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ALGERIE : sens et portée des émeutes...

mardi 11 janvier 2011, par OCLibertaire


Les syndicats autonomes algériens, avec la LADDH, apportent leur soutien à la rébellion de la jeunesse algérienne

Dans une déclaration publiée aujourd’hui, 4 syndicats algériens autonomes (CLA, de l’éducation, SATEF, de l’enseignement professionnel, la Coordination des sections CNES, de l’enseignement supérieur, et le SNAPAP, de l’administration publique en général), en collaboration avec la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), déclarent apporter leur soutien à la rébellion de la jeunesse algérienne, en proposant une réunion nationale pour discuter des mesures à prendre pour apporter aide, assistance et solidarité à la jeunesse.

COMMUNIQUE COMMUN
LADDH - CLA - SATEF - Coordination des sections CNES - SNAPAP

Suite aux évènements qui se déroulent actuellement à travers tout le pays, les organisations signataires de ce présent communiqué, même si elles regrettent que la violence soit devenue la seule façon de se faire entendre, constatent que cette révolte est le résultat inéluctable :
* D’une gestion dictatoriale et autoritaire faisant de la violence un instrument de gestion de la société.
* De l’asphyxie des libertés publiques et de l’obstruction de toutes les voies pacifiques de revendication (interdiction des grèves, rassemblements, marches pacifiques).
* Du refus de toute médiation sociale en marginalisant toute représentation réelle de la société.
* De la généralisation de la corruption sur fond d’injustice sociale criarde.
Quelques soient les dégâts constatés nous prenons le parti et la défense de la jeunesse Algérienne pour plusieurs raisons :

  • Parce qu’elle exprime un désir fort de dignité de liberté et d’espoir.
  • Parce que la somme de tous les dégâts causés par les « émeutiers » n’arrive même pas à la hauteur d’un seul scandale de malversation dont l’Algérie est riche (Banque Khalifa, BCA, SONATRACH, Brown and Condor, etc…).
  • Parce que cette jeunesse vit ou plutôt survit en Algérie
  • Parce qu’elle est passée par l’école Algérienne lorsque cette dernière ne l’a pas rejetée
  • Parce qu’elle travaille en Algérie si l’on considère la débrouillardise comme travail et cela lorsque les services de police ne la pourchassent pas quand elle tente de se débrouiller dans l’activité économique informelle
  • Parce qu’elle habite en Algérie si l’on peut considérer les taudis, les bidonvilles et les autres formes d’habitat précaire comme étant des logements et cela lorsqu’elle n’est pas chassée avec sa famille en plein hiver, manu militari par les forces de police et sur ordre d’une justice, de ces dernières.
  • Parce qu’elle voit ses parents, ses voisins son entourage laminés par un pouvoir d’achat dérisoire et cela lorsqu’elle ne dépend pas (elle et toute la famille) des allocations de misère que tayeb louh présente comme étant l’emploi.
  • Parce qu’elle voit en même temps une richesse mal acquise s’étaler sans vergogne par la clientèle du pouvoir et autres affairistes.
  • Parce qu’elle sait que son avenir est sombre et que toutes les rapines du monde, toutes les drogues et autres solutions individuelles ne sont en fait qu’illusion.
  • Parce qu’elle vit avec un régime qui la traite avec mépris et qui est allé jusqu’à criminaliser ceux qui veulent fuir le pays (clandestinement bien sur puisque c’est la seule solution).
  • Parce que nous sommes des Algériens et Algériennes pour qui le sens de la justice et de l’honneur nous interdit de laisser cette jeunesse seule devant ce pouvoir répressif.
  • Parce que nous savons qu’a force de traiter les gens avec le mépris et la violence vous n’aurez en retour que la colère et la violence
  • Parce que nous savons que seul le changement radical du pouvoir peut apaiser cette colère et faire en sorte que cette même jeunesse puisse être vue comme le bonheur et l’espoir de notre pays.
    Nous dénonçons la répression qui s’abat sur cette jeunesse (qui s’est toujours abattue) et demandons à toutes les organisations d’assumer leurs responsabilités devant la gravité de la situation et devant l’Histoire.
    Nous proposons qu’une rencontre nationale se tienne pour débattre des actions à mener pour apporter notre aide, soutien et solidarité à cette jeunesse.
    Nous demandons à ce que soient libérés ceux qui sont considérés comme « émeutiers » car ceux qui ont contribué par leurs décisions et actes de gestion autoritaire à fabriquer les « émeutiers » sont les premiers à devoir comparaitre devant la justice.
    Nous demandons la levée de l’état d’urgence et l’ouverture du champ médiatique, politique, syndicale et associatif afin que les conflits puissent être réglés par la force d’un droit qui prend en charge les intérêts et les préoccupations de la majorité de la population et non pas par le droit d’une force qui protège les intérêts d’une minorité.
    LADDH - CLA - SATEF - Coordination des sections CNES - SNAPA P

    SNAPAP 23 rue boualem zeriat Belfort El-Harrach ALGER Télé /fax : 0021321 52 03 72
    por / 00213770208129
    Email snapap_snata[at]yahoo[pt]com
    Site www.maisondessyndicats-dz.com

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MOUVEMENT CITOYEN DES AARCHS
DECLARATION

La dégradation des conditions de vie des Algériens, qui n’a cessé de s’accentuer de façon dramatique, semble ces derniers temps atteindre le seuil de l’intolérable. Une situation explosive est en train de se mettre en place et le pouvoir, comme à l’accoutumée, se prépare non pas à accéder aux aspirations populaires, mais plutôt à user, une fois de plus, de la violence, de la diversion et des solutions placebo. Encore une fois, face à la colère grandissante de la rue, le pouvoir maffieux et assassin et ses serviles sous-fifres se recroquevilleront en faisant feu de tout bois pour la préservation de leurs intérêts et privilèges. Ce faisant, en premier lieu, le pouvoir usurpateur et mystificateur par la voix de quelques analystes adoubés s’emploiera à enlever à la protestation toute substance politique. C’est ainsi que d’aucuns parlent déjà d’une révolte de la faim dans cette optique de détournement stratégique. Or, il est clair que la révolte patente ou refoulée qui sommeille au cœur de la société algérienne ne constitue rien de moins qu’un rejet sans appel du système politique en place et un appel pressant pour un changement radical.

