CA 350 mai 2025
mercredi 4 juin 2025, par
Salon des massacreurs au Bourget
Du 16 au 22 juin se tiendra le salon du Bourget dédié à l’industrie aéronautique et spatiale donc militaire. Dans le contexte particulier des massacres dans la bande de Gaza et en Cisjordanie la présence d’exposants israéliens revêt un caractère particulièrement odieux qui est une occasion de plus de dénoncer la collusion entre l’État hébreu et les puissances occidentales (dont le gouvernement français) ainsi que notre solidarité avec le peuple palestinien.
Il ne saurait pourtant être question d’avaliser l’idée qu’il s’agirait d’un salon propre et vertueux sans la participation d’Israël. Avec ou sans telle ou telle puissance, ce salon est une entreprise criminelle que nous devons dénoncer.
Notre antimilitarisme n’est pas à géométrie variable, il est indissociable de notre anti- capitalisme et de notre projet communiste libertaire. Guerre à la guerre et soutien aux luttes palestiniennes !
OCL
Le harcèlement financier par des policiers
En 2017, Médiapart avait publié un premier article sur cette pratique policière d’amendes en rafale injustifiées. A cette époque, nous nous en étions fait l’écho sous cette rubrique. Cette pratique policière a pris de l’ampleur avec le Covid : amende pour non-port de masque, violation du confinement ou du couvre-feu.
Huit ans plus tard, ce harcèlement policier s’est institutionnalisé. Parfois sans même leur parler, des policiers du quartier, qui connaissent leur prénom et leur nom, envoient à leur domicile des salves de contraventions : un supposé crachat (« déversement de liquide insalubre ») : 68 euros. Du « tapage » : 68 euros. Un mégot prétendument lancé au sol : 135 euros, etc.. Plus besoin de contact ni de contrôle. Plus besoin de garde à vue ni de juge. Les policiers punissent directement. Dans le logiciel des commissariats, ces interventions sont répertoriées comme des « évictions d’indésirables ».
Ces jeunes adultes, qui ont commencé à être verbalisés lorsqu’ils étaient adolescents, n’ont jamais eu les moyens de payer, et ils cumulent à présent des dettes allant de 15 000 à 30 000 euros, en raison notamment des majorations. Ils ne sont même pas sûrs du montant exact, puisqu’ils ont arrêté d’ouvrir les courriers émanant des impôts. Les habituels contrôles au faciès sembleraient presque dérisoires en comparaison : « Quand ces jeunes ont commencé à gagner leur vie et qu’ils touchaient un SMIC, on leur prélevait 400 ou 500 euros sur les 1 200 qu’ils touchaient. À présent, pour éviter de se faire immédiatement saisir leurs revenus, ils n’ont plus de compte en banque à leur nom. Ils ouvrent des comptes en ligne ou virent immédiatement ce qu’ils gagnent sur le compte de leur mère ou d’une sœur », rapporte Camille Polloni, journaliste à Médiapart.
Pire : certains se tournent vers le travail dissimulé ou le trafic, puisque l’État ne pourra par définition pas ponctionner de l’argent non déclaré. Le résultat est catastrophique, d’autant que cet acharnement ne dissuade nullement ces « indésirables », qui continuent de se retrouver en bas de chez eux, n’ayant pas d’autre lieu pour le faire.
8 ans après, les choses commencent enfin à bouger. Deux chercheuses viennent de publier un rapport pour le compte de la Défenseure des Droits. « C’est intéressant de noter que beaucoup d’alertes ne viennent pas de cités enclavées en banlieue, mais du cœur de quartiers gentrifiés de Paris, le Xe, le XIIe, le XXe. Là où une population bourgeoise s’est installée, qui veut être tranquille, et où les policiers cherchent visiblement à faire place nette. Si tu n’es pas blanc, que tu portes certains types d’habits et que tu as moins de 25 ans, tu es invité à circuler. » Début avril, deux flics étaient renvoyés devant le tribunal correctionnel de Tarascon (Bouches du Rhône) pour des faits de verbalisation abusive de consommateurs de stupéfiants. À l’issue d’une longue audience, le principal mis en cause a écopé de deux ans de prison, dont 18 mois de sursis, et d’une interdiction d’exercer l’activité de policier. A suivre !
Sources : Médiapart et Marsactu
Coupure des réseaux sociaux : Le Conseil d’Etat valide le principe en cas de troubles graves !
En juillet 2023, juste après la grande révolte provoquée par l’assassinat de Nahel, E. Macron déclarait aux maires reçus à l’Élysée qu’il envisageait de « couper » les réseaux sociaux, en cas de nouveaux épisodes de révoltes. Après ces révoltes de l’été 2023, les responsables de Meta, Snapchat, Twitter et TikTok étaient convoqués par le gouvernement français pour « prendre plusieurs dispositions ». En clair, réguler les réseaux sociaux voire les interdire temporairement, comme le font les dictatures en cas de soulèvements ces dernières années.
