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CA 351 juin 2025

L’EXTRÊME-DROITE, L’ANTISÉMITISME ET ISRAËL

dimanche 22 juin 2025, par Courant Alternatif

Le gouvernement israélien a invité le président du Rassemblement National à se rendre en Israël. Ce dernier devrait prendre la parole dans le cadre d’un « rassemblement contre l’antisémitisme ». En fait il s’agira de dénoncer comme antisémites les antisionistes et ceux qui critiquent la politique israélienne, en particulier le génocide à Gaza et l’épuration ethnique rampante de la Cisjordanie.
Cette invitation est le signe d’une évolution qui a échappé aux vigies de l’antifascisme hissées dans les années 1990-2000 pour occuper l’espace politique à gauche. Ramener le FN (d’où est né le RN) au parti nazi, réduire le nazisme à l’antisémitisme, ne pas situer l’extrême droite dans la lutte des classes, ignorer ses racines coloniales, tout cela a empêché et empêche une perception pertinente de l’extrême droite.
La colonisation de peuplement que le sionisme opère place celui-ci dans la trajectoire de l’État-nation ethnique. (1) Cela aussi a échappé aux tenants de l’« État-nation républicain » et de « la solution à deux États ».


Les racines historiques de l'antisémitisme de l'extrême droite

Longtemps l’extrême droite française a assumé un héritage anti-juif.
Une partie de l’héritage judéophobe de l’extrême droite en France remonte à la fin du 19e siècle qui vit son évènement phare avec l’affaire Dreyfus à partir de 1894. Alfred Dreyfus capitaine de l’armée française fut accusé de trahison, condamné, déporté au bagne et finalement reconnu non-coupable et victime d’une machination. Cette judéophobie s’est poursuivie dans l’entre-deux-guerres et dans la collaboration.
Une autre part de l’héritage judéophobe plonge dans la judéophobie propre aux « Français d’Algérie » mécontents de l’accession des Juifs d’Algérie (à l’exception des Juifs du M’Zab, sud saharien) à la citoyenneté française (décret Crémieux de 1870 qui sera aboli par le régime de Vichy le 7 octobre 1940). Rappelons que les « Indigènes » (soit 90% de la population de l’Algérie en 1954) sont des « sujets français » et non pas des citoyens et sont soumis au code de l’indigénat. (2)
À la fin du 19e siècle, des maires à Alger et à Oran sont élus sous l’étiquette antisémite. Drumont propagandiste anti-juif, directeur de journal à Paris et auteur de La France juive (sorte de « bible » de l’antisémitisme) se fait élire député en Algérie en 1898.

Jordan Bardella et Marion Maréchal invités en Israël, dessin de Soph publié dans l’Humanité, 28 mars.

Le sionisme : un projet politique

Le sionisme vise à la création d’un État juif en terre de Palestine. L’état juif (ou État des Juifs selon la traduction des éditions plus récentes) est le titre de l’ouvrage de Théodore HERZL paru en 1896. Ce projet devient celui du congrès sioniste mondial tenu à Bâle l’année suivante (le nom de sionisme renvoie à Sion le nom d’une colline de Jérusalem). Il affirme être une réponse à l’antisémitisme européen, mais il cherche des soutiens auprès d’États dans lesquels l’antisémitisme est quasi une position d’État (Russie tsariste par exemple). (3)

Premier Congrès Sioniste à Bâle (Suisse) en 1897

Le sionisme est un projet national basé sur le droit du sang ; il vise à rassembler les Juifs du monde entier. (C’est toujours l’État qui crée la nation et désigne les nationaux, en Israël comme ailleurs.)
Le sionisme est aussi un projet de colonisation de peuplement qui veut ignorer l’existence d’une population, d’une société en Palestine.
Hans KOHN, disciple du philosophe Martin BUBER à qui il écrit en 1929 : « Nous sommes depuis douze ans en Palestine, sans jamais avoir essayé sérieusement de nous soucier de l’assentiment du peuple ou de négocier avec le peuple qui habite ce pays ». Après vingt ans de responsabilités dans le mouvement sioniste, dont dix ans en Palestine, Hans KOHN rompt avec le sionisme et émigre aux USA.(4)