Comment peut-il en être autrement, en effet, alors qu’au moment où le pays croule sous les richesses, des jeunes désoeuvrés n’ont que le choix entre deux malheureux statuts : celui de hitiste camé ou de harraga fugitif. Quand la corruption accouplée à la violence sert de levier de gouvernance, quand députés, sénateurs et autres opposants de caviar s’enrichissent en jouant à l’opéra démocratique, quand des dignitaires du régime disposent de l’État comme d’un bien vacant, quand plusieurs centaines de millions de dinars ont été employés dans la réalisation des toilettes de Sonatrach, et ce, tandis que le petit peuple crève la dalle, que reste-t-il encore à espérer ?! Non ! Le peuple ne s’insurge pas parce qu’il a faim, mais plutôt parce qu’il en a marre ! Marre de toutes les turpitudes du pouvoir, de ses avatars et ses faire-valoir. Marre de ce système érigé à l’ombre de la maffia, pourvoyeur d’inégalités, d’injustice et de misère infinie !

Tout en dénonçant la répression subie par les manifestants, le Mouvement citoyen appelle à la libération des citoyens arrêtés et déclare son soutien à tous les protestataires qui revendiquent leurs droits sociaux et le respect des droits de l’homme en Algérie sous un régime réellement démocratique. Par ailleurs, le mouvement citoyen des Aarchs lance un appel à la jeunesse algérienne à l’auto-organisation pour offrir une alternative citoyenne à la hauteur des aspirations populaires.

Aussi, le Mouvement citoyen, fidèle à ses idéaux, interpelle les représentants de ce qui fait office d’État à la mise en œuvre effective et correcte de la plate-forme d’El-Kseur avec à la clé l’instauration d’une République démocratique et sociale.

Le Mouvement citoyen enfin tient encore une fois à mettre en garde la communauté internationale, en particulier les gouvernements ayant des rapports d’association avec le régime, sur sa responsabilité engagée quant aux dérives régressives et dangereuses que subit le pays, livré dans son ensemble à la rapine et la corruption. Les contrecoups avant-coureurs de cette gestion mafieuse du pays avec prise en otage de tout un peuple s’en ressentent déjà en Europe qui, en premier lieu, fait face à des flux migratoires massifs et incessants susceptibles de générer davantage de dégâts que les intérêts éphémères du moment ne peuvent couvrir ni justifier. Il est clair par ailleurs que tôt ou tard toute accointance complice devra se payer lorsque arrivera inexorablement l’heure des bilans. Rendez-vous est pris.

ULAC SMAH ULAC LE COMBAT CONTINUE TOUTES ET TOUS ENSEMBLE JUSQU’A L’ABOUTISSEMENT DE NOS REVENDICATIONS.

Tizi-Ouzou, le 07/01/2011

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DECLARATION du RAJ Rassemblement – Action - Jeunesse Mouvement de jeunesse d’Algérie

A force de mépriser le peuple, à force de fermetures des canaux d’expressions pacifiques, à force de politiques antisociale, le gouvernement récolte la tempête populaire. Nul d’entre nous ne peux être surpris de cette vague de protestations ni malheureusement des méthodes utilisées.
A force de vouloir serrer la ceinture de la population jusqu’à l’étouffement, à force d’interdire toutes actions et modes d’organisations pacifiques de la société, le pouvoir en place a pris le risque de mener le pays au chaos.
Oui, nous avons constaté des violences dans ce mouvement naissant mené essentiellement par des jeunes. Oui, des saccages et autres pillages se sont produits dans différentes villes du pays. Non, nous ne pouvons consentir à ce genre de modes d’expressions, mais cela n’est que la conséquence logique de la fermeture des voix d’expressions et d’organisations pacifiques dans la société depuis tant d’années. L’état d’urgence en place depuis 1992, les interdictions de toutes manifestations dans la capitale depuis 2001, la répression qui s’abat sur tous mouvements citoyens et d’organisations politiques ou syndicales qui essayent depuis tant d’années d’exprimer pacifiquement et de manière organiser les doléances de la population, tout cela ne pouvait que mener à l’expression violente de ceux et celles qui veulent que stop le mépris et le déni de justice.
L’augmentation des prix de certains produits de premières nécessités n’est que l’élément déclencheur de cette vague de protestation généraliser, elle n’en est pas la seule cause, loin de là. Baisser les prix de ces produits ne changera pas grand-chose à la rage exprimée par la population d’en finir avec ce régime qui méprise son peuple et qui le saigne depuis tant d’années.
Le RAJ condamne la violente répression avec laquelle le pouvoir répond aux manifestants.
Le RAJ s’incline à la mémoire des personnes tuées ces dernières heures.
Le RAJ, conscient de sa mission de rassembler la jeunesse Algérienne, de la sensibiliser et de l’organiser, continuera, plus que jamais son labeur malgré les restrictions que dressent le pouvoir en face de nous et de toutes les autres forces pacifiques et crédibles.
Nous en appelons aux jeunes, dans les lycées et universités du pays à s’organiser, à trouver et à utiliser les moyens d’expressions pacifiques pour que les revendications de Dignités se fassent entendre.
La rue Algérienne appartient au peuple Algérien. Il revient aux organisations politiques, syndicales et associatives, libres et réellement autonomes de toutes tutelles, qu’elles soient du pouvoir ou autres, à trouver rapidement les voix et moyens pour que cette révolte légitime puisse s’organiser et exprimer ses revendications politiques et sociales, entre autre dans la rue.
Avec nos amis et voisins Tunisiens avec qui nous nous solidarisons pleinement, qui luttent courageusement pour leur Dignité et leur Liberté face à un pouvoir répressif que nous condamnons, nous devons mener et construire ensemble la seule alternative viable, celle de la voix Démocratique, seule voix de salut pour nos peuples qui aspirent légitiment à un avenir juste et stable.
 
