CA 359
dimanche 26 avril 2026, par
L’attaque de l’Iran par l’impérialisme américano-israélien n’est-elle qu’une toquade du milliardaire de la maison blanche et de son compère de Tel-Aviv ou une étape de "l’América first" vers une guerre généralisée ?
Du 13 au 24 juin 2025, suite au bombardement de l’Iran par israéliens puis américains un conflit direct oppose les deux pays. Durant cette période, six sites nucléaires, cibles de l’assaut sont détruits. Parmi les victimes, la population anonyme, mais aussi le chef des gardiens de la révolution, le chef des armées et des scientifiques responsables du programme nucléaire iranien. Pour D. Trump qui déclarait "ne rien savoir" des intentions de son comparse (avant de se rétracter), c’est une "victoire" et de conclure : "l’Iran ne peut pas avoir la bombe". Pour B. Netanyahou c’était "une nécessité" puis il complétera son discours : "Sans leur soutient (US), nous n’aurions sans doute pas lancé l’attaque".
Cette guerre des 12 jours s’avérera une "nécessité" inachevée pour Tel-Aviv qui la poursuivra le 28 février 2026. Auparavant, l’armée et les renseignements israéliens, avaient affaibli Téhéran et mis hors d’état de nuire ses supplétifs : Bachar el Assad, le Hezzbollah, le Hamas et autres groupes en Irak ou au Yémen. Depuis 50 ans, l’État hébreux, le "petit Satan" israélien, est l’ennemi labellisé de l’Iran, et de ses dirigeants. Il doit être rayé de la carte répètent-ils.
L’Iran menaçait-elle réellement l’État hébreux ! pas aux dire des experts de l’AIEA [1] En frappant Téhéran aujourd’hui, Tel-Aviv renforce sa supériorité et affirme son hégémonie militaire sur le Moyen-Orient. Sur le plan de politique intérieur, B. Netanyahou retrouve une gloire qui déclinait et peut entrevoir un avenir post électoral, qui lui évitera la prison. De son côté, Washington déjà présent dans de nombreux pays du golf, avait renforcé son potentiel militaire aéronaval en Méditerranée. Une présence qui ne laissait que peu de doute pour une intervention.
La Russie, est enlisée en Ukraine, n’a plus qu’une influence politico-militaire réduite en Syrie, et est incapable d’intervenir auprès de ses alliés vénézuéliens et cubains. Elle s’avère inopérante dans son soutien à l’Iran, qui lui fournissait les drones nécessaires à sa guerre contre Kiev. Avec cette nouvelle attaque du 28 février, D.Trump affirme donc les ambitions géopolitiques de l’impérialisme américain. Depuis la Maison Blanche, ce dernier reconfigure les rapports de force de son "América great again".
A l’instar de D. Trump qui n’avait que faire de la population de Minneapolis, subissant les exactions de sa milice -ICE- dans une obsessionnelle chasse aux migrants, ou de B. Nettanyahou pour qui les palestiniens sont des terroristes, les deux comparses n’ont que faire du peuple iranien à qui le milliardaire avait promis de l’aide. Une population -otage-, qui après avoir été régulièrement massacrée par les gardiens de la révolution, doit de nouveau se terrer et encore subir les destructions des bombardements. Si les "libérateurs" américains et israéliens sont ravis d’avoir décapité les dirigeants chiites et le guide suprême Kameney, les iraniens, les civils déplorent depuis l’intervention plus d’un millier de morts.
L’action concertée du duo impérialiste n’est pas que toquade. Si pour Tel-Aviv il s’agit d’assurer son hégémonie et sa suprématie dans la région, pour D.Trump, il s’agit par là d’affaiblir encore plus la Chine, l’ennemi de demain. Cette préoccupante rivale, qui a tant besoin de pétrole. Le kidnapping du président vénézuélien et le rapt de son or noir par le milliardaire Trump est la démonstration d’une "América First" mais aussi le signal que Pékin n’est plus désirable dans ce pré carré états-unien d’Amérique du Sud. Autre avertissement, cette fois au Nigeria, autre grand producteur de pétrole en Afrique, où l’impérialisme US, s’est arrogé le droit d’intervenir pour défendre, explique t-on les -chrétiens- menacés par Boko Haram, marquant du coup un territoire réservé. Pékin devra s’accommoder de cette nouvelle situation au Moyen Orient, où 90% de son approvisionnement en pétrole était iranien, et tenir compte du nouveau rapports de force inter-impérialistes. Rien n’est donc fortuit de la part du milliardaire américain. La discrétion du moment de la Chine n’est pas une acceptation de cette situation.