La colonisation de peuplement

Le mythe de la terre vide ou de populations clairsemées, chaotiques, est récurrent dans l’idéologie colonialiste. Il permet d’associer une idéologie de pionniers, donc de « courageux cultivateurs mettant en valeur une terre abandonnée, voire ingrate ».
À terme, la colonisation de peuplement vise à remplacer la population autochtone par une population venue d’ailleurs.
Elle a particulièrement réussi sur le continent américain. Les colons originaires du continent européen, après avoir exterminé les populations indiennes autochtones par les guerres, le travail forcé et les épidémies, se sont affranchis de leur métropole. La force de travail indienne étant épuisée, les nouveaux états ont exporté du continent africain une main-d’œuvre réduite en esclavage. Les États-Unis d’Amérique constituèrent le premier État indépendant formé par les colons d’origine européenne. D’autres territoires du continent américain ont suivi. En Océanie, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont aussi des colonies de peuplement. De même que la Kanaky.
On retrouve le même phénomène, pour un temps, en Afrique : Rhodésie, Afrique du Sud. En Algérie la colonisation de peuplement fut également tentée. La loi du droit du sol (1889) donnait la nationalité-citoyenneté française à leur majorité aux enfants d’immigrants nés en France. Or l’Algérie à partir de 1848 (seconde République) c’était la France. Toutefois, le projet en Algérie échoua.

La Palestine mandataire et l'implantation sioniste

La question de la « sionisation » de la Palestine n’est pas uniquement la question de la propriété de la terre, elle est aussi celle de la dépossession des conditions de travail, donc de production des conditions d’existence. Elle transforme les rapports sociaux : les paysans (métayers, fermiers, c’est-à-dire les exclus des contrats de vente des terres, voire les petits propriétaires) sont transformés en prolétaires.
Ayant quitté leurs villes ou leurs villages, les réfugiés de 1948 deviennent eux aussi des prolétaires. Dès 1949 est créée un organisme de l’ONU (l’UNWRA) spécifiquement pour les réfugiés palestiniens. L’ONU exige le retour des réfugiés…
Épuration ethnique, prolétarisation et assistance humanitaire ont fonctionné ensemble.
En 2025, l’État d’Israël a interdit les activités de l’UNWRA.

De la guerre de 1967 à nos jours

Après la guerre de 1967, l’État d’Israël occupe la totalité de la Palestine mandataire, entraînant de nouveaux déplacements de population, de nouveaux réfugiés palestiniens. Une résolution de l’ONU exige le départ des forces israéliennes des territoires conquis... Israël annexe Jérusalem-Est (ex-partie jordanienne), le Golan (appartenant à la Syrie). Israël occupe le Sinaï égyptien qui sera évacué en 1977.
Dès le premier jour de l’après-guerre de 1967, Israël prend des dispositions assurant la domination économique des territoires conquis et entame l’implantation de « colonies juives de peuplement ».

Ces implantations, avec des routes spécifiques aux colons, l’établissement de zones dites « naturelles protégées » et la construction d’un mur qui coupe des champs et des villages, sans parler de la prolifération des « check-points » (points de contrôle) soumis à l’arbitraire de l’armée israélienne, aboutissent à une plus grande fragmentation du territoire de Cisjordanie. Ce système d’implantations permet à des Juifs (parfois venus des USA) de trouver des logements à de meilleures conditions qu’en Israël. Cette réalité économique s’articule souvent avec un discours idéologique d’inspiration biblique. La construction d’un mur le long des frontières de 1967 ampute la Cisjordanie de 10% de son territoire.
Le poids des colons n’est pas seulement démographique. Il est aussi dans la liberté d’action dont ils bénéficient, leur armement, leur impunité, la bienveillance de l’armée israélienne à leur égard, voire leur soutien direct. Les colons deviennent le fer de lance de la politique israélienne dans son rapport avec les Palestiniens de Cisjordanie.