Au printemps 2024, c’est sur le territoire de la Kanaky que la France a pris une mesure inédite dans une démocratie occidentale : couper totalement le réseau social Tiktok, pour endiguer la révolte qui s’était déclenchée. La mesure était appliquée à partir du 14 mai, et le gouvernement envisageait même d’aller beaucoup plus loin. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin déclarait lors d’une audition à l’Assemblée nationale qu’une « coupure de la 5G, de la 4G et de la 3G a été envisagée » en Nouvelle-Calédonie. Quoi de mieux qu’une colonie située à 16.000 kilomètres de la métropole pour tester une mesure autoritaire sans provoquer de réaction ?
La Ligue des droits de l’Homme, des habitant·es calédonien·nes, et l’association La Quadrature du Net avaient attaqué cette décision en justice. Le Conseil d’État vient donc de trancher, près d’un an après.
De prime abord, le Conseil d’État annule a posteriori le blocage de Tiktok. Ça ne mange pas de pain, puisque la mesure a été appliquée. « Mais derrière cette apparente victoire se cache une décision qui ouvre la voie à de futures censures de plateformes en ligne en dehors de tout contrôle démocratique » explique la Quadrature du Net.
En effet, le Conseil d’État reconnaît que le blocage d’une plateforme en ligne est justifié en cas de « période de troubles à l’ordre public d’une gravité exceptionnelle ». La notion de « trouble » est comme d’habitude totalement floue. Lors des Gilets Jaunes, pendant la réforme des retraites, lors des révoltes d’Outre-Mer ou en banlieue, il ne fait aucun doute que le gouvernement aurait pu invoquer cette notion de « trouble ». Et dans ce cas, tout est permis pour couper l’accès aux réseaux sociaux.
Sources : contre-attaque.net
Victoires juridiques contre la répression syndicale dans l’Education Nationale
Les "4 de Melle" avaient été réprimé·es pour s’être mobilisé·es contre les épreuves E3C du bac Blanquer comme de nombreuses personnes à cette période sur toute la France. Leur affaire avait été une affaire symbolique de la répression des années Blanquer. Rappelons brièvement que le 12 octobre 2020, plus de mille cinq cents personnes, venues de la France entière, s’étaient déplacées à Poitiers pour venir soutenir les « 4 de Melle ». Ce jour-là, Sylvie Contini passait en conseil de discipline après avoir été suspendue huit mois à titre conservatoire. Elle sera finalement sanctionnée d’un déplacement d’office.
Par une décision datée du 13 mars 2025, la cour d’appel administrative de Bordeaux a décidé d’annuler les sanctions prises à l’égard de Sylvie Contini et d’Aladin Lévêque qui avait, lui, écopé d’un abaissement d’échelon. Elle enjoint, de plus, l’Etat à verser une somme de 1500 euros à chacun d’entre eux. Rappelons ici que cette victoire juridique contre la répression syndicale faisait suite à celle obtenue le 9 janvier devant le tribunal administratif de Versailles qui a décidé d’annuler la mutation d’office « dans l’intérêt du service » de Kai Terada (voir CA 347 sous cette rubrique).
Source : Communiqué du comité de soutien aux 4 de Melle
Étrangers visés : La note de service suspendue
Le directeur de la police nationale de Loire Atlantique (44) avait établi une note destinée à la Préfecture qui visait exclusivement les étrangers en situation régulière. Elle était en vigueur depuis le 20/11/24. Cette note demandait aux policiers de transmettre à la Préfecture du 44 des fiches navettes contenant des informations sur les procédures pénales engagées à l’encontre des étrangers en situation régulière. Le Syndicat de la Magistrature, le Syndicat des Avocats de France et la LDH ont saisi un juge des référés. L’application de cette note était susceptible d’entraîner des conséquences graves sur le droit au séjour des personnes concernées ! Les fiches comportaient des données à caractère personnel aussi bien extraites du fichier de traitement des antécédents judiciaires que celles liées au placement en garde à vue. Le tout aboutissant à la constitution d’un tableau informatisé caractérisant un traitement des données personnelles sans autorisation d’un arrêté ministériel ni avis de la CNIL qui n’a même pas été saisie.
Il s’agit d’une intention politique grave : Surveiller, ficher, trier et potentiellement sanctionner les personnes étrangères sur la base d’enquêtes en cours. Le TA de Nantes a tranché : Cette note de police a été suspendue.
Source : Ouest France des 5 et 6 avril
La reconnaissance faciale utilisée illégalement dans le cadre d’événements sportifs
Alors que la reconnaissance faciale est une technologie sensible et strictement encadrée par la loi, l’entreprise PhotoRunning l’a utilisé dans le cadre d’événements sportifs, l’appliquant aux visages de plus de 300 000 personnes. Les personnes concernées ont participé, en tant que coureurs ou simples spectateurs, à des événements publics, principalement des courses à pied. Parmi elles figurent des milliers de mineurs.