Si la prétention de l’annexion du Groenland par D. Trump avait suscité une réaction et des frictions chez certains de ses alliés occidentaux, les injonctions de Washington ont su soumettre leur réalisme à accepter une mise au pas et encore une fois, les agissements d’Israël. 5000 soldats français sont stationnés dans la région du Golf et selon le président Macron ils sont prêts à intervenir "défensivement" pour protéger les -Pétromonarchies- de la région. Entendons par là nos intérêts nationaux économiques. Les approvisionnements en Gaz et Pétrole mais aussi les investissements de Total- énergies, d’Engie, Vinci, Carrefour, Thalès... et surtout de Dassault avec ses faramineux contrats"Rafale" sans compter les multiples ventes d’armes aux émirats et les divers "fonds souverains" placés en France soit 2 000 000 milliards de dollars. Une grandeur de la France que même le leader de La France Insoumise (LFI) J.L. Mélenchon entend respecter. Malgré leurs déclarations, les européens, divisés, ont rapidement prêté allégeance au -maître des horloges-.
Plusieurs pays ont protesté contre l’intervention. Irlande, Norvège, Finlande, ont appelé à une désescalade, demandé à ce que les belligérants trouvent une solution diplomatique et respectent le droit international. Chacun restait prudent pour ne pas trop froisser -Donald- et son "América first". Ainsi le premier ministre canadien réticent à l’intervention, dénonçait mais ne condamnait pas l’attaque : "Le programme nucléaire de l’Iran reste une menace grave pour la sécurité internationale../..l’intervention militaire menée visait à réduire cette menace". Une légitimation de plus pour Tel-Aviv à bombarder l’Iran, le Liban et -génocider- les palestiniens en toute quiétude. Quant au gouvernement espagnol qui à osé se dresser contre D.Trump, et lui interdire l’usage de ses bases militaires, il s’est peu de temps après les remontrances de D. Trump : "...certains pays comme l’Espagne sont épouvantables", empressé de dépêcher une corvette [2] pour rejoindre l’armada européenne déployée autour de Chypre, la Grèce et non loin d’Israël. Chypre qui abrite une base militaire britannique ouverte à l’OTAN. Ainsi les impérialistes européens dans le souci de défendre leur intérêts en Méditerranée et au Moyen Orient, complètent et suppléent la faiblesse du flanc Ouest américain.
Dans une planète limitée en ressources, où les besoins en gaz, pétrole, terres rares... suscitent d’âpres convoitises économiques, dans ce monde où la maîtrise des voies navigables (terre, air et mer) deviennent de plus en plus essentielles pour un futur affrontement, il est donc logique que chaque bourgeoisie, pour affirmer sa présence, oriente ses investissements vers les nouvelles technologies et industries liées à la guerre. Mais pour tenir dans cette escalade concurrentielle mortifère, pour survivre et maintenir ses profits, chacune attaque sa population et ses prolétaires. Chacune réduit l’ensemble des prestations sociales ou de soins. Chacune se doit de détricoter le monde du travail de ses "carcans contraignants", chacune doit pouvoir réduire au maximum les salaires, baisser le coût du travail... Chacune doit trouver des exutoires, distiller ses poisons : racisme, nationalisme, électoralisme, défense de la démocratie... Bref diviser pour mieux régner. Et pour parvenir à ses fin, la bourgeoisie doit enrôler, discipliner les populations et contrôler les prolétaires par une répression de plus en plus sévère et sans merci.
Quand les peuples crèvent par la répression ou dans leurs guerres sous les bombes, les capitalistes trouveront toujours des arrangements entre eux. C’est donc avec raison que nous devons craindre ces tensions inter-impérialistes et les combattre avec nos armes. Nous devons lutter contre les attaques anti sociales qui touchent le monde du travail, les populations les plus précaires... retrouver une conscience de classe, cette force collective et autonome qui nous redonnera confiance dans nos luttes, et développera la solidarité internationale entre les peuples.
MZ. 5 03 2026
[1] Agence Internationale de l’Énergie Atomique chargée du contrôle de la politique nucléaire iranienne.
[2] La corvette "Cristobal", un navire de guerre équipé de missiles capables de détruire drones et missiles, a rejoint l’armada européenne (allemande, anglaise, française, grecque...)