jeudi 2 octobre 2025
Lundi 29 Septembre 2025 à 16 h 19 ·
Le Maroc explose : « Nous ne voulons pas de Coupe du monde, nous voulons des hôpitaux »
« Depuis le week-end dernier, le Maroc connaît les plus grandes protestations de ces dernières années.
Des milliers de jeunes, regroupés sous le nom de « Génération Z 212 », ont envahi les rues d’au moins onze villes en scandant « Nous voulons des hôpitaux, pas des stades ! » et « Nous ne voulons pas de Coupe du monde ; nous voulons la santé ».
Convoqués via Discord, TikTok et Facebook, les manifestants ont transformé leur colère en un défi ouvert à la monarchie alaouite, mettant à nu les fissures d’un régime incapable de répondre aux besoins les plus élémentaires de sa population...
Le mouvement n’a ni leaders visibles ni sigles politiques, mais un message clair : la jeunesse marocaine exige une éducation et une santé dignes, des emplois mieux rémunérés et une vie moins marquée par la corruption et les inégalités...
L’étincelle de cette révolte a été la tragédie de l’hôpital Hassan II d’Agadir, où huit femmes enceintes sont mortes en dix jours après avoir subi des césariennes.
Le centre, surnommé « l’hôpital de la mort », fonctionne avec 4,4 médecins pour 10.000 habitants, bien en deçà de la moyenne nationale (7,7) déjà insuffisante et loin des 25 recommandés par l’OMS.
Selon Jeune Afrique, les blocs opératoires étaient « infestés de cafards » et souffraient d’un approvisionnement chronique.
Le Monde rapporte des témoignages encore plus accablants : des patients traités « comme du bétail », contraints d’apporter leurs propres fournitures faute de matériel médical …
Les protestations de la « Génération Z 212 » démontrent que le mécontentement au Maroc n’est pas passager : il est structurel.
Près de la moitié de la population a moins de 30 ans, le chômage des jeunes atteint 33 %, et 55 % d’entre eux rêvent d’émigrer.
Des chiffres qui font du pays une véritable cocotte-minute.
En 2011, le Mouvement du 20 février avait ébranlé le trône de Mohammed VI ; en 2016 et 2017, c’était le Rif qui se soulevait contre la discrimination. Aujourd’hui, c’est la jeunesse numérique qui porte une révolte dont le message dépasse ses slogans et reflète une certitude partagée :
« Le régime marocain n’est pas viable.
Le soulèvement populaire est inévitable ».
SOURCE :sur le site "n’oublie pas le sahara occidental" (en castillan)
De Rabat à Agadir : La Génération Z défie le régime d’occupation du Sahara occidental
1er octobre 2025
De Rabat à Agadir : La Génération Z défie le régime d’occupation du Sahara occidental Le Maroc connaît depuis fin septembre une vague de protestations, menée par des jeunes de la « Génération Z », organisés sur les réseaux sociaux sous le nom de GenZ 212.
Le point d’orgue a été la mort de huit femmes dans un hôpital public d’Agadir, mais le mécontentement est bien plus profond : manque de soins de santé et d’éducation décents, chômage des jeunes en plein essor, corruption structurelle et un régime qui dépense des milliards pour les stades de la Coupe du monde 2030 tout en négligeant les services de base.
La réponse de Mohammed VI a été la même : répression, arrestations et censure.
Les manifestations, qui ont déjà touché plus d’une douzaine de villes – Rabat, Casablanca, Marrakech, Fès, Agadir, Témara, Inzegane, Tiznit et Oujda – constituent les plus importantes mobilisations sociales au Maroc depuis le mouvement du Rif de 2016-2017.
Des milliers de jeunes se sont organisés de manière décentralisée, sans parti politique ni syndicat, pour réclamer les besoins les plus élémentaires : des hôpitaux dotés de ressources, des écoles qui préparent l’avenir, un travail décent et la justice sociale.
Le slogan le plus souvent répété résume tout : « Il y a des stades, mais où sont les hôpitaux ? »
L’indignation n’est pas nouvelle, mais la mort des huit femmes enceintes d’Agadir a marqué un tournant.
Le Maroc ne compte que 7,4 médecins pour 10 000 habitants – bien en deçà des recommandations de l’OMS – et le chômage des jeunes atteint 36,7 %, atteignant 48,4 % en milieu urbain.
Plus de 70 % de ceux qui trouvent un emploi n’ont pas de contrat régulier et sont pris au piège de conditions précaires.
Pendant ce temps, le régime se vante de ses mégaprojets et se vante d’être co-organisateur de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. La réponse de l’État a été la répression.
Les réseaux sociaux ont multiplié l’impact des manifestations : vidéos de voitures incendiées, jeunes battus, arrestations de rue et témoignages montrant un régime qui répond aux revendications sociales fondamentales par des coups de matraque et l’emprisonnement.
Cependant, les manifestations ont trouvé un soutien inattendu parmi les artistes, les rappeurs, les footballeurs et même les supporters, qui menacent de boycotter le pays.
Tout cela indique que le mécontentement est généralisé et transversal, et que la peur commence à s’estomper. Mais il existe une vérité dérangeante qu’il ne faut pas oublier.
La répression qui choque aujourd’hui de nombreux Marocains est la même que celle que le peuple sahraoui subit depuis près d’un demi-siècle sous l’occupation du Sahara occidental.
Là, la violence est encore plus systématique : disparitions forcées, torture, procès-spectacles, prisons remplies de prisonniers politiques et un mur militaire de 2 700 kilomètres qui divise des familles entières. Ce que les jeunes de Casablanca ou de Rabat voient aujourd’hui, les Sahraouis le subissent depuis 1975.
Par ailleurs, les troubles sociaux sont liés à la politique étrangère du régime.
En 2020, Mohammed VI a convenu avec Donald Trump de normaliser les relations avec Israël en échange de la reconnaissance par les États-Unis de leur prétendue souveraineté sur le Sahara occidental.
Il s’agit d’une double trahison : celle du peuple sahraoui et celle du peuple marocain lui-même, historiquement favorable à la Palestine. Ce n’est pas un hasard si ces manifestations ont mis en lumière non seulement les inégalités internes, mais aussi le rejet des priorités étatiques dictées par la corruption et la soumission aux intérêts extérieurs.
Les rues de Rabat et d’Agadir, d’Inzegane et de Casablanca, révèlent aujourd’hui ce que le régime a tenté de dissimuler pendant des décennies : le Maroc n’est pas l’« allié stable » qu’il vend à Bruxelles et Washington, mais un État dont la stabilité repose sur la répression, la censure et l’abandon social.
Et ici, le lien est inévitable : dénoncer la répression au Maroc est nécessaire ; la relier à l’occupation du Sahara occidental est essentiel pour comprendre la véritable nature d’un régime qui réprime à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières pour perpétuer son pouvoir.
SOURCE : sur le site "n’oublie pas le Sahara Occidental" (en castillan)
à 05’ 15" du Journal de 18 h 00 de France-Culture du Mercredi 1° Octobre 2025, "révolte de la jeunesse marocaine", dont le correspondant à Oujda (frontière algéro-marocaine) prétend qu’elle serait "une demande d’État"...
ECOUTER : sur le site de france culture
Voir en ligne : N’oublie pas le Sahara Occidental