Alger le 09/01/2011
P/ RAJ
Le Président
A.Fersaoui

http://rajalgerie.unblog.fr/intervi...

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10 Messages

  • Bof les communiqués en meme temps vu les organisations le RAJ par exemple est une organisations de jeunesse qui possede l’agrement du ministere de l’interieur autant dire qu’elle est d’une maniere ou d’une autre infiltré et sous controle.

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  • Une journée de grève a été observée dans des campus

    Les étudiants à la rencontre des syndicats autonomes

    12/01/2011

    Lors d’une réunion tenue hier à Alger, l’idée d’une pétition nationale a été proposée pour revendiquer l’ouverture du champ d’expression politique et plaider la cause de la jeunesse lors d’une réunion tenue hier à Alger.

    L’appel à l’arrêt des cours lancé par l’association estudiantine Nedjma a été “partiellement” suivi hier à l’université des sciences sociales et humaines de Bouzaréah

    Selon ses initiateurs, cette journée de protestation des étudiants visait à soutenir “le mouvement de révolte populaire” et créer une jonction entre les étudiants universitaires, les syndicats, les travailleurs et les jeunes des quartiers populaires. “Les jeunes des quartiers populaires ont manifesté leur mécontentement et leur désarroi sans se doter ni de cadre ni d’organisation et cela peut se répercuter négativement sur le devenir de leur contestation et accélérer son essoufflement. C’est pour cela qu’il est nécessaire de canaliser le mouvement de révolte et de le doter d’un cadre structuré”, ont déclaré des membres de l’association Nedjma.

    Ils expliquent que la grève a été également observée dans d’autres universités hors de la capitale, notamment à Tizi Ouzou, Batna, Boumerdès et Béjaïa. Selon nos interlocuteurs, à la faculté des sciences humaines d’Aboudaou (Béjaïa), les étudiants ont été empêchés de tenir un rassemblement par un dispositif policier installé devant les cités universitaires. Les membres de l’association estiment que les questions soulevées par les jeunes révoltés sont “réalistes” et leurs revendications concordent avec celles exprimées par les étudiants et les travailleurs algériens. “L’effondrement du pouvoir d’achat, la cherté de la vie, le chômage et la précarité de l’emploi, la flambée des prix de l’immobilier sont autant de problèmes auxquels les Algériens sont confrontés au quotidien. Cela pourrait produire une jonction entre les luttes des travailleurs, le mouvement estudiantin, et les révoltes des masses populaires”, lit-on dans un communiqué publié à l’occasion de cette journée de protestation. L’association dénonce, par ailleurs, le verrouillage de toute expression syndicale et politique, la répression des mouvements de protestation ne laissant aux jeunes, selon eux, aucune autre voie d’expression que la révolte.

    À l’issue d’une réunion tenue hier en fin de journée, à Alger-Centre, avec des représentants de syndicats autonomes, ceux des cheminots, des dockers ainsi que des travailleurs non affiliés à des organisations syndicales, il a été décidé d’un commun accord de “réagir ensemble” et d’aller vers une action commune. Pour l’instant, ils proposent de lancer une pétition nationale pour revendiquer l’ouverture du champ d’expression politique et appellent les organisations des droits de l’Homme ainsi que les avocats à défendre les jeunes manifestants interpellés par la police.

    Il est question, également, de se joindre à la démarche de la coordination des sections du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes), le Syndicat national autonome du personnel de l’administration publique (Snapap), le Conseil des lycées d’Algérie (CLA), le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef) et la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) et suggèrent la tenue d’une rencontre nationale pour débattre des actions à mener.

    Liberté le 12-01-2011

    http://www.la-laddh.org/spip.php?article548

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  • ALGERIE - TUNISIE : solidarité !

    13 janvier 2011 01:38

    Collectif de Soutien aux Mouvements Populaires en Algérie

    SOLIDARITE ET SOUTIEN AUX LUTTES EN ALGERIE ET EN TUNISIE

    L’Algérie connaît depuis quelques jours un mouvement de révoltes populaires, qui a déjà fait plusieurs morts, des centaines de blessés et plus de mille arrestations. Parti des quartiers défavorisés, le vent de révolte a gagné les principales villes du pays.

    L’explosion du mécontentement est l’éruption prévisible et attendue d’une contestation sourde, profonde et généralisée. Si l’élément déclencheur en a été la flambée des prix des produits de large consommation, ce mouvement est d’abord l’expression de la colère et du désespoir de la jeunesse confrontée à l’arbitraire, à l’écrasement des libertés et au mépris, à la hogra et à l’absence de perspectives.

    L’oppression, le verrouillage politique, la confiscation des libertés démocratiques et publiques, imposés par la dictature et institutionnalisés par un état d’urgence qui dure depuis 20 ans, ne laissent aucun espace d’expression à la société algérienne. Face à un système liberticide et policier, il n’y a pas d’alternative aux explosions des révoltes populaires.

    Loin d’être un phénomène ponctuel, la résistance s’est imposée comme l’unique moyen de clamer le refus de l’injustice et le déni de droit. Le seul biais pour répondre à l’arbitraire érigé en mode de gouvernement.

    La stratégie de la dictature est claire : criminaliser les mouvements de contestation sociale et politique pour ensuite prétendre jouer le rôle d’ultime rempart contre le désordre provoqué et entretenu par le régime lui-même. Cette stratégie montre ses limites, les gigantesques forces de police mobilisées depuis une semaine n’ont pu empêcher une somme tout aussi gigantesque de destructions. La gestion du pays par la violence et l’écrasement des libertés doit cesser parce qu’elle pave la voie à un embrasement général aux conséquences incalculables.

    Face au silence complice des gouvernements européens, le Collectif de Soutien au Mouvements Populaires, né au sein des organisations de la diaspora, appelle tous les Algériens vivant en France, ainsi que toutes les organisations nationales et internationales, à se mobiliser et à manifester leur solidarité et leur soutien aux revendications légitimes du peuple algérien à vivre dans la paix, la dignité et la liberté.

    Le Collectif de soutien au Mouvement Populaire en Algérie exige :

    • La levée immédiate de l’état d’urgence et l’ouverture du champ médiatique, politique, syndicale et associatif pour permettre à la société de s’exprimer et de se mobiliser pour pouvoir porter pacifiquement ses revendications.
    • La libération de tous les manifestants et l’arrêt de toutes les poursuites judiciaires

    Notre collectif, extrêmement inquiet de la tournure sanglante des événements en Tunisie :

    • Appelle tous les Algériens de France et d’ailleurs à se mobiliser aux côtés de nos frères tunisiens jusqu’à l’arrêt total de la répression,
    • Exige la libération de tous les détenus et à la satisfaction complète des justes revendications du peuple tunisien.

    Les luttes des peuples algériens et tunisiens sont de même nature et ont le même objectif : imposer le respect du droit et de la démocratie, offrir des perspectives à la jeunesse et mettre fin à des régimes d’oppression.

    Le Collectif de soutien aux mouvements populaires en Algérie est solidaire des luttes du peuple tunisien.

    Les peuples du Maghreb partagent les mêmes aspirations et le même destin !

    Vive la solidarité des peuples du Maghreb !

    . . . . . . . . . . .

    PROGRAMME DES MOBILISATIONS A PARIS

    Le programme des mobilisations coordonné avec le Collectif de Solidarité avec les luttes des Habitants de Sidi-Bouzid- Tunisie est le suivant :

    • Jeudi 13 janvier, à 18 heures, à la Bourse du travail de Paris. Soutien au mouvement de protestation en Tunisie organisé par le Collectif tunisien

    • Vendredi 14 janvier à 17H30 heures – Parvis des Droits de l’Homme- Trocadéro ;
    Rassemblement de soutien au mouvement de protestation en Algérie organisé par l’Union des Etudiants Algériens en France.

    • Samedi 15 janvier . Manifestation Tuniso-Algérienne : République – Nation à 14heures.

    Collectif de Soutien aux Mouvements Populaires

    • CISA - Comité International de Soutien au Syndicalisme Autonome Algérien,
    • CFDA Collectif des Familles des Disparu(e)s en Algérie.
    • CJAF - Collectif des Journalistes Algériens en France.
    • Coordination de l’Appel du 19 Mars,
    • PIR - Parti des Indigènes de la République,
    • UEAF - Union des Etudiants Algériens de France

    http://www.algeria-watch.org/francais.htm

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  • Autre appel pour faire du samedi 15 janvier 2011, une journée internationale de solidarité et de soutien aux luttes des peuples algérien et tunisien

    La FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives) et le CRLDHT (Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie ) appellent toutes les forces démocratiques Françaises, Européennes, Arabes, Maghrébine et dans le monde à faire de ce samedi 15 janvier 2011 une journée internationale de soutien et de solidarité avec les luttes des peuples Algérien et Tunisien.

    Les Algériens et les Tunisiens se soulèvent contre la misère et la corruption pour avoir un emploi et une vie digne et meilleure. Les gouvernements répondent par le mépris la répression et les éternelles promesses rarement suivies d’effets. La répression est féroce et sanglante. En Tunisie la police tire : plus de trente cinq morts, et des dizaines d’arrestations et toujours la même rengaine : le gouvernement parle de terroristes et de complots de l’étranger.

    Les jeunes Algériens et Tunisiens refusent la misère et la corruption ils veulent pouvoir vivre chez eux dignement et librement comme les autres peuples. Vous savez bien que les régimes autoritaires et répressifs plient face à la solidarité internationale, alors manifestons et rassemblons-nous toutes et tous partout.

    Faisons entendre nos voix et brisons le silence complice des gouvernements étrangers

    samedi 15 janvier 2011 à 14h Place de la République à Paris

    http://www.crldht.org/

    http://www.citoyensdesdeuxrives.eu/better/

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    Des rassemblements sont annoncés le même jour à Bruxelles, Montréal, Québec, Ottawa …

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    • 12 février : Marche nationale pour que le « système dégage ! »

      Le 21 janvier était annoncé la création d’une Coordination Nationale pour le Changement et la Démocratie (à l’initiative de syndicats autonomes et de la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme) et d’un appel pour l’organisation d’une marche nationale « pour exiger la levée de l’état d’urgence sévissant depuis dix neuf ans »

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      Pour une Coordination Nationale pour le Changement et la Démocratie : Communiqué

      Suite aux émeutes qui ont secoué l’ensemble de l’Algérie et qui continuent à se manifester à travers d’innombrables foyers de tension,

      Face aux attitudes répressives et méprisantes du régime en place contre la société algérienne,

      Conscients de la gravité de la crise et des dangers qui guettent le pays,

      Nous, organisations des Droits de l’Homme, syndicats autonomes, associations estudiantines et de jeunes, comités de quartiers et collectifs citoyens, association de disparus, associations défense de la femme, figures intellectuelles et partis politiques :

      • Nous inclinons devant la mémoire des victimes et blessés des révoltes populaires et exigeons la libération immédiate et inconditionnelle des personnes arrêtées pour des raisons de manifestations ou de délits d’opinion,
      • Annonçons la création d’une Coordination Nationale de Concertation pour le Changement Démocratique,
      • Décidons de l’organisation d’une Marche Nationale pour exiger la levée de l’état d’urgence sévissant depuis dix neuf ans et qui immobilise le pays et brime toutes les libertés et
      • Exprimons notre totale solidarité avec le peuple Tunisien dans sa lutte contre le totalitarisme et l’instauration d’un Etat démocratique.

      Convaincus de l’urgence d’actions collectives engagées, notre démarche est ouverte à toutes les forces et à tous les acteurs de la société afin d’éviter à l’Algérie le chaos et la basculer sérieusement et définitivement dans une perspective de changement démocratique.

      Alger, le 21/01/2011

      Les signataires :
      • Ali Yahia Yahia Abdenour • Fodil Boumala • LADDH • SNAPAP • Coordination des sections CNES • CLA • SATEF • SOS Disparus • RAJ • Syndicat des Etudiants de l’Université de Tizi Ouzou,UMMTO • Comité de chômeurs du Sud • Collectif Algérie Pacifique • Comité de quartier de Bab El Oued • Association Tharwa-Fatma N’Soumer • Comité de l’Institut des Sciences économiques, UMMTO • Association AFAK • Association estudiantine Nedjma, Université de Bouzaréah • MDS • RCD • PLJ

      = = =

      Au cours d’une seconde réunion (houleuse) élargie à de nouveaux mouvements et associations, la date du 12 février a été retenue.

      12 février : Marche pour le changement et « le départ du système » (« pouvoir, dégage ! »)

      Informations ici :

      http://www.tsa-algerie.com/politique/la-marche-populaire-fixee-pour-le-12-fevrier-a-alger_13981.html

      et là :

      http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/initiatives/coordination_marche.htm

      Manif interdite mais maintenue par les organisateurs

      Le gouvernement, par une déclaration du ministre algérien de l’Intérieur Dahou Ould Kablia, a aussitôt fait savoir qu’il interdisait cette marche du 12 février.
      Les organisateurs ont décidé de maintenir la manifestation, en dépit de cette énième interdiction du pouvoir algérien.

      Dans le contexte actuel, avec l’évolution de la situation en Tunisie et l’insurrection en cours en Égypte (avec des mouvements frémissants ailleurs, en Jordanie, au Yémen, en Syrie, au Maroc…), il est clair que cette initiative, à cette date, et indépendamment même de la composition des forces qui se retrouvent dans cette « Coordination Nationale », ne peut que placer le pouvoir en place à Alger sur la défensive et ouvre un espace de mobilisation inédit en donnant quelques bonnes raisons supplémentaires à une bonne partie de la population (globalement inorganisée, sous-prolétarisée, mais pas dépolitisée ni dupe de la situation sociale/économique) de se servir de ces espaces pour dire "maintenant, ça suffit", « pouvoir, dégage ! »

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      • La situation évolue en Algérie.
        L’onde de choc des révolutions de la Tunisie voisine et de l’Égypte se conjugue à la situation intérieure et est en train de confectionner un cocktail explosif. Alors que la date du 12 février a été fixée (par tout un arc de syndicats, associations, mouvement de chômeurs, groupes politiques…) pour en faire une échéance importante, un jour de mobilisation de masse contre le régime et pour que le « pouvoir dégage », c’est sur le terrain social que se multiplient les signes d’un début d’effervescence.

        De l’immolation à la rébellion

        Alors que les immolations se poursuivent dans le pays (deux nouveaux cas ce dimanche plus le décès d’un suicidé grièvement brûlé, on approche la dizaine), dans certains cas, ces actions désespérées parviennent à provoquer des révoltes collectives, comme c’est le cas en ce moment à la banque BDL (Banque de développement local).

        D’abord un débrayage le jour même…

        « En fait, en guise de soutien à Lakhdari Malki, ils ont observé un arrêt de travail dans la matinée d’hier, mais ils ne comptent pas s’arrêter là. Ils entendent dénoncer leurs conditions de travail, l’absence de dialogue avec la direction générale et le « système injuste » de promotions au sein de la banque. Les employés de la BDL demandent le départ du PDG et du président du syndicat UGTA, accusé de complicité avec la direction. Hier ils ont accrochés aux murs de l’agence bancaire, des pancartes où était inscrit : « PDG, dégage », « Syndicat et Zoubiri, dégage ! »

        http://www.algeriesoir.com/index.php?option=com_content&view=article&id=29250 :&catid=37:economie

        Puis une grève générale le lendemain (lundi)

        http://www.biladi.fr/021168703-greves-en-algerie-la-bdl-paralysee-par-une-greve-generale

        Autres grèves

        La grève se poursuit à Arcelormittal
        (le début du mouvement remonte au moins au mois de juin 2010)

        http://www.elwatan.com/actualite/la-direction-annonce-un-nouveau-plan-d-investissement-26-01-2011-108878_109.php

        Complexe algéro-espagnol Fertial : 300 ouvriers en grève depuis 3 jours

        http://www.elwatan.com/actualite/300-ouvriers-en-greve-depuis-3-jours-01-02-2011-109718_109.php

        Front social en ébullition

        Mouvements annoncés dans la santé, l’éducation nationale, chez les travailleurs communaux…

        http://www.elwatan.com/actualite/debrayage-des-anesthesistes-01-02-2011-109713_109.php

        http://www.elwatan.com/actualite/la-contestation-gagne-les-paramedicaux-01-02-2011-109709_109.php

        Chômeurs en lutte : manif le 6 février

        Les chômeurs de plusieurs willayas du Grand Sud (en lutte depuis des semaines notamment des zones pétrolières) viennent de se regrouper avec d’autres (de l’Est et du Centre) dans un Comité “provisoire” national de défense des droits des chômeurs (CNDDC), le 29 janvier à Alger.

        Ce Comité “provisoire” dénonce dans une déclaration rendue publique ce dimanche 30 janvier, « les pratiques » des entreprises nationales, publiques et privées, et des multinationales qui profitent, sans vergogne, des conditions sociales lamentables des demandeurs d’emploi en les exploitant avec des salaires de misère. Le comité dénonce également les pratiques ségrégationnistes de certaines entreprises qui appliquent des critères autres que ceux de la compétence et de la qualification lors des recrutements. Le comité appelle le gouvernement à revoir sa politique de l’emploi, estimant que celle ci a prouvé son inefficacité par les injustices sociales qu’elle a induites.

