Accueil > Courant Alternatif > *LE MENSUEL : anciens numéros* > Courant Alternatif 2025 > CA 351 Juin 2025 > Répression dans l’Éducation nationale : comment résister ?

CA 351 juin 2025

Répression dans l’Éducation nationale :
comment résister ?

vendredi 13 juin 2025, par Courant Alternatif

Nous avons interviewé des membres du « collectif des réprimés de l’Éducation nationale : Sois prof et tais-toi ! ». Samuel est professeur d’histoire-géographie et lettres au Lycée autogéré de Paris (LAP, devenu Lycée innovant de Paris [1]), Kai de mathématiques et Hanane est documentaliste.


Pouvez-vous expliquer ce qui vous est arrivé ?
Samuel : j’ai reçu un blâme car dans un mail interne, une liste de profs, je décris « une prise de pouvoir » au LAP et invite à lire Castoriadis car « je préfère la république des conseils que la prise de pouvoir par certains soviets ». C’est ce mail qui m’est reproché par la hiérarchie ainsi qu’un autre dans lequel j’affirme que nous sommes toutes et tous, profs, parents et élèves responsables de la situation que nous vivons au LAP.

Un blâme est une sanction symbolique contre laquelle je dépose un recours car je suis fier de ce qu’on me reproche. Je mets la situation en perspective historique en tant que prof d’histoire.

Comment ce mail interne a-t-il été connu de la hiérarchie ?
Samuel : il a été balancé au Rectorat par certain.e.s profs qui le jugeaient trop politique.

Dans un lycée qui a comme projet politique l’autogestion, on a donc des profs qui en appelle à la hiérarchie pour régler leurs conflits !
Samuel : oui, il.elle.s ont mis en avant leur statut de fonctionnaire, il.elle.s ont fait comme en 40 quand les fonctionnaires avaient le devoir de dénoncer les juifs. J’ai été sanctionné par un blâme et
je constate que les membres « canal historique » du LAP ont été exclu.e.s du nouveau projet « le LIP ».
Dans des établissements traditionnels, pour des enseignant.e.s qui exerçaient au LAP c’est difficile d’avoir à évaluer pour évaluer. C’est compliqué de faire des projets et c’en est terminé de l’interdisciplinarité, et ne parlons pas du projet politique.
De mon côté, c’est différent, car j’enseigne en lycée professionnel et j’accompagne les élèves dans leur parcours (entretien de positionnement, CV…), en binôme avec un collègue, dans une posture éducative donc.

Hanane : je suis documentaliste, arrivée comme le reste de l’équipe au lycée Angela Davis de Saint-Denis à son ouverture en 2017. Il s’avère immédiatement que les moyens sont insuffisants au égard du contexte social de l’établissement. L’équipe s’engage ainsi dans une grève de 3 semaines qui passe mal aux yeux des autorités institutionnelles. Le CDI sans livres devient le lieu emblématique de la lutte !
Cette première lutte soude une équipe qui s’engagera dans d’autres combats (la réforme du bac Blanquer, les classes à 35, les rixes du quartier…).
Nous devenons trop bruyant.e.s et visibles aux yeux du ministère, suite à une action de nos collègues qui prend à partie Blanquer lors d’une soutenance dans le campus à côté du lycée. Suite à cela, des articles mensongers et racistes du journal « l’Express » mettent en cause notre établissement et aussi celui de Kai Terada. Une mission générale d’inspection est envoyée dans ces deux établissements suspectés de gauchisme et de laxisme par rapport à la laïcité. On nous reproche aussi d’avoir accueilli deux ans de suite Assa Traoré autour de son livre « lettre à Adama ». 
Jusqu’à aujourd’hui, personne n’a pu lire les comptes rendus de ces missions, mais le rectorat conclut à une mauvaise gestion et diligente dans mon établissement un proviseur, anciennement sur les listes municipales de la République en marche et une CPE [2] faisant office d’adjointe, elle aussi dans les petits papiers de la hiérarchie.
Ils pratiquent une politique offensive et cinq collègues subissent blâmes et rappels à la loi en 2019.