Les organisateurs de ce genre de manifestations proposent fréquemment un service de photographie permettant aux participants d’obtenir, contre rémunération, les images prises par des photographes postés le long du parcours. Aujourd’hui, le temps de l’identification manuelle du numéro de dossard du coureur à chaque photographie est révolu. Avec l’essor de l’intelligence artificielle, il est devenu possible de reconnaître automatiquement le dossard.
Après la course, les sportifs peuvent soumettre une photo de leur visage sur le site de la société afin de se procurer toutes les photos de l’événement sur lesquelles ils apparaissent. Or, pour que cela fonctionne, tous les participants doivent être soumis à la reconnaissance faciale.
En pratique, le règlement général sur la protection des données (RGPD) interdit par principe le recours à cette technologie très sensible dans ce contexte, sauf si les personnes concernées donnent leur consentement...
Source : Lemonde.fr
Un manuel de survie pour nous préparer à la guerre !
C’est la dernière idée de génie du gouvernement français, qui semble prêt à tout pour conditionner les esprits à une escalade militariste.
C’est la radio de Bolloré Europe 1 qui diffuse cette information, ce mardi 18 mars. « Face à la multiplication des menaces, le gouvernement français prépare un livret de survie » qui « sera envoyé à l’ensemble des foyers français avant l’été prochain ». Ce guide doit détailler « tous les bons gestes à adopter en cas de menace imminente en France ».
Parmi les menaces listées, évidemment, un conflit armé sur le sol français. Donc une troisième guerre mondiale, la France étant une puissance nucléaire membre de l’OTAN. Europe 1 souligne un « risque d’une attaque russe ». Ce manuel évoque aussi « les catastrophes naturelles ou encore une nouvelle épidémie sanitaire ». Nos dirigeants nous préparent au pire, soit pour nous terroriser, soit parce qu’ils ont de très sombres projets.
Ce manuel comportera une vingtaine de pages, divisées en trois parties. La première, intitulée « Se protéger » appelle à posséder chez soi des « kit de survie cas de grave crise », notamment des bouteilles d’eau et des boîtes de conserve. Comme pendant la guerre froide, quand les habitants des USA stockaient des vivres et creusaient des bunkers dans leurs jardins.
Une autre partie, « Que faire en cas d’alerte ? », rappellera les numéros d’urgence. Les français sont trop bêtes pour se souvenir du numéro des pompiers. Enfin, la dernière partie est sans doute la plus importante : « Engagez-vous ». Elle invite les français.e.s à entrer dans la réserve militaire. « C’est la partie civique du livret, l’objectif est de sensibiliser tout le monde, jeunes, cadres et même retraités » explique une source gouvernementale au média de Bolloré. Nous y voilà, le gouvernement travaille à installer l’idée d’une menace imminente pour organiser une « Union Sacrée » autour de lui, et à encaserner la population.
Comme pendant la guerre froide aux USA, cela permettrait de mener la chasse aux ennemis de l’intérieur et à créer une paranoïa généralisée, tout en offrant toujours plus de pouvoir au complexe militaro-industriel. Le bourrage de crâne militariste bat son plein depuis plusieurs semaines. Il a commencé en janvier, avec la lettre du Directeur de la Gendarmerie qui expliquait que « La possibilité d’un conflit armé en France doit être sérieusement envisagée ». Depuis, quotidiennement, des informations insinuant qu’une guerre serait imminente et que les jeunes seraient prêts à mourir au front saturent l’espace médiatique. Ce « kit de survie » en est une nouvelle illustration.
Source : Extrait de contre-attaque.net
Un petit air frais dans ce monde de brutes
Plus de 20.000 personnes ont manifesté le samedi 12 avril dans plusieurs villes de France pour défendre les free-parties, dont une proposition de loi veut renforcer la pénalisation.
Parmi les 23 cortèges musicaux intitulés "Manifestives" organisés sur tout le territoire, les plus gros contingents de "teufeurs" ont été recensés par la police à Marseille (1.600), Nantes (au moins 2.000 personnes), Bordeaux (3.100 manifestants) et Paris (4.800).
La foule a brandi des pancartes proclamant "la teuf ne vole pas les fonds publics", "plus de sons, moins de répression", "liberté, égalité, tape du pied", "je rêve d’un monde où j’ai le droit de danser", "laissez-nous vivre libres" ou encore "plus de teufs, moins de keufs".
Tous et toutes ont protesté contre une proposition de loi visant à "renforcer la pénalisation de l’organisation" des free-parties. Non seulement les violences policières sont de plus en plus systématiques contre les teufeurs, mais des députés macronistes ont déposé une proposition de loi le 18 mars 2025 visant à renforcer la pénalisation de l’organisation de rave-party » en durcissant les amendes pour les teufeurs, mais aussi en punissant jusqu’à six mois de prison pour toute personne « participant à l’organisation » d’une free party et en généralisant la confiscation du matériel saisi.