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Ierissos : descente de police, arrestation de deux villageois, poste de police saccagé...
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Mercredi 10 avril. Ce matin, à 3h15 de la nuit, des unités de la police ont fait irruption dans le village de Ierissos. Les policiers, parmi lesquels des membres des forces spéciales de la police anti-terroriste, accompagnés d’un procureur, se sont dirigés vers les domiciles de deux habitants, ont pénétré à l’intérieur après avoir brisé les portes, se sont emparé des deux villageois et les ont emmenés. Les arrestations se sont faites assez violemment, devant les enfants. Un policier a même dit à un enfant de 13 ans : « Regarde-le bien maintenant, parce que tu seras adulte avant le revoir ».
Poste de police saccagé
Aussitôt, les habitants du village sont sortis dans la rue et se sont immédiatement rassemblés. Puis, vers 4 heures du matin, ils se sont dirigés vers le poste de police du bourg, vide à ce moment-là. Ils ont forcé les portes, saccagé le local, vidé tout ce qui se trouvait à l’intérieur (mobilier, ordinateurs…) et y ont mis le feu. Seul a été sauvé des flammes, un pistolet mitrailleur trouvé en évidence dans le poste de police.
Alors que la police s’éloignait avec les arrêtés, les habitants ont dressé des barricades de pneus à la sortie du village. A la mi-journée, toutes les entrées du village sont fermées.
Pour les habitants en colère, et les avocats, rien ne justifiait ces arrestations en plein milieu de la nuit et la destruction des portes des habitations.
« Village gaulois »
La police a fait savoir qu’ils avaient été arrêtés pour être présenté devant le procureur dans le cadre de la procédure accusatoire sur l’attaque incendiaire contre les installations du chantier de la mine de la société Eldorado Gold, dans la forêt de Skouries. D’après l’AFP, le ministre de l’"Ordre public et de la Protection du Citoyen" (Intérieur), Nikos Dentias a expliqué sur Skaï que l’heure de l’arrestation avait été choisie pour éviter des troubles dans le village, où de violents affrontements avaient opposé en mars police et habitants lors d’une précédente intervention policière.
Il a déclaré sur une autre radio que « si nous avions mis à exécution le mandat d’arrêt plus tard, ça aurait été un massacre », en critiquant les habitants de Ierissos : « Nous sommes confrontés à l’opposition d’une partie de la communauté locale qui veut imposer sa propre loi et fonctionner comme un village gaulois, ce n’est pas possible ».
Façon de reconnaitre, que si les habitants sont des « Gaulois », alors les forces de police sont les légions de Jules César, des forces d’occupation… Ces déclarations ont provoqué de nombreuses réactions, notamment sur Internet, avec des dessins représentant le village comme dans la fameuse bande dessinée.
Il a souligné que les deux suspects étaient poursuivis pour de « lourds crimes », dont la « constitution d’une organisation criminelle, tentative d’homicide et usage d’explosifs ».
L’un des avocats des personnes poursuivies a démenti ces allégations en disant que les personnes étaient disponibles à toute convocation et qu’ils n’ont rien reçu.
Les écoles de Ierissos sont restées fermées pour la journée. A partir de 9h, un rassemblement était organisé devant le tribunal de Polygyros dont dépend la zone de Ierissos (canton d’Aristote). La mère de l’un des deux arrêtés a déclaré : « La guerre civile commence en Chalcidique ». Moment de tension quand un habitant du village a reconnu parmi un des policiers anti-émeutes qui, lors d’une précédente manifestation contre le projet de mine, l’avait agressé, frappé et piétiné.
Le Commandement général de la police grecque a fait savoir que, suite aux dégâts occasionnés par les villageois au poste de police de la localité, le département de la police de Ierissos était suspendu et rattaché à celui de Polygyros (à 38 km).
Dans la journée, les manifestants apprenaient que les deux arrêtés avaient été emmenés à au tribunal de Thessalonique (100 kilomètres à l’ouest). Une manifestation est immédiatement appelée dans la grande ville du nord de la Grèce.
La manifestation est arrivée devant le tribunal vers 14h où le rassemblement s’est poursuivi jusqu’en fin d’après-midi. Les deux arrêtés, âgés de 44 et 33 ans, ont été placé en détention jusqu’à dimanche 14 avril, date où ils seront confrontés au procureur.
A la suite des arrestations de ce matin, le président du conseil local de la ville de Ierissos a annoncé sa démission.
Témoignage d’une habitante de Ierissos
source : ici
Conflit direct avec la compagnie minière.
Un pêcheur, habitant Ierissos, a été frappé par des camionneurs alors qu’il se trouvait dans la localité de Megali Panagia pour vendre son poisson. Il a été emmené à un centre de soins d’urgence. En sortant du centre de santé, il est allé porter plainte pour agression. Il semblerait que celui qui l’a agressé soit un membre de la famille d’un ouvrier de Hellas Gold. Les ouvriers de la société minière se sont rassemblés devant le commissariat de Arnea, petite ville située à 30 km de Ierissos, très certainement à l’appel de la direction. Ils agiraient pour « protéger » le commissariat... ou peut-être plutôt pour faire retirer la plainte ?
Deux salariés de la Hellas Gold ont annoncé qu’ils donnaient leur démission pour protester contre la politique de l’entreprise et les affrontements permanents provoqués par la police.
Lundi dernier, des affrontements avaient opposés des habitants et des travailleurs de la Hellas Gold, la police est intervenue pour protéger les ouvriers et disperser les habitants.