Après la période COVID et deux accusations de VSS (violence sexiste et sexuelle), l’équipe se trouve divisée en 2022. Les élections professionnelles accentuent les divisions. Je ne reconnais pas le lycée. Je suis à mi-temps thérapeutique et ma collègue aussi. On a alors une « complément de service » [3], affiliée au très droitier syndicat SNALC. Elle nous accuse de harcèlement, soutenue par la tête de la deuxième liste très droitière et pro direction CFDT et par un élu extérieur au lycée du SNES qui agit sans mandat de sa section. Ça été très brutal et violent. Le proviseur abuse de son pouvoir, bloque tous nos projets notamment « égalité », me convoque et pratique une forme d’audition policière à mon encontre : 5h d’entretien sans manger ni boire. Je craque dans cette période et ça a été ma première hospitalisation. Malgré un courrier syndical, les vexations continuent. Le 10 mars, je m’apprête à fuir le lycée avec ma sœur et une amie, la boule au ventre et très triste de devoir abandonner mon poste pour fuir cet environnement où je me sens en danger. Je découvre que ma lettre avec pensée suicidaire envoyée en février est utilisée à charge contre moi. Le chef accoure aussi non pas pour prendre de mes nouvelles mais pour me rappeler que je n’ai pas le droit de faire entrer des personnes extérieures : ma famille est juste venue s’assurer de ma sécurité. Il les fait sortir et je suis évacuée par les pompiers. 
Sans aucune nouvelle de personne, en avril, à ma sortie d’hospitalisation de six semaines, je vais chercher des affaires au CDI que j’ai quitté en catastrophe. Ce sont les jours administratifs, je suis dans mon droit et ce sont les vacances : ça me soulage de croiser peu d’élèves et de collègues. Le chef arrive encore une fois, sans me demander de nouvelles et me donne une interdiction d’accès à l’établissement pour « menaces » et prévention de « troubles à l’ordre public ». Je suis avec ma fille de 4 ans : je suis effondrée devant tant d’acharnement et je ne pensais pas vivre cela, alors même qu’il était évident que je ne reviendrai pas au lycée.
Sans nouvelle de l’équipe, je contacte le collectif « Sois prof et tais-toi ». On décide de monter un comité de soutien après leurs conseils : il est porté par ma famille mais aussi soutenu par de nombreuses organisations féministes et antiracistes, engagées pour les droits LGBTQIA+. Heureusement que ces gens ont été là. 
Une procédure disciplinaire s’engage contre moi me reprochant notamment de faire régner un climat de terreur et d’avoir fait venir les pompiers, suite à un craquage simulé ! Puis après la suspension de 4 mois, le rectorat déclenche un conseil de discipline avec des pièces aberrantes comme une prise de parole de ma part lors d’une grève nationale des AESH[4] ! 
Cet acharnement me fragilise encore et me renvoie en hospitalisation : 6 semaines de plus. Rien ne les arrête et mon conseil de discipline a lieu sans moi, sans ma défense syndicale et juridique : je suis choquée et blessée profondément. Je me sens chassée. Je suis déplacée du lycée, je perds mes points après près de 20 ans de carrière. Je me sens salie et humiliée. 
Depuis je n’ai pas vraiment pu reprendre le boulot. Malgré mon envie de retrouver une place au sein d’un collectif de travail et militant. Le rectorat ne me lâche pas et a refusé deux ans de suite que je fasse des formations pour la vie affective et sexuelle ou anime des groupes de paroles sur les questions LGBTQIA+. J’ai obtenu une reconnaissance RQTH [5], j’essaie de partir vers le Sud pour recommencer à zéro et fuir cet environnement toxique. On travaille sur un projet de court métrage : Les naufragé.e.s dans la tempête qui part de la lettre laissée par Christine Renon. On le pense comme un outil militant pour aborder cette répression et cette maltraitance institutionnelle, qui tue en vrai mais aussi psychiquement. 
Malgré tout cela, la détermination est là : grâce au collectif, rencontrer d’autre personnels en lutte comme moi permet de se décentrer et de rester dans une perspective systémique. On est dans une phase de répression et de souffrance au travail massive dans l’éducation nationale. Les réprimé.e.s sont juste la première ligne et le haut de l’iceberg d’une institution à l’image de la société Macron : libérale, autoritaire et inégalitaire. 

