mardi 2 juin 2026, par
Le centre hospitalier Ardèche nord d’Annonay est touché par une grève pour la deuxième fois en moins d’un an. Le mouvement, à l’appel de la CFDT et de la CGT, a commencé le 10 février 2026 pour protester contre le non-remplacement jusqu’à 5 jours dans les services en cas d’arrêt maladie. Une décision qui, selon les syndicats, a de lourdes conséquences sur les conditions de travail et sur le bon fonctionnement de l’établissement. Autre point de crispation : des agents volontaires pour venir renforcer les équipes se seraient vu opposer un refus. Les agents à temps partiel seraient par ailleurs exclus des missions de remplacement, réservées aux seuls temps pleins. Autre sujet sensible : l’orientation prise par la direction en matière de recrutement. Les syndicats affirment que l’établissement ne souhaiterait plus recruter de fonctionnaires et privilégierait désormais des contrats à durée indéterminée (CDI), jugés moins coûteux. Les fonctionnaires bénéficient en effet d’une prime spécifique, dont ne disposent pas les nouveaux CDI. Le 24 février, un rassemblement à l’appel des syndicats CFDT et CGT a réuni 150 personnes devant les bureaux de la direction.
Sources : France bleu, Le réveil vivarais, Lutte ouvrière
En novembre 2023, la plateforme française de vente d’occasion Leboncoin (15 000 salariés, le site le plus visité en France après Amazon) et Adevinta (sa maison mère norvégienne), ont été rachetées pour 12 milliards d’euros par deux fonds d’investissement, l’un américain, Blackstone, l’autre britannique, Permira. Depuis le rachat, les travailleurs dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail, notamment par la mise en place par l’encadrement de « plans d’amélioration des performances » (PIP en acronyme anglais). Ces plans sont des techniques de pressurisation des employés visant à les « évaluer » pour ensuite leur demander de faire davantage. À ces outils managériaux, s’ajoutent des outils numériques de contrôle de l’activité des télévendeurs dont l’objectif est, là aussi, de forcer le salarié à fournir plus d’efforts. Un outil similaire est prévu pour fliquer la production des équipes informatiques.
Les travailleurs de la plateforme réclament la fin de ces méthodes et également une revalorisation générale des salaires pour compenser l’inflation cumulée ces 4 dernières années (calculée à 15 % par les syndicats). Face à la situation, les travailleurs se sont prononcés en décembre dernier pour la grève. Après quelques mois de tergiversations, l’intersyndicale (CFDT, CGT, Solidaires) a appelé de l’entreprise à cesser le travail le 18 mars. Une première pour l’entreprise qui fêtera ses 20 ans à la fin du mois. Environ 10 % des effectifs ont répondu à l’appel sur les sites de Paris, Nantes, Mâcon, Reims et Montceau-les-Mines et une centaine de salariés parisiens ont même tenu un piquet de grève en plein cœur du quartier du Sentier. Les élus du CSE ont saisi la justice. L’audience est programmée le 16 avril. En attendant, les salariés espèrent que leur mouvement de grève fera réagir la direction et permettra de réamorcer le dialogue.
Sources : Syndicalisme hebdo, groupemarxiste.info
Après plusieurs mouvements de grève ces dernières années autour des mêmes revendications, les agents contractuels annoncent cette fois une grève illimitée à l’hôpital El-Maarouf de Moroni commençant le 9 mars. « On ne peut pas être dans un même hôpital, faire les mêmes boulots et avoir un salaire différent. Les contractuels actuellement perçoivent un salaire de 57 500 francs comoriens (117 €) alors que les fonctionnaires reçoivent un salaire de 100 000 francs (203 €). Ce qui est vraiment primordial actuellement c’est l’alignement de salaire et la prime de garde et les autres points on peut aller doucement et voir comment les gérer. Ces deux points sont non négociables. » Les salariés contractuels rappellent qu’un protocole d’accord avait été signé avec la direction en 2024 après un précédent mouvement. Selon les syndicats, il n’a jamais été appliqué. Alors que le gouvernement a lancé un vaste projet de modernisation de l’hôpital El-Maarouf avec la construction d’un nouveau bâtiment estimé à près de 55 millions d’euros, les grévistes soulignent qu’il faut du personnel pour faire fonctionner convenablement un hôpital et que cela a également un coût.
Dans une lettre datée du mardi 10 mars, la direction de l’hôpital El-Maarouf de Moroni, capitale des Comores, estime que la grève en cours ne respecte pas les règles du droit de grève. Elle affirme notamment qu’aucun préavis n’a été déposé et demande aux agents contractuels de regagner leurs postes sans délai afin d’assurer la continuité du service public. Le document évoque également d’éventuelles sanctions administratives ou disciplinaires. Après plusieurs semaines de mouvement, les négociations entre les grévistes, la direction de l’hôpital, et le gouvernement, sont toujours au point mort.
Sources : RFI
Depuis le 10 décembre 2025, le Syndicat de l’Éducation Nationale, le Syndicat National de l’Enseignement Technique et Professionnel et le collectif SOS Éducation paralysent les établissements publics gabonais avec un taux de suivi supérieur à 90% selon les organisations syndicales. Les revendications ne se limitent pas aux arriérés financiers. Elles portent sur des décennies de mépris administratif systématique. Les enseignants exigent le paiement des vacations impayées, les rappels de soldes dus depuis des années, l’intégration de 1 810 bénévoles travaillant sans statut ni salaire complet, l’incorporation des 328 sortants des Écoles Normales Supérieures et ENSET (École Normale Supérieure de l’Enseignement Technique) des 692 diplômés de l’ENIL (Ecole Normale des Instituteurs de Libreville) et de l’ENIF (Ecole Normale des Instituteurs de Franceville), les promotions de carrière gelées pour 5 000 agents et les reclassements scientifiques concernant 108 enseignants. Lancé initialement pour trois jours du 10 au 12 décembre, le mouvement a été reconduit indéfiniment le 10 janvier 2026 malgré une assemblée générale le 17 janvier refusant explicitement la reprise sans garanties concrètes.
Devant le succès de la grève et la sympathie des populations pour ce mouvement, le gouvernement feint d’être ouvert au dialogue mais, dans la réalité, mène une politique répressive. Deux dirigeants syndicaux, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, ont été inculpés d’entrave à la liberté et jetés en prison. Une mesure qui n’a fait que radicaliser le mouvement. Le 24 février 2026 marque une rupture décisive. Le gouvernement annonce 20 mises en solde au lieu de 148. Cela ne constitue pas un simple retard technique mais bien une trahison assumée des engagements pris. En novembre 2025, les indemnités parlementaires sont maintenues à des niveaux confortables : 10 millions de francs CFA annuels de fonds de souveraineté par député, 100 millions pour le président de l’Assemblée nationale. Le 29 décembre 2025, le Conseil des ministres adopte sans difficulté un projet de décret revalorisant les indemnités et bonifications des officiers généraux des Forces de Défense. Objectif affiché : "mieux reconnaître l’expérience accumulée et les responsabilités accrues au sommet de la hiérarchie militaire".
Avec plus de 27 000 enseignants répartis sur l’ensemble du territoire, la mobilisation nationale reste un enjeu majeur. La grève a sérieusement paralysé les écoles, collèges et lycées publics du pays. Des assemblées générales avaient lieu les samedis dans chacune des 9 provinces, avec un pouvoir décisionnel de chacune d’entre elles.
Deux lignes de pensée se confrontent au sein de SOS Éducation. D’un côté, un courant majoritaire exprime une défiance quasi institutionnalisée envers toute initiative de dialogue. Ce groupe perçoit la concertation proposée par la ministre comme un rituel stérile : commissions, dialogues protocolairement huilés et promesses consignées se répètent depuis trois décennies, sans jamais se concrétiser dans la réalité quotidienne des enseignants. À l’opposé, une minorité pragmatique défend une approche plus réaliste. Elle considère que le refus de dialogue serait tactiquement inefficace et nuirait à la représentation collective des enseignants. Pour ces acteurs, la concertation reste une opportunité - même symbolique - de faire entendre la voix des enseignants, de formaliser les revendications et, potentiellement, d’obtenir des concessions concrètes. SOS Éducation revendique prioritairement la libération immédiate d’un professeur de mathématiques arrêté à Mouila alors qu’il exerçait ses fonctions, la cessation de l’entrave au droit de la grève pour les enseignants à Port-Gentil par les forces de l’ordre. « La répression ne résoudra pas les problèmes. Au contraire, elle ne fait qu’aggraver la situation ». La Présidente du mouvement SOS Éducation a annoncé à Libreville, à l’occasion d’un point de presse, la mutation officielle du collectif en organisation syndicale. Selon elle, cette transformation en syndicat vise à doter la structure d’un cadre juridique formel, afin de défendre plus efficacement les intérêts des enseignants précarisés et marginalisés, dans le strict respect des dispositions légales en vigueur. Le collectif SOS Éducation est désormais érigé en Syndicat SOS-Éducation.