Les racines coloniales du FN/RN et Israël

Si le racisme anti-juif a des racines dans l’Algérie coloniale, la création de l’État d’Israël « État des Juifs » modifie la donne. Dès le début de la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), les partisans de l’Algérie française ont noué des relations avec l’État d’Israël, proclamé le 14 mai 1948.
Le combat pour l’Algérie française a été soutenu par Israël, notamment à l’ONU, mais pas seulement. Les activistes de l’Organisation de l’armée secrète (OAS), partisans de l’Algérie française qui pratiquèrent des attentats contre la population musulmane et contre les partisans de l’indépendance algérienne en Algérie et en métropole, ont fait référence à Israël. Ainsi, le général Zeller, lors du putsch des généraux d’avril 1961, indiquait les aides sur lesquelles l’OAS pouvait compter : « le Portugal (dirigé par Salazar), l’Espagne (dirigée par Franco), Israël, l’Afrique du Sud (de l’apartheid) ».
Une autre figure de l’Algérie française, Jacques Soustelle (qui fut gouverneur général d’Alger en janvier 1955, ministre de l’Information, puis du Sahara lors de l’arrivée au pouvoir en 1958 du Général de Gaulle, avant de rompre avec lui sur la question de l’indépendance algérienne), déclare dans son ouvrage Dans une route nouvelle (édition du fuseau 1964) : « (...) Depuis des années, j’ai exprimé sans équivoque mon admiration et mon soutien à l’État d’Israël, et mon adhésion de non-juif à la cause du sionisme. N’en déplaise aux attardés de l’antisémitisme, j’ai estimé, et estime encore que la renaissance de l’État juif en Palestine, telle que l’avait rêvée le génial Herzl, était d’abord une œuvre de justice envers un peuple atrocement persécuté, qui a vu six millions des siens massacrés scientifiquement par le racisme hitlérien. J’ai estimé, et estime encore, en outre, que la présence et le maintien en Orient d’un État démocratique moderne, face au panarabisme fanatique et rétrograde, constituaient une garantie de paix. ».

Lors de la fondation du Front national (1972) sont présents des rescapés de la collaboration, mais aussi et surtout les tenants de l’Algérie française, souvent des activistes de l’Organisation Armée secrète (OAS).

les fondateurs du RN, visuel produit pas L’insoumission.fr

Porte-parole de la mémoire coloniale d’Algérie, le FN investit au cours de son histoire et jusqu’à aujourd’hui des candidats issus des nostalgiques de la colonisation française à divers postes électifs. Jean-Marie LE PEN, volontaire des guerres coloniales d’Indochine puis d’Algérie, sera candidat à plusieurs reprises à la présidence de la République.

La création d'Israël et le système-monde capitaliste

Comme l’a montré Enzo Traverso dans La violence nazie (La fabrique), le nazisme réalisa une synthèse entre anticommunisme (contre la Révolution sociale), antisémitisme et colonialisme, mais il n’est pas une référence « convenable ». Toutefois certains de ses éléments qui prennent leurs sources dans les idéologies racistes du 19e siècle ou colonialistes peuvent être reconfigurés (ainsi la slavophobie que pratiqua le nazisme et les alliés fascistes italiens lors de la deuxième guerre mondiale (5) et qui réapparaît à propos de la Serbie ou de la Russie.)
L’héritage antisémite de l’entre-deux-guerres et de la collaboration se trouve (relativement au moins) stratégiquement en voie d’épuisement à la fois du fait de la disparition de ses protagonistes, de la mise de l’antisémitisme nazi (avec le génocide) au rang des catastrophes de l’Histoire, mais aussi, plus encore, du fait de la configuration mondiale contemporaine, notamment avec la création de l’État d’Israël, de sa place dans le Moyen-Orient, de son implication internationale, de son insertion dans le système-monde capitaliste dominé par les USA.
Le système-monde actuel est bâti sur une hiérarchie héritière du système-monde de l’époque coloniale. C’est pour maintenir cette hiérarchie, en France et dans le monde, que l’extrême droite pratique le rejet des descendants d’immigrés coloniaux, celui des nouveaux immigrés qui sont aussi pour la plupart des prolétaires du fait de la restructuration de la main-d’œuvre opérée par l’immigration. Pour l’extrême droite d’aujourd’hui, l’antisémitisme de l’entre-deux-guerres et de la Seconde Guerre mondiale a été remplacé par le rejet des Arabes (regroupés souvent sous l’appellation de musulmans, voire d’islamistes, en fait, les descendants des anciens colonisés, principalement du Maghreb, surtout de l’Algérie pour cause de guerre d’indépendance).
Logiquement l’extrême droite proclame son soutien à l’État d’Israël.