Kai : ce qui est remarquable et extrêmement choquant dans la procédure visant Hanane, c’est l’utilisation d’une vidéo la montrant prenant la parole à un rassemblement militant pour la caractériser comme violente alors que ce rassemblement et cette prise de parole sont tout à fait paisibles par rapport à ce qui peut se faire !

Quant à moi, enseignant au lycée Joliot-Curie de Nanterre et cosecrétaire de Sud Éducation 92, j’apprenais à la rentrée 2022 que j’étais suspendu 4 mois sans qu’aucun motif ne me soit donné. 15 jours plus tard, le rectorat de l’Académie de Versailles me notifiait une « mutation dans l’intérêt du service » dans un autre département. Il m’avait été précisé que je n’avais commis aucune faute professionnelle et que cette mesure avait pour seul but de ramener la « sérénité » au sein de mon établissement.

À quand remonte l’idée d’un collectif et qu’est-ce qui vous a amené à le monter ?
Kai : en 2019, à l’occasion de la grève du bac, les contacts pris avec les autres Académies pour s’organiser se sont poursuivis pendant la bataille contre le Bac Blanquer qui conduisait à plus d’inégalités.
On savait qu’une vague de répression commençait à se dérouler : Noël Bucher, professeur de maintenance des équipements industriels au lycée Jacques-Duhamel de Dole s’était vu notifier par le rectorat de Besançon sa mise à pied à titre conservatoire. « Je suis sanctionnable parce que je me trouvais au milieu des élèves qui sont entrés dans l’établissement », dit l’enseignant.
En mars 2021, quatre enseignant.e.s du lycée Desfontaines à Melle étaient accusé.e.s d’avoir perturbé les épreuves de contrôle continu du bac, en pleine mise en place de la réforme, depuis abandonnée. Ils seront lourdement sanctionnés par des mutations d’office et abaissement d’échelon.
Des articles de presse avaient été publiés à ce moment-là, et quand je suis sanctionné, et que ça fait un peu de bruit, des collègues commencent à me contacter.
On crée alors une liste mail et lorsqu’on organise notre première visio, on s’aperçoit que ça fait    beaucoup de bien d’échanger entre réprimé.e.s, on comprend que ce qui est d’abord un soutien moral précieux doit perdurer. C’est comme ça qu’est né le collectif.

Comment analyseriez-vous la répression dans l’Éducation nationale en termes de moyens, de statuts des personnes qui la subissent, de méthodes ouvertes ou plus insidieuses ? En comparant avec d’autres secteurs professionnels ?

Kai : L’année 2019 a été marquée par la mise en place à la fois de la réforme du bac, de celle du lycée et de la Loi sur l’École de la confiance portées par le ministre Blanquer.
Ces réformes ont fait l’objet de fortes mobilisations. À la suite de la mobilisation contre la réforme du lycée, quatre enseignant.e.s (les « 4 de Melle ») sont suspendu.e.s pendant plusieurs mois puis convoqué.e.s à un conseil disciplinaire où ils et elles écopent de lourdes sanctions[6]. Les motifs de leur suspension sont flous, tels que le « manquement au devoir de réserve » ou « manipulation des élèves » mais aucun fait précis ne leur est reproché.
La Loi de transformation de la fonction publique de 2018 permet des « mutations dans l’intérêt du service » et facilite la répression syndicale, car elle supprime l’obligation de présenter la mesure devant les commissions paritaires. L’administration dispose des pleins pouvoirs, sans avoir à justifier ses décisions. Le prétexte est toujours de « ramener la sérénité » dans un établissement et les personnels visés sont presque toujours des syndicalistes ou des militant.e.s des pédagogies alternatives. C’est le prétexte utilisé dans mon cas ou au collège République de Bobigny où deux enseignants ont subi une mutation forcée et deux autres ont reçu un blâme. Le collège se mobilisait très régulièrement contre le manque de moyens, de personnels et pour de meilleures conditions de travail.
Par ailleurs, les contractuel.le.s ou les assistant.e.s d’éducation sont totalement à la merci de la hiérarchie qui peut décider de ne pas renouveler leur CDD à tout moment, ce qui les rend particulièrement vulnérables.