        Ils appellent les chômeurs à une manifestation nationale le 6 février en se rassemblant devant le siège du ministère du Travail et de la Sécurité sociale à Alger où ils comptent déposer une plate-forme de revendications.

        http://www.aufaitmaroc.com/actualites/monde/2011/1/31/les-chomeurs-appellent-a-une-journee-de-protestation-le-6-fevrier-a-alger

        Où l’on apprend dans ce même ordre d’idées que les chômeurs de Touggourt (Ouargla) ont tenu hier un rassemblement de protestation devant le bureau local de l’emploi pour dénoncer les agissements du chef du même bureau accusé de clientélisme.

        Hier lundi également, 300 jeunes chômeurs se sont regroupés pour un sit-in devant le siège de la wilaya de Laghouat

        http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=149987&titre=Sit-in%20des%20jeunes%20ch%C3%B4meurs%20devant%20%20le%20si%C3%A8ge%20de%20la%20wilaya

        et à Bouira aussi, ça bouge…

        http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=149989&titre=La%20protestation%20s%E2%80%99accentue%20%C3%A0%20Bouira

        Comme en Tunisie et en Égypte, en Algérie la lutte est à la fois sociale et politique.

        A suivre...

        Le 2 février

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        • [Maghreb] Chronique du ras-le-bol 3 février 2011 21:39

          Maroc

          Entre luttes pour le logement dans les quartiers populaires de Casablanca, mouvements de jeunes chômeurs, et notamment les protestations récurrentes depuis plusieurs années de « diplômés sans emploi », mais pas seulement, et tentatives de mobilisations de solidarité avec les insurrections tunisiennes et égyptiennes, très surveillées par la police, la situation au Maroc pourrait évoluer rapidement, malgré le silence total des médias aux ordres de l’Etat (monarchie et gouvernement).

          Mardi 1er février : Immolation d’un enseignant contractuel au cours d’une manifestation

          Un enseignant contractuel a failli mettre fin à ses jours hier matin (mardi 1er février) devant le ministère de l’Education nationale à Rabat. L’homme, âgé de 27 ans, qui s’est aspergé d’essence avant que son corps ne prenne feu, participait à une manifestation d’enseignants contractuels qui exigent d’être titularisés. Admis à l’hôpital de Rabat, ses jours ne seraient pas en danger.

          Au mois de janvier, deux Marocains ont essayé de se mettre le feu, et un troisième cas a été enregistré dans la ville de Smara, dans le Sahara Occidental occupé. Ce dernier a été enlevé par la police pour éviter la médiatisation de son cas. Il est marié, il a deux enfants et jusqu’à présent sa famille n’a pas de nouvelles de lui.

          Un frémissement ?

          Un appel anonyme à manifester le 20 février

          Un groupe de jeunes marocains a lancé des appels à travers le réseau "Facebook" pour l’organisation de manifestations le 20 février 2011 dans l’ensemble du territoire marocain, réclamant la libre participation politique, l’alternance du pouvoir, les droits de l’homme et l’emploi.

          Le groupe appelé « Démocratie et Liberté maintenant ! » a estimé dans un communiqué, que « cette protestation fait partie de la transformation spontanée à travers le monde, tendant à donner aux gens leur place dans la société et une priorité à la démocratie, la liberté et la consécration de la volonté populaire. »
          Selon la déclaration, les jeunes activistes avancent une liste de revendications comprenant « l’abolition de la constitution actuelle, la dissolution du parlement et du gouvernement, des partis qui ont contribué à la consolidation de la corruption politique et de prendre immédiatement des mesures concrètes pour une transition politique. »

          Les organisateurs dénoncent « les conditions terribles de pauvreté, le chômage et les violations des droits et restrictions à la liberté de la presse » au Maroc.

          Plusieurs infirmations officieuses non confirmées en provenance du Maroc et du Sahara Occidental déclarent que des forces de sécurité déployées dans ce territoire occupé, seraient en train d’être redéployées au Maroc, pour faire face à l’éventualité d’une révolte populaire.

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          Algérie

          5ème jour de grève à la BDL

          Mardi 1er février et les jours suivants, les travailleurs de cette banque ont reconduit leur mouvement et ne semblaient pas prêts de reprendre le travail tant que leurs revendications ne sont pas satisfaites. « Il n’est pas question de reprendre le travail tant que le directeur général et les responsables syndicaux qui sont à sa solde sont en place », a averti Ali Mahouche, lui-même syndicaliste de base, précisait-il pour marquer sa différence avec « les chefs ».

          Cette grève de la BDL, qui compte pas moins de 350 agences à l’échelle nationale, fait suite à une tentative d’immolation par le feu d’un agent de sécurité de 42 ans qui réclamait sa titularisation après plus de 20 ans de CDD.

          Jeudi 3 février, alors que de nouvelles agences entraient dans le mouvement, on apprenait que le P-DG de la banque avait décidé de poursuivre en justice une dizaine d’employés pour “trouble au sein de l’entreprise”. Les 10 employés sont ainsi convoqués pour se présenter le 6 février au tribunal de Chéraga pour comparaître devant la justice.

          Grève des paramédicaux très suivie d’après les syndicats autonomes

          D’après le syndicat algérien des paramédicaux (SAP), au deuxième jour de grève, le mouvement a connu une plus grande mobilisation à travers le territoire national. Au CHU Mustapha-Pacha d’Alger, plus d’une centaine d’infirmiers ont marché pendant une heure pour demander « un statut digne de la profession ». Le syndicat a annoncé le dépôt d’un préavis de grève illimitée à partir du 8 février.

          Tizi-Ouzou : des milliers d’étudiants dans la rue

          Des milliers d’étudiants, rejoints par de simples citoyens, ont manifesté le 1er février 2011 à Tizi-Ouzou, en Kabylie (à 100 km à l’Est de la capitale) à l’appel de la Coordination locale des étudiants (CLE).
          Les marcheurs ont dénoncé la corruption et exigé « les libertés démocratiques et un Etat de droit ». Les étudiants de Tizi-Ouzou, qui étaient en grève générale, revendiquent « l’éradication du phénomène de l’insécurité », « la réouverture de la post-graduation et le maintien du Capa (capacité) » et disent « Non au système LMD » (licence-master-doctorat).

          Constantine : grève dans l’enseignement technique supérieur, marche des étudiants empêchée

          Prévue pour mardi matin, à partir de l’Institut national des techniques de l’alimentation et des techniques agroalimentaires (Inataa), la marche des étudiants a été empêchée au niveau du Polygone par un important dispositif policier.

          Selon le témoignage d’étudiants rencontrés sur place, les unités antiémeute ont eu recours à l’usage de matraques pour disperser la foule, déterminée à avancer jusqu’à l’université centrale. « Il y a eu même des blessés et des cas d’évanouissement parmi les étudiantes », nous dira un manifestant. D’après des sources estudiantines, certains participants à cette marche ont été interpellés par la police avant d’être relâchés.

          Les étudiants n’ont pas baissé les bras pour autant ; ils ont organisé un autre sit-in à la faculté centrale. Ils affirment qu’ils poursuivront leur grève jusqu’à satisfaction de leurs revendications. La non reconnaissance des diplômes par la fonction publique et les difficultés rencontrées par les ingénieurs pour accéder aux concours organisés par les différents établissements sont les principales causes ayant conduit à cette mobilisation.
          (source : El Watan)

          Contre l’état d’urgence

          La fin de l’état d’urgence, en vigueur depuis le 9 février 1992, est une des principales exigences de la marche interdite prévue le 12 février prochain.

          Alors que la veille, le vice premier ministre a exclu toute abrogation de l’état d’urgence en rappelant l’interdiction de la marche du 12 février, mercredi 2 février, 21 députés proches du pouvoir, dont certains membres du FLN, ont déposé un projet de loi en faveur de la levée de cet état d’exception en vigueur depuis 19 ans. Première fissures au sein du bloc au pouvoir ou simple tactique de partage des rôles ?

          Aujourd’hui jeudi 3 février, le chef de l’État, Bouteflika, a annoncé la levée « dans un très proche avenir » de l’état d’urgence et un meilleur accès aux médias pour les partis d’opposition. Mais il a maintenu l’interdiction de la marche du 12 février : autrement dit, il s’agit de maintenir l’état d’urgence dans les faits. Cette levée toute symbolique devrait se faire en même temps qu’un changement de gouvernement, d’après certaines sources. Changements cosmétiques bien évidemment mais qui doivent néanmoins être vus comme la conséquence d’un climat d’effervescence né de la montée des protestations internes et des modifications rapides des coordonnées du contexte « arabe » en général. Le pouvoir n’est pas encore sur la défensive, mais des petits signes indiquent qu’il doit au moins faire mine de bouger. Cela ne fera pas illusion et donc suffira pas.

          A suivre…

          Le 3 février

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          • Une manifestation contre l’octroi de services publics (eau et électricité) à une société française (Veolia), et contre des augmentations de tarifs qui s’en sont suivies, a été bloquée par les flics qui ont matraqués les manifestants.
            Résultat : un commissariat et plusieurs sociétés françaises attaqués.

            samedi 19 février 2011 16h46

            RABAT, 19 février (Reuters) - Des manifestants se sont attaqués vendredi soir à Tanger à un commissariat de police et à des locaux liés à des entreprises françaises dans le cadre d’un litige concernant la gestion de sociétés locales de services à l’environnement, ont rapporté samedi des organisateurs et des habitants.
            Ces troubles dans la cité portuaire située à la pointe nord-ouest du Maroc ont éclaté à moins de 48 heures d’un mouvement de protestation à l’échelon national visant à précipiter des réformes politiques. Mais rien ne prouve pour le moment que les deux faits soient directement liés.

            La police antiémeute est intervenue pour disperser la manifestation, au départ un sit-in organisé devant l’hôtel de ville qui s’est transformé en marche rassemblant des centaines de protestataires, a précisé la branche marocaine de l’ONG Attac sur son site internet.

            Le sit-in avait été organisé par Attac Maroc pour obtenir l’annulation d’un contrat de services attribué par la municipalité à une filiale de la société française Veolia. Les Marocains se plaignent souvent des tarifs pratiqués par les entreprises de services étrangères sous contrat dans leurs villes.
            Les responsables gouvernementaux n’ont pas commenté l’information jusqu’ici.

            S’exprimant sous couvert de l’anonymat, des Tangérois ont confirmé qu’une manifestation de protestation
            contre les tarifs de la filiale de Veolia s’était transformée en marche. Les forces de l’ordre ont empêché les marcheurs de gagner le centre-ville.

            Un habitant a rapporté que les policiers avaient fait usage de matraques pour disperser les protestataires. Le site Tanjanews.com a mis en ligne des photos de fenêtres brisées d’un commissariat de police et de succursales de filiales de Veolia et de la banque française Société générale SOCGn.PA, dont une agence a, par la suite, été incendiée.

            Un groupe de jeunes Marocains qui se fait appeler "Mouvement du 20 février pour le changement" a lancé un mot d’ordre de manifestations de protestation à travers le royaume pour (demain) dimanche. Leur objectif : obtenir des réformes constitutionnelles susceptibles de rogner les prérogatives du roi Mohamed VI et d’accroître l’indépendance du système judiciaire.

            Ce mouvement, qui a rallié le soutien de plus de 17.000 sympathisants sur Facebook, veut aussi obliger le monarque à renvoyer son gouvernement et à dissoudre le Parlement. L’opposition islamiste et l’extrême gauche ont fait savoir qu’elles se joindraient aux cortèges.

            Des contre-défilés sont également prévus le même jour par des partisans du roi pour manifester leur soutien à la dynastie qui gouverne le Maroc depuis près de 350 ans.
            (Souhaïl Karam ; Jean-Loup Fiévet pour le service français)

            D’après l’agence espagnole EFE, il y a eu aussi des affrontements dans la ville de Asilah (50 km de Tanger) contre le maire de la commune et à El Ayoun (Sahara occidental occupé) entre jeunes Sahraouis et forces de l’ordre.