La « purification ethnique » : de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui

« Dans l’entre-deux-guerres, quand on commence à parler d’immigrés c’est à l’adresse des « Juifs immigrés » ; les nord-Africains ne sont encore que les travailleurs nord-africains, mais pour la police et dans les faits divers il y a déjà un « type nord-africain ». » René Gallissot(1)

En France, au 20e siècle, l’extrême droite ne parvient au pouvoir que « grâce » (si l’on peut dire) à la défaite de l’armée française face à l’armée allemande en 1940 et au vote de l’Assemblée nationale élue en 1936. (6) La politique de Vichy (1940-1944) met aussi en question les naturalisations. Dès le 22 juillet 1940, le ministre de la Justice crée une commission pour la révision des naturalisations. Cette révision remonte jusqu’au 10 août 1927. Sur 500 000 dossiers examinés, la commission retire la nationalité à 15154 réfugies, dont 6 07 israélites. « La « purification » de la nation française est en marche ». (7)
La stigmatisation concerne aussi les « étrangers de l’intérieur », l’« Anti-France » : les protestants, les francs-maçons, les Juifs, les anarchistes et les communistes (ou les étiquetés comme tels). On sait comment cela s’est poursuivi.
La violence de l’État d’Israël depuis sa création opère le même parcours, les mêmes manifestations que la violence exercée par les puissances européennes à l’encontre des peuples non européens à travers la conquête, la colonisation, en recourant au pillage des ressources et à l’exploitation de la main-d’œuvre, en procédant à des massacres, à des génocides.
La colonisation de peuplement inscrit dans son horizon historique l’effacement puis l’élimination physique de la population « indigène ». Telle est la spécificité de l’implantation sioniste en Palestine. Elle y joint la domestication des peuples du Moyen-Orient par le biais économique, recourant à la guerre si nécessaire pour l’imposer. Cette domestication s’opère dans le cadre de l’hégémonie des USA, laquelle est assurée par des moyens tant économiques, monétaires que militaires.

Les pays capitalistes occidentaux qui pratiquèrent la colonisation du monde, qui terrorisèrent et terrorisent, désignent ceux qui s’opposent à son ordre comme terroristes, effaçant la dimension politique de l’opposition et la réduisant à un mode d’action qui, par ailleurs, n’est pas dominant.
La violence terroriste et génocidaire de l’État sioniste d’Israël est légitimée avec le concours des médias qui, au service de l’ordre capitaliste mondial, abhorrent l’Histoire, en particulier comme processus, et célèbrent le mode de vie occidental fondé sur le pillage, la dépossession et l’exploitation.
Le bilan de l’État ethnonationaliste d’Israël ne peut que susciter le soutien de l’extrême droite européenne (particulièrement du FN/RN pour ce qui concerne la France) vu la convergence des modes d’appréhension politique et des références historiques.

Toutefois il importe de signaler deux paradoxes :

  • L’invocation de la mémoire du génocide des Juifs d’Europe par les nazis et leurs alliés européens (fascistes italiens, nationalistes ukrainiens, lituaniens, lettons... ) se marie à un soutien à l’entreprise génocidaire d’Israël considéré comme « l’État des Juifs ».
  • La confusion entretenue entre l’État d’Israël et l’ensemble des Juifs du monde entier relève de la vision ethniciste qui est celle de l’antisémitisme.