À partir de 2020, les sanctions vont s’enchaîner dans l’Éducation nationale partout en France : à Dole succéderont Amiens puis Clermont, Bordeaux, Montargis, Bobigny, Rennes, St Denis, Nanterre, touchant le premier comme le second degré.
L’administration usera de toutes les armes à sa disposition : suspensions conservatoires, exclusions, abaissements d’échelon, déplacements d’office ou même procédures disciplinaires engagées contre des collègues exerçant leur droit de grève et de manifester comme à Clermont.

Au lycée Mimard de Saint-Étienne, au lycée Thuiller d’Amiens, au lycée Victor Hugo de Marseille, les directions déployaient des pratiques autoritaires dénoncées par les équipes. À force de luttes, les proviseur.e .s finissent par être déplacé.e.s, mais l’administration le fait payer à quelqu’un.e.s qu’elle convoque en retour.
À St Étienne, Patrice Chapat et Sylvain Therrat sont convoqués devant des conseils de discipline et Patrice subit une mutation d’office à l’issue de ce conseil.
À Amiens, Aude Marécaille, Claire Quaglia, Justine de Reynies, et Emilio Sciarrino sont eux aussi convoqués en conseil disciplinaire. Le tribunal administratif d’Amiens a cassé les sanctions prononcées contre les « 4 de Thuiller » (en particulier celle d’Aude qui avait été
sanctionnée par une mutation d’office), mais l’administration, dans un acharnement inouï, a reconvoqué Aude pour la repasser en conseil de discipline et la déplacer à nouveau !
À Marseille, le conflit avec le proviseur accusé de racisme et sexisme s’est étendu sur plusieurs mois et une année scolaire et demie avec au total 2 licenciements et 8 non-renouvellements prononcés contre 10 assistants d’éducation. Mais en retour, non seulement les 10 assistants d’éducation n’ont pas été réhabilités et ont même pour certains été attaqués aussi au pénal, mais deux personnels, Christine Gorce et Frédéric Salvy, ont été muté.e.s « dans l’intérêt du service » pour avoir soutenu l’équipe de vie scolaire !
Dans le cas d’Hanane, on voit le Rectorat se mettre à fouiller les réseaux et dénicher cette vidéo sur laquelle on la voit intervenir, alors que c’est un jour de grève et que la prise de parole est « lambda » !
Le 13 juin 2024, l’administration met Laëtitia Salini en congé d’office, pour raison médicale. On a là l’utilisation des dispositifs médicaux et de santé à des fins de gestion du personnel. Il s’agit d’éloigner les personnes considérées comme gênantes pour des motifs médicaux fallacieux, soi-disant pour leur propre bien.

Pensez-vous que Blanquer et « l’école de la confiance » marquent un tournant ?
Kai : L’article 1 de l’École de la confiance [7] instaure un « devoir d’exemplarité » des enseignants envers l’institution et insiste sur le « respect de l’institution scolaire, dans ses principes comme dans son fonctionnement », de plus la suppression de toute structure indépendante du pouvoir pour évaluer l’efficacité des réformes en cours, une mission jusqu’alors assurée par le Conseil national d’évaluation du système scolaire permet de verrouiller les possibilités de contestation.

Hanane :
Parallèlement à ce verrouillage juridique s’est installé un cadre idéologique autour des « valeurs de la République » et de la laïcité.
C’est ainsi qu’on a vu Blanquer porter plainte contre le syndicat Sud Education 93 pour diffamation contre le terme « racisme d’état » et une accusation de « discrimination ». Une autre plainte a été déposée par des parlementaires LR suite à l’organisation d’ateliers en non-mixité raciale lors d’un stage (les plaintes ont abouti à des non-lieux).
Il y a aussi une volonté d’en finir avec les pédagogies alternatives comme on l’a vu au LAP mais aussi à l’école Pasteur de Bobigny où suite à un conflit entre la directrice et l’équipe pédagogique très investie, l’administration diligente une enquête qui conclut : « Le système [...] en autogestion [...] qui s’est installé a conduit peu à peu l’école Pasteur à ne plus être une école de la République ».
C’est aussi le projet d’école Freinet qui a conduit la hiérarchie à muter Hélène Careil [8].

