cette classe parasitaire qui se cramponne aux bancs du sénat, de l’Assemblée nationale et du gouvernement. Notre réponse devra être à la hauteur de l’attaque qui nous ait faite ! Car, oui, ils nous mettent le pistolet sur la tempe : récession, licenciements, précarité galopante, guerre aux précaires, privatisation de la santé et de la protection sociale, destruction des maigres conquêtes sociales, accroissement des budgets militaires et de la police, racisme et xénophobie...
Ainsi, les Retailleau, Darmanin, Valls, Le Pen et autres « prophètes du mensonge », bons petits soldats réactionnaires et fascisants, ne sont là que pour nous détourner de nos besoins matériels. Ces admirateurs du pétainisme ou de l’Algérie française n’ont pour ambition que de faire perdurer le « racisme systémique » afin de surfer sur des haines recuites. Pour appuyer l’extrême droitisation, c’est Retailleau que les LR viennent d’élire président de leur parti, et quand il annonce un tour de vis « conservateur » et « libéral », ce sont surtout des relents racistes et islamophobes irrépressibles qu’il recrache. Ils nous abreuvent de leurs obsessions identitaires pour mieux nous diviser, d’ailleurs le rapport sur les Frères musulmans commandé par le gouvernement et qui a « fuité » dans la presse à point nommé, est là pour nous convaincre du danger. On croirait qu’on veut nous convertir à l’islamophobie ! Nous ne sommes pas dupes de ce rapport complotiste, qui rappelle, dans une version contemporaine islamophobe, les délires du « protocole des sages de Sion ». Dans ce contexte, leurs propos tuent et contribuent à des actes racistes, comme dans une mosquée du Gard où Aboubakar Cissé a été assassiné.
Les problèmes des travailleurs sont les inégalités sociales et le racisme alimenté par l’existence de ces politiques qui freine nos solidarités et empêche de penser la lutte des classes et l’auto-organisation.
Ces bougres de bourgeois prétendent même nous faire marcher au pas de l’oie ! Qu’il soit prof ou simple quidam, la moindre critique qu’on apporte à ces richards, c’est la matraque qui nous frappe ! Darmanin, chantre de la répression, nous poursuit jusque dans les prisons avec la loi sur le narcotrafic adoptée au parlement et qui ne vise qu’à déshumaniser, isoler et précariser encore plus les détenus. Appuyé par l’opération « prison break » (sic !) au cours de laquelle 66 établissements pénitentiaires ont été perquisitionnés à la recherche de téléphones portables ou encore avec sa proposition visant à faire payer les frais d’incarcération aux détenus.
La répression ne laisse jamais de repos, même après 50 ans, comme pour les ex-brigadistes encore et toujours harcelés par le gouvernement italien.
En outre, avec l’application petit à petit de la loi sur l’immigration de Retailleau, l’accueil des migrants se durcit avec d’une part des logiques d’enfermement (prolongation de la durée en CRA) et d’autre part un durcissement à l’accès aux aides sociales (minima sociaux conditionnés à 7 ans sur le territoire). À l’échelle européenne, c’est la même logique xénophobe contre « l’invasion migratoire » avec les « hot spots » pour les migrants hors UE même s’ils fuient les guerres.
Si ce sont nos morts, comme Fatma Hassona dite « Fatem », 25 ans, photojournaliste, ce ne sont pas nos guerres, mais bien celles des capitalistes et des colonialistes aujourd’hui appuyées par l’IA et les drones. Après les 2 mois de trêve à Gaza, la reprise des bombardements est sanglante, faisant quotidiennement des centaines de morts. Les humanitaires ont beau alerter sur les massacres et la faim qui menacent 2 millions de personnes, rien n’y fait, les gouvernements se refusent à prendre toute sanction contre Israël. Quelques protestations commencent à effleurer les lèvres de nos dirigeants, mais sans substance, sans conséquences réelles pour Netanyahou dont le 1er ministre annonce une « vaste opération terrestre » à Gaza. Et pendant ce temps en France, Darmanin demande la dissolution d’Urgence Palestine (no comment) et les industriels vendent leurs armes à l’état israélien (salon du Bourget en juin) ; armes que cette femme palestinienne de Bil’in s’obstine à transformer en symbole de vie, de paix et de libération (cf couverture).
Le capital se restructure : tensions militaires et économiques entre les capitalistes, montée d’une vague brune, destruction de l’environnement et recul social... cette restructuration n’est jamais pour notre bien ! Face au renouveau de projets impérialistes au niveau mondial, les travailleurs en lutte pour un autre modèle de société, s’ils veulent « monter à l’assaut du ciel », n’auront d’autres choix que l’internationalisme et la lutte contre le colonialisme. L’idée de Marx qu’« un peuple qui en opprime un autre n’est pas un peuple libre » reste d’une actualité brûlante ! C’est la résistance révolutionnaire contre le capital et pour une transformation radicale du monde qui nous fera cheminer vers la paix, le pain, la liberté et l’égalité. C’est pourquoi la solidarité avec les peuples opprimés et/ou en lutte doit rester notre boussole. Ainsi dans cette valse aux impérialismes, n’oublions pas la Kanaky, au sujet de laquelle un an après le début des émeutes et alors que de nombreux Kanak restent encore enfermés dans les prisons métropolitaines, la porte-parole du gouvernement déclare lamentablement « la Nouvelle-Calédonie doit absolument rester dans la sphère française » !
Guerre à la guerre ! Jamais à genoux, et cela commence par nos luttes locales au quotidien que ce soit en jaune sur un rond-point, en rouge sur un barrage en Martinique ou au vert dans un jardin ouvrier !
Groupe OCL-Strasbourg 25/05/2025