Actuellement, en Europe, dans les pays issus de la Yougoslavie comme la Slovénie ou issus de l’URSS comme l’Ukraine, l’Azerbaïdjan, les pays baltes, mais aussi en Europe occidentale, les projets d’États ethnonationalistes (appuyés sur la fragmentation des états multinationaux) s’inscrivent en résonance avec le projet sioniste d’« épuration ethnique » et renouent avec les projets d’homogénéisation des États au 19e et 20e siècles.
La politique linguistique est un instrument de cette homogénéisation (« un peuple, un territoire, une langue »). En Yougoslavie, en Algérie, la question linguistique a précédé les massacres. On assiste aussi à la construction de mythes fondateurs nationaux effaçant la collaboration avec les nazis.

illustration représentant un échange réel filmé au quartier Cheikh Jarrah : - « Jacob, tu voles ma maison !!! », réponse de Jacob « Si c’est pas moi qui la vole, ce sera quelqu’un d’autre ».

Le « péril démographique », le « grand remplacement », hantent les sionistes comme ils hantent les autres ethnonationalistes. C’est dans ce projet qu’en France le Rassemblement National se retrouve avec la « droite républicaine » pour mettre en question le droit du sol dans l’acquisition de la citoyenneté-nationalité française. La suppression de l’aide médicale d’État s’inscrit aussi dans le clivage nationaliste « Eux contre Nous ». Le vote de la loi Immigration est un pas dans la même direction. (8) Les propos du Premier ministre sur la « submersion migratoire » achèvent de donner à la thématique anti-immigrée du FN/RN une reconnaissance institutionnelle.

La France et le monde capitaliste occidental sont-ils mûrs pour, en France, un gouvernement FN/RN ou pour un gouvernement d’« union nationale » ? Pour l’un comme pour l’autre, mais avec des équipes légèrement différentes, la politique sera menée au nom de la lutte contre l’immigration, contre l’islamisme (en fait principalement contre la population arabe des quartiers populaires) et contre l’antisémitisme (en fait pour le soutien à Israël), pour une restructuration des rapports sociaux capitalistes, pour l’achèvement du démantèlement de « l’État social » et pour la répression des mouvements sociaux grâce à l’augmentation du budget « défense », augmentation présentée comme une « réponse à la menace russe ».

Comme les conquêtes coloniales le furent au cours de l’Histoire, le génocide et l’épuration ethnique en Palestine sont des procédés destinés à maintenir un ordre inégalitaire reposant sur l’accaparement des richesses, l’exploitation de masses humaines ou leur extermination directe ou indirecte.
Comme les conquêtes coloniales, génocides et épurations ethniques bénéficient d’une large approbation dans les pays occidentaux auprès des capitalistes, des classes dirigeantes et d’une partie de la population.
La « normalisation » de l’extrême droite signifie-t-elle une avancée de l’État capitaliste vers une forme fascistoïde ?