Le ministre Attal a poursuivi cette politique autour d’une définition caricaturale de la laïcité quand il décrète la chasse aux abayas à la rentrée 2023.
Avec cette interdiction, l’État entend encore stigmatiser une population et désigne celles et ceux qui empêcheraient la République de fonctionner, nourrissant les thèmes de l’extrême droite. Il cherche à transformer l’institution et ses personnels en auxiliaires zélés d’une sorte de « police du vêtement ».
Ces stigmatisations détournent les regards de la destruction délibérée du service public de l’Éducation nationale (pénurie d’enseignant.e.s et de personnels qui aident les élèves en situation de handicap, suppressions de postes et fermetures de classes, coupes budgétaires incessantes, manque d’attractivité de professions sous-payées, conditions de travail difficiles, classes surchargées) au profit du privé.

Et en effet la laïcité fait l’objet de deux poids deux mesures… Concernant l’établissement privé Stanislas, l’Inspection générale de l’Éducation nationale a été saisie en février 2022 à la suite d’articles de presse pointant des dérives homophobes, sexistes et autoritaires au sein du lycée. Des catéchistes « exprimant des convictions personnelles sur l’Interruption volontaire de grossesse ou l’homosexualité » sont signalés. Le rapport fait mention d’une pédagogie « violente » et « humiliante ». Mais surtout, l’enquête relève que « l’assistance au cours religieux est obligatoire », dès l’inscription.
Même la Cour des comptes a pointé les établissements privés notant une « absence de contrôle financier », un contrôle pédagogique « minimaliste » et un contrôle administratif mobilisé « ponctuellement » uniquement quand « il y a un problème ».

Y a-t-il une évolution des hiérarchies ?
Kai : Dans le 1er degré la loi Rilhac crée la fonction de directeur.trice et leur attribue une autorité fonctionnelle. C’est une rupture historique qui va à l’encontre du fonctionnement collégial du conseil des maître.sse.s. Il ne s’agit pas d’un pouvoir à proprement parler hiérarchique, mais le.la    directeur.trice devient courroie de transmission du.de la directeur.trice académique des services de l’Éducation nationale (DASEN) alors les risques de dérapage managérial existent potentiellement.

Quel mode d’action avoir et quelle stratégie adopter ?
Kai : Il ne faut surtout pas intérioriser ou cacher les attaques dont nous pouvons être victimes mais au contraire être conscient.e que la répression est un problème politique et social important et essentiel qu’il s’agit de combattre collectivement. Des victoires ont été possibles grâce à la lutte. Le Tribunal administratif a ainsi contraint l’administration à me réintégrer sur mon poste et lui a infligé une amende. La mobilisation la plus forte et intense est nécessaire pour instituer un rapport de force favorable : grève, manifestations, actions, tribunes, comités de soutien...

La répression est-elle un problème global dont tout le monde s’empare ?
Kai : La répression vise à créer un climat de peur. Cela peut fonctionner avec des collègues mais la lutte collective victorieuse redonne de l’énergie à tous.tes pour reprendre la voie de l’offensive sociale. Dans l’éducation, elle peut toucher aussi les élèves : il nous faut être vigilant.e.s et solidaires. Des élèves et parents ont d’ailleurs pu être solidaires envers des profs réprimé.e.s. Dans les autres secteurs la répression s’intensifie énormément depuis des années. Il suffit de penser à la lutte contre la loi travail et aux grandes bassines à Sainte Soline, aux gilets jaunes. Le problème est général, la riposte peut et doit se faire ensemble.

Info de dernière minute
Nous apprenons via un communiqué de Sud éducation 93 une nouvelle victoire contre la répression !
Le 15 mai le tribunal administratif de Montreuil a rendu son verdict : "annulation immédiate des sanctions
contre Hanane Ameqrane pour excès de pouvoir et vice de forme".

Propos recueillis par Gaëtan et Zelda

Notes
1. Voir « La dépolitisation a tué le lycée autogéré de Paris », Courant Alternatif n°347, février 2025
2. Conseiller Principal d’Éducation.
3. Collègue qui exerce pour quelques heures dans l’établissement pour compléter un service incomplet d’heures d’enseignement
4. Accompagnant.e pour Élève en Situation de Handicap
5.Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé
6.La cour administrative d’appel a depuis annulé les sanctions prises par le rectorat à l’encontre de deux d’entre eux.
7.Voir « Répression dans l’éducation, une nouveauté ? », Courant Alternatif n°325, Décembre 2022
8. Réintégrée depuis sur décision du tribunal administratif

Répondre à cet article


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette