Réseau des anarchistes internationalistes
lundi 25 août 2025, par
Nous avons reçu ce texte appelant à la constitution d’un réseau anarchiste internationaliste pour le défaitisme révolutionnaire qu’il nous semble important de relayer.
Chers camarades,
Nous vous invitons à vous positionner sur la proposition d’une nouvelle initiative Anarchiste Internationaliste faite par le réseau AnarCom (AnarCom Network) et le Groupe Anarchiste Communiste (Anarchist Communist Group), tous deux basés au Royaume-Uni.
Nous espérons nous appuyer sur les contacts et les relations établies à Prague et avec d’autres anarchistes internationalistes lors d’événements nationaux et internationaux. Il ne s’agit pas de créer une nouvelle organisation, mais de fournir un réseau permettant aux internationalistes révolutionnaires de se rencontrer et de construire un canal de communication libertaire (libertarian hub) contre les guerres et la propagande impérialistes, tout en étant en mesure de coopérer là où nous le pouvons sur des activités significatives. Sur le plan pratique, nous voulons montrer qu’en tant qu’internationalistes révolutionnaires, nous pouvons, en plus des perspectives politiques et de la propagande, contribuer de manière concrète (/matérielle : in a material way) aux luttes plus larges de notre classe. Par exemple, en collectant des fonds pour soutenir solidairement ceux qui refusent de se battre, les déserteurs et nos réseaux de camarades qui travaillent avec eux. Nous vous présentons la déclaration suivante comme notre proposition fondatrice et vous demandons d’envisager de la signer et de collaborer au-delà des traditions et des frontières contre les guerres capitalistes et la paix capitaliste !
« Le Réseau des anarchistes internationalistes est : Pour le défaitisme révolutionnaire dans tous les États en guerre !
Volonté : Soutenir les résistants à la guerre, les insoumis, les déserteurs et les objecteurs de conscience !
Appel à : Une initiative internationaliste libertaire majeure pour contrer la propagande militariste ! Une catastrophe nucléaire se profile ! Les classes dirigeantes « de l’Est » comme de « l’Ouest » sont des charlatans dont la soif de pouvoir et de profit repose de plus en plus sur l’industrie de la guerre.
L’Occident autoproclamé élabore des scénarios de nouvelle guerre mondiale. Pour eux, le « monde libre » mène une bataille existentielle contre les « autocraties » de plus en plus identifiées aux stéréotypes orientalistes qui menacent de détruire notre prétendue « civilisation ».
Les nations du camp « démocratique », telles que l’Ukraine, Israël et Taïwan, sont saluées comme menant le même combat mondial des « gentils » (good guys) contre le « mal ». Cette logique va jusqu’à ranger les islamistes syriens du côté des « gentils ».
De l’autre côté, la Russie, la Chine et l’Iran, des États totalitaires dirigés par des polices secrètes, des forces de l’ordre aux mains du parti ou des religieux. Chacun réprime violemment la lutte de notre classe contre l’austérité et la marche vers la guerre.
Pour une initiative internationaliste libertaire contre la propagande militariste diffusée quotidiennement, qui présente nos États armés prétendument « bons » comme s’ils étaient une entreprise humanitaire !
Nous devons offrir un soutien pratique et moral aux résistants à la guerre, aux insoumis, aux déserteurs et aux groupes qui adoptent des positions internationalistes, en particulier dans les zones de guerre.
Il est fondamental de soutenir le refus, la conscience, la désertion et l’insoumission de tous les côtés des fronts de guerre, pour un défaitisme révolutionnaire.
La Russie et l’Ukraine elles-mêmes reconnaissent que la désertion est un obstacle majeur à leurs programmes mortifères.
Ce soutien, dans le cadre de notre internationalisme, encourage les initiatives visant à remettre en question le nationalisme et les frontières, la souveraineté territoriale, l’État-nation ou ses rivaux proto-étatiques, en construisant de nouveaux mécanismes de solidarité internationale et de fraternité.
Les lignes de front sont plus proches que vous ne le pensez, pas plus loin que l’usine d’armes ou de composants la plus proche, que le dépôt logistique, le centre de transport ou le centre de communications le plus proche.
La guerre se déroule là où se trouvent les ports et les aéroports, les bases militaires et leurs casernes de réserve. Elle se déroule sur les réseaux ferroviaires et autoroutiers, dans les villes, les quartiers, les métropoles et les usines où nous, les travailleurs, payons le prix de la guerre en vivant dans la pauvreté due à l’aggravation de l’austérité. Et maintenant, la menace de la conscription.
Nous ne pouvons pas bouger sans être en guerre et lorsque nous le remarquons, les armes rhétoriques fusent : « perturbateur, extrémiste, traître ! » Nous devons être tout cela.
Il est temps de distinguer clairement notre mouvement de ceux qui soutiennent « certaines guerres avant la guerre des classes ».
Nous sommes clairs sur le fait que les révolutionnaires ne s’opposent pas seulement à leurs guerres, mais appellent à la transformation de la résistance à la guerre en une révolution sociale ! Nous n’appelons pas à un retour à la situation d’avant la guerre, leur « paix capitaliste », qui n’est que leur répression à notre égard en préparation de leur prochaine entreprise sanglante.
Que pouvons-nous faire concrètement, individuellement et collectivement, chez nous et à l’étranger ? Au niveau le plus élémentaire, penser globalement, agir localement. Refuser leur consensus et dénoncer leur hypocrisie, en défendant nos intérêts et ceux de notre classe au-delà des frontières. Collectivement, rejetons leur « intérêt national ».
Relier nos luttes à l’austérité et à leur profit de guerre. Tout ce que nous faisons pour nous-mêmes et notre classe entrave leur « état de guerre ». Unissons-nous dans la solidarité au-delà des localités et des secteurs professionnels : une victoire sur le front intérieur est une victoire et un exemple à l’étranger.
Des fleuves de l’Arctique à la mer Rouge, de Taïwan au bassin du Congo, les frontières continentales sont en feu, ou les braises couvent. Quelque soit la tête des superpuissances, elles veulent que nous nous battions - un capitalisme, une guerre ! Le danger est réel, le danger est actuel. »
Signataires à ce jour :
UK : Anarchist Communist Group / Anarcom Network / The Stirrer / Alex Alder (in personal capacity)
Czechia : Antimilitarist Initiative / The Czechoslovak Anarchist Association (CAS)
Germany : Astendenz (AST)- Antipoltitisch-Sozialrevolutionäre Tendenz - Berlin
France : Initiative Olga Taratuta
NB : Nous relayons ce texte sans l’avoir signé, non par désaccord politique, mais parce que l’OCL signe des textes ou appels lorsque nous sommes concrètement engagés dans la lutte en question. Ce n’est pas le cas ici, non par choix mais parce que nous sommes loin de pouvoir couvrir tous les fronts de lutte. Signer ici, comme dans d’autres cas serait mener une « politique de la signature », apparaître pour apparaître, ce que nous évitons de faire par principe politique.