Lucien SEMINOLE 15 mars 2025

Notes :
1. René GALLISSOT : Mondher KILANI:Annamaria RIVERA L’imbroglio ethnique en quatorze mots clés Éditions Payot 2000
2. René GALLISSOT La République française et les indigènes, Éditions de l’atelier 2006
3. Au sujet d’anti-juifs soutiens du sionisme, on peut rappeler le soutien à Israël apporté en 1967 par l’ancien commissaire général aux affaires juives de Vichy de 1940 à 1942 Xavier Vallat. (Déclaration Pourquoi je suis sioniste parue dans le journal d’Action française Aspects de la France)
4. BUBER Martin Une terre deux peuples Édition Lieu commun. Des textes historiques de la pensée binationale lors de la montée du sionisme.
5. « Dans le plan nazi il était même question d’exterminer le peuple russe tout entier : un rapport a été découvert par Poliakoff, le rapport Wetzel où est posée la question de « l’annihilation biologique du Russentum » tout en demandant si les immenses espaces russes pourront être peuplés entièrement de Germanentum. » Jean-Pierre FAYE entretien avec Rebecca Behar Autour de Nietzsche, Heidegger et Lou Salomé L’Homme et la societe n° 140-141 2001 /2
6. Seuls 80 députés s’opposent aux pleins pouvoirs de Pétain, les députés communistes ont été déchus pour cause de soutien au pacte germano-soviétique.
7. Robert PAXTON La France de Vichy (1940-1944) p169
8. Si, en fin de l’année 2023, les votes des partis macronistes joints à ceux des Républicains et à ceux du Rassemblement National ont suscité de l’étonnement, il conviendrait de rappeler les formes juridiques de discrimination à l’endroit des étrangers sous la Troisième République et même, après Vichy, sous la Quatrième République. (CF Gérard NOIRIEL Les origines républicaines de Vichy Hachette Littératures). « Les dirigeants de la révolution nationale étaient les héritiers d’un État républicain qui, par ses lois, ses institutions, ses pratiques bureaucratiques et ses catégories de pensée était entré en guerre, dans les années 1930, contre les étrangers installés sur son territoire. » op. cit p 210)

Quelques éléments bibliographiques

Ilan PAPPÉ : L’épuration ethnique en Palestine initialement publié par Fayard cet ouvrage a été réédité par La fabrique en avril 2024
et Les Dix Légendes structurantes d’Israël (éditions les nuits rouges) ( 2021) Un outil essentiel pour se libérer des représentations sionistes devenus lieux communs.
Ilan PAPPÉ, historien israélien, a quitté son poste de professeur de sciences politiques de Haïfa suite aux diverses pressions et interdictions dues à la publication de ses travaux ; il enseigne et vit actuellement en Angleterre.

Sur le génocide en cours à Gaza :
Andreas MALM Pour la Palestine comme pour la terre, Les ravages de l’impérialisme fossile (La fabrique) janvier 2025 156 p
Outre une intéressante perspective historique sur l’assujettissement fossile de la région du Moyen-Orient depuis deux siècles on lira avec intérêt le chapitre 2 Réponse à certaines objections sur la résistance. Le chapitre 3 conteste la notion de lobby au sujet d’Israël, notion « qui exclut une convergence d’intérêts ». Il rappelle qu’il a existé et qu’il existe encore une gauche palestinienne dont les analyses sont délibérément ignorées par les tenants de la gauche européenne qui se présentent comme les « soutiens du peuple palestinien ».
Enzo TRAVERSO Gaza devant l’histoire (Lux 2024)
Une réflexion critique sur le présent et sur l’histoire qui est invoquée pour l’interpréter.
Par l’auteur, il y a 45 ans, d’un ouvrage fondamental, Les marxistes et la question juive et auteur depuis d’importants essais historiographiques sur le 20e siècle.
Didier FASSIN Une étrange défaite, Sur le consentement à l’écrasement de Gaza (La découverte) septembre 2024 192p
Reprenant le titre de l’ouvrage de l’historien et résistant Marc Bloch au lendemain de la défaite française de 1940, Didier FASSIN examine comment les lieux de pouvoir, les milieux intellectuels et les médias ont « consenti à la destruction de Gaza » et ont empêché l’expression de points de vue critiques. « Une police de la pensée s’est imposée. Le détournement des mots et l’inversion des valeurs ont mis à l’épreuve l’intelligence politique et le discernement moral. » (p 4 de couverture)

À signaler aussi deux articles disponibles sur internet :

  • Pourquoi la lutte pour la Palestine est une lutte contre l’impérialisme US (Adam Hanieh) 1er juillet 2024, texte publié par Mondoweiss et traduit par Chronique de Palestine
  • Pourquoi l’extrême droite allemande a-t-elle fait sienne la lutte contre l’antisémitisme ? Les raisons d’un « kidnapping » (Sonia Combe) texte paru dans Socio La nouvelle revue des sciences sociales 19 | 2024 Mémoire, histoire et politique

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