Sources : africanews, rfi, info241, norafrik, gabonmailinfos, pointnoirtv, mediapart, mediapostegabon
La Section Provinciale du Syndicat des Enseignants Tchadiens pour la ville de N’Djaména, réunie en Assemblée Générale Extraordinaire le 14 février 2026 a décidé d’entamer une grève de deux semaines pour revendiquer de meilleures conditions. Elle exige l’application du décret 2850 portant statut particulier des enseignants. Les responsables syndicaux dénoncent un décalage entre les engagements pris et leur application budgétaire. « Sans inscription dans la loi de finances, le décret reste lettre morte », confie un cadre syndical, qui évoque une perte de confiance progressive vis-à-vis des autorités. En colère de voir les cours se poursuivre normalement dans le privé alors qu’ils sont privés d’enseignement, les élèves du public ont manifesté le 16 février pour interrompre les activités scolaires dans les autres établissements. Le mouvement, parti du quartier Walia, s’est rapidement étendu à d’autres zones de la capitale.
Le ministre de l’Éducation nationale et de la Promotion civique et celui de la Fonction publique estiment que le mouvement a été déclenché en violation des procédures légales. Selon eux, cette grève, motivée par l’exigence de l’application du décret n°2850 relatif au statut particulier des enseignants, ne résulte pas d’un retard de paiement de salaires. Le gouvernement dégaine la loi 32 relative à la réglementation de l’exercice du droit de grève dans les services publics. En son article 15, cette loi prévoit que « les journées non prestées pour cause de grève » ne sont pas rémunérées et qu’elles sont à la charge des syndicats à l’origine du mouvement. Les salaires pour les enseignants grévistes du syndicat des enseignants du Tchad (SET) de la section de Ndjamena sont coupés ainsi que pour ceux de la province du Guéra, notamment de la ville de Mongo n’ayant pas fait grève. Le mouvement s’étend à d’autres provinces. Parmi les revendications, une prise en charge sanitaire effective des enseignants ; une augmentation de la prime de logement, de 20 000 à 100 000 francs CFA ; le paiement régulier des primes de craie ; ainsi qu’une révision du décret n°477, jugé défavorable à la profession.
Le Médiateur de la République a reçu le 27 février 2026 les responsables du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET), section provinciale de N’Djamena, afin d’examiner la situation préoccupante liée à la grève en cours dans les établissements scolaires depuis le 14 février. Au cours des échanges, le Médiateur de la République a proposé aux responsables syndicaux de suspendre le mouvement de grève afin de favoriser la poursuite des discussions avec le gouvernement. Les enseignants de la ville de N’Djaména ont décidé de mettre une pause à leur mouvement de grève dans un contexte de forte tension. Réunie en assemblée générale extraordinaire, la base a accepté de suspendre la grève pour laisser place aux négociations.
Les AG de fin mars et début avril avaient au cœur des débats : le traitement des salaires et le respect des accords passés avec les autorités. À l’issue des échanges, les enseignants ont décidé de suspendre leur grève pour une durée allant de une à trois semaines. Ils appellent toutefois le gouvernement à faire preuve de retenue et à procéder, dans les plus brefs délais et sans condition, au remboursement des moitiés des salaires concernés. Si cette reprise sous conditions offre un court répit au secteur de l’éducation, le spectre d’un nouveau débrayage plane dès le 10 avril si aucune avancée concrète n’est enregistrée.
L’effectif du corps enseignant est constitué d’enseignants nationaux et de maîtres communautaires recrutés par les Associations des Parents d’Élèves (APE) et les Associations des Mères Éducatrices (AME). Le nombre d’enseignants en 2021 était de 796 en préscolaire, 48 394 au primaire (CP-CM2), 13 743 au moyen (6ème-3ème), au secondaire.
Sources : tribune echos, atpe, Journal du Tchad, RFI, Tchadinfos, manara, globe-infos, Alwihda Info, africa-press, chagramedia, lendjampost, apanewst, dari-infos