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BURE : Quelques nouvelles de la lutte

lundi 20 avril 2026, par Courant Alternatif


Quelques nouvelles de la lutte des opposants à CIGEO, le centre industriel de stockage géologiques des déchets radioactifs à Bure

Nous vous avons rendu compte dans Courant Alternatif n°354 de la manifestation à Bure. Depuis, l’ANDRA avance et le combat se poursuit.

Septembre infini à l'ancienne gare de Luméville

Quand des opposant·es au projet CIGEO ont acheté l’ancienne gare de Luméville, c’était parce qu’un jour ce terrain serait un caillou dans la chaussure de l’ANDRA et que cette dernière essaierait de l’expulser. C’est aujourd’hui que l’ANDRA essaie de récupérer le terrain pour y construire des rails et pour y transporter des déchets radioactifs. Pendant tout un mois, une centaine de personnes ont habité la Gare afin de préparer la défense du lieu, avoir des discussions stratégiques et se rencontrer. Une belle émulsion de personnes, habitué·es comme nouveaux et nouvelles venu·es, ont investi les lieux et ont fait émerger une vie collective de leur quotidien partagé. Mais septembre est infini, et c’est le 41 septembre (autrement appelé le 11 octobre) que l’occupation est devenue… illégale !

Même si les gendarmes n’ont pas encore le droit d’expulser la gare (au jour de la rédaction de cet article), elle appartient depuis le 11 octobre 2025 à l’ANDRA puisqu’elle a payé une indemnité d’expropriation de 40000 euros à la SCI propriétaire de la gare. Cela n’empêche pas les opposant·es d’occuper le terrain et de s’organiser sur place pour empêcher la perte de ce lieu emblématique de la lutte, qui est nécessaire au projet CIGEO. Rappelons tout de même que la gare n’est toujours pas légalement expulsable tant qu’un juge ne publie pas une ordonnance d’expulsion. Une première date de procès a eu lieu le 5 novembre 2025 pendant lequel les opposant·es avaient organisé un rassemblement de soutien devant le tribunal, avec comme résultat un renvoi de l’audience. Une autre audience s’est tenue le 11 février 2026 à Bar-le-duc. Le verdict sera donné le 23 mars. Nous saurons alors si le juge transfère le dossier au Tribunal administratif de Nancy. Affaire à suivre !

Pour soutenir l’occupation, il est encore temps de venir à la gare toujours menacée d’expulsion illégale ou détournée.
Quelle que soit la décision rendue le 23 mars, un appel sera déposé par l’Andra si elle perd (et nous fera gagner encore du temps). Si elle gagne, les opposant·es à Cigéo feront appel mais celui-ci ne sera pas suspensif d’une décision d’expulsabilité.

Les travaux de l'ANDRA

Suite au gigantesque dossier réglementaire 0 dit « DR0 » de 12000 pages, l’ANDRA a obtenu l’autorisation de mener de nombreux travaux de forages, fouilles archéologiques et études géotechniques. Ces travaux visent à obtenir en particulier des données géologiques et géotechniques sur les sols et sous-sols de Bure notamment via d’importantes campagnes de forages, sans oublier la construction d’un cantonnement de gendarmerie.

Les panneaux de permis de construire fleurissent autour du laboratoire et les engins de mesure s’activent en ce moment même dans la vallée de l’Ornain. Le bois Lejuc, qui a été occupé par les opposant·es entre 2016 et 2018, n’est pas épargné par les travaux.
Les opposant·es ont publié sur bureburebure.info une carte interactive de ces travaux afin de surveiller et agir collectivement contre les méfaits de l’ANDRA : ne laissons pas les nucléocrates avancer sans résistance !

La DAC, autorisation de création

Malgré un dossier de fait lacunaire et incomplet, cela n’a pas empêchée l’ANDRA de déposer parallèlement sa demande d’autorisation de création, DAC.

L’enquête publique sur la DAC devait avoir lieu à l’automne, mais on apprend dans un petit encart du Journal de la Haute Marne du 13 février 2026 que cette enquête publique "qui devait être mise en place à l’été", aurait lieu en mai/juin. Le préfet a déposé une demande en ce sens au Tribunal Administratif de Nancy. Le premier ministre aurait annoncé la semaine dernière que le calendrier allait être resserré. Même l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) dit que les délais sont intenables. Notons la nomination en tant que rapporteur de l’OPECST sur l’évaluation de la Demande d’autorisation de création de Cigeo de Maxime Amblard, député RN de la Meuse, dont le profil cumule les conflits d’intérêts : il est toujours dans les effectifs de Framatome à qui il doit rester loyal, il est un pro-nucléaire du genre fanatique et il est député RN de la Meuse (circonscription de Bure) donc il est évident qu’il risque de subir ou d’exercer des pressions…

Notons aussi que suite aux élections de ce mois de mars, les communes seront à peine installées. Lors de la consultation des collectivités locales sur la DAC, nombre d’élu·es ont fait remonter les pressions subies pour rendre des avis favorables, le chantage systématique (sans avis favorable, pas de fiscalité avantageuse), et la présence systématique de l’Andra les jours de délibération.
L’ANDRA construit simultanément d’autres dossiers réglementaires afin de poursuivre les travaux sur le territoire, notamment le défrichement du Bois Lejuc, travaux qui eux aussi seront mis en enquête publique fin 2026/début 2027. Bref, une méga farce démocratique dans laquelle personne ne se retrouve : les informations sont diluées, les collectivités n’arrivent pas à suivre, la population encore moins.

Anne-Marie, le 16 mars 2026

NB : Depuis la rédaction de cet article le Tribunal a ordonné l’expulsion de la gare

Pour avoir plus d’infos sur le programme à venir, n’hésitez pas à consulter régulièrement les sites :
https://bureburebure.info/lettre-di...
https://coordstopcigeo.noblogs.org/
https://cedra52.jimdofree.com

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