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Contre l’instrumentalisation de l’antisémitisme, pour le combat contre toutes les formes de racisme

mercredi 20 février 2019, par OCL Paris


Nous soussignés associations, partis, syndicats, indépendants, sommes toutes et tous activement impliqués dans la lutte contre le racisme sous toutes ses formes.

Malgré l’ampleur du dispositif de répression policière et judiciaire déployé contre les Gilets jaunes par l’État, le mouvement continue de bénéficier d’un fort soutien populaire. Il n’est pas homogène et révèle une effervescence sociale. Face à un gouvernement déterminé à ne pas répondre aux attentes sociales, il reflète la société française et ses contradictions et a largement évolué dans ce qu’il porte depuis le mois de novembre.

La séquence que nous vivons est par conséquent confuse. Si des éléments d’extrême-droite sont encore présents, le mouvement montre bien qu’ils sont loin d’être hégémoniques et capables d’en prendre le contrôle, en l’état actuel. Politiquement, mais aussi physiquement, les groupes d’extrême-droite sont mis à l’écart, comme cela a pu être constaté à Lyon, Paris, Toulouse ou encore Bordeaux. Plus le mouvement perdure, plus l’espace auquel l’extrême-droite pouvait prétendre durant les premières semaines semble se rétrécir. Parallèlement, les contacts et convergences avec des syndicats, des collectifs antiracistes, de sans-papiers, de soutien aux migrants et se renforcent.

Les tags antisémites du week-end du 9 Février comme la dégradation du lieu de mémoire d’Ilan Halimi s’inscrivent dans le contexte de cette période de brouillage politique et informatif. Une période qui favorise la résurgence d’un racisme identitaire rappelant celui de l’entre-deux guerres. Ces actes antisémites portent bien la signature idéologique de l’extrême-droite nostalgique du nazisme (croix gammés, croix celtiques, « juden » etc.). Ils témoignent de la progression de la dialectique d’extrême droite à l’échelle nationale et planétaire dans un contexte d’aggravement des inégalités sociales. Or le gouvernement et ses alliés ont choisi d’instrumentaliser ces actes contre les Gilets jaunes, dénonçant leur supposée violence, antiparlementarisme etantisémitisme.

Pourtant, c’est bien ce gouvernement qui, récemment, entreprenait de réhabiliter le Maréchal Pétain, chef du régime collaborationniste de Vichy. C’est bien cette même classe politique qui trouvait si peu à redire des hommages rendus à Maurras ou à Céline, écrivains violemment antisémites. L’antisémitisme est une affaire bien trop grave pour la laisser à celles et ceux qui, jour après jour, s’emploient à stigmatiser et à réprimer les minorités. Le sommet du cynisme est atteint lorsque, déjà, nous pouvons percevoir le glissement dangereux consistant à attribuer la montée de l’antisémitisme au « communautarisme musulman », comme n’a pas manqué de s’y adonner un Eric Ciotti hélas pas isolé. Le racisme structurel n’est ni le fait des Gilets jaunes, ni le fait des minorités