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            • D’importantes manifestations ont eu lieu dimanche 20 février dans une vingtaine de villes au Maroc. Plusieurs dizaines de milliers de personnes - portant souvent des drapeaux tunisiens et égyptiens en signe de solidarité avec ces deux peuples qui viennent de renverser leurs tyrans - ont réclamé la fin de la monarchie absolue, de la corruption et de l’arbitraire ainsi que la dissolution du Parlement et une nouvelle Constitution.
              En récupérant les informations de toutes les manifestations qui se sont déroulées dans plusieurs dizaines d’endroits, depuis le Rif au nord jusqu’aux villes occupées du Sahara occidental (où là ce sont des jeunes colons qui ont manifesté), on peut affirmer que le chiffre de 100 000 personnes a été largement dépassé. Appel initialement lancé par des jeunes sur Internet, puis relayés par toute une série d’associations et d’organisations (chômeurs diplômés, droits de l’homme, mouvement amazigh, partis de gauche comme Voie Démocratrique, quelques secteurs du syndicalisme, etc.

              Dans plusieurs villes, notamment à Rabat et Casablanca, ces manifestations réclamant des réformes et plus de démocratie se sont déroulées de façon pacifique mais à Tanger, Larache, Tétouan, Al-Hoceima (Rif), Séfrou (centre), Marrakech, Guelmin (sud), des violences se sont produites après l’intervention de forces de sécurité qui ont fort violemment réprimé les protestataires.

              A Al-Hoceima (300 000 habitants), plus de la moitié des 20 000 manifestants sont venus des petites villes de la région (Boukidan, Bni Bouayach, Imzouren, Tamassint…). Des bâtiments officiels (du ministère de l’Intérieur, de la mairie, un commissariat) et un hôtel de luxe ont été incendiés ainsi que les sièges de sociétés multinationales, des agences bancaires, des partis politique du système (de l’Istiqal du Premier ministre et du PAM du maire de la ville) et de nombreux véhicules.

              A Marrakech, c’est le McDonald’s, des banques et des commerces de groupes étrangers qui ont été attaqués.

              A Larache, les protestataires ont brûlé une caserne de la gendarmerie et l’édifice de la douane maritime où des marchandises saisies qui y étaient entreposées ont été “récupérées”.

              A Al-Hoceima, la capitale du Rif, région traditionnellement rebelle à l’égard du Maghzen (pouvoir central), les affrontements ont été particulièrement violents. Les corps calcinés de cinq personnes y ont été découverts dans une agence bancaire saccagée.

              Dans l’ensemble du pays, une quarantaine d’immeubles ont incendiés et une centaine de commerces et de banques détruits et pillés. On compte plusieurs centaines de blessés. Et autant de personnes arrêtées.

              Le lundi, ça continue

              Le lundi 21 février, dans les villes d’Al-Hoceima, Aït Bouayach et Imzouren (toutes les trois situées dans la région du Rif) les protestations ont repris dès le matin et les affrontements avec les forces de l’ordre étaient particulièrement violents. Dans certains quartiers de Sefrou, les affrontements ont également repris. Des policiers en civil (masqués) auraient formé des commandos de 5 à 7 personnes ayant pour mission de faire régner la terreur et d’agresser des militants connus. Ainsi, Ezeddine Manjli, secrétaire de la section d’ Annahj Addimocrati (Voie Démocratique) à Sefrou, a été violemment frappé (5 blessures + caillot de sang dans le cerveau), fracture du bras... Un autre militant, Abdelmouna, a été grièvement blessé le 21 février : double fracture du fémur, plusieurs côtes cassées, blessures à la tête... Il a été transporté au CHU de la ville de Fès. A Tanger, cinq militants d’Attac qui avaient participé à la manifestation du 20 février ont "disparu"...

              A Rabat, au moins 5 personnes ont du être hospitalisées – parmi elles la présidente de l’Association Morocaine des Droits Humains (AMDH), Khadija Riyadi – après que les policiers aient dispersé par la force un sit-in de quelques dizaines de personnes.

              Selon le président de l’association culturelle berbère Bouya, Najim Hidouch, les affrontements ont éclatés quand des habitants de la petite ville de Bni Bouayach se dirigeaient vers Imzouren pour se joindre à une autre manifestation. Selon ce témoin, c’est à ce moment là, pour empêcher que diverses manifestations se rejoignent, que les forces de sécurité sont intervenues et ont provoqué des affrontements entre plusieurs centaines d’habitants et les policiers. Au moins 3 véhicules de police ont été incendiés. Dans la ville d’Oujda, des étudiants se sont rassemblés devant l’université pour protester contre la répression policière.

              Jamais, depuis l’accession de Mohammed VI au trône, en 1999, le Maroc n’a connu d’aussi importantes manifestations de colère, ni de troubles aussi violents.

              Le 21 février

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              • Le Maroc, c’est un peu l’"autre Tunisie" des hommes politiques, des rédacteurs en chefs, des grandes et petites fortunes et autres gens zimportants en France.

                Qui dans ce petit monde n’y a pas une résidence, un petit riad à Marrakech ou à Fès, un petit pied à terre à Essaouira...?

                Qui n’y fait pas ses petites (ou grosses) affaires grâce aux "facilités" offertes par le régime ?

                Donc, on nous parle d’"exception marocaine", que c’est pas pareil, ou plutôt, dans les faits, on ne parle de rien.

                Rien sur le Sahara occidental, les exactions de l’armée marocaine (et certains colons) contre la population, rien sur les prisonniers sahraouis en grève de la faim depuis le 20 février.

                Rien sur la succession des manifestations dans les villes du Maroc, sur le déploiement des forces de répression et du quasi état de siège instauré dans le Rif...

                et pourtant :

                http://juralibertaire.over-blog.com/article-la-lutte-et-la-repression-continuent-au-maroc-68512284.html

                D’accord, c’est pas la guerre comme en Libye, mais quand même.

                Les mouvements importants sont toujours tous très petits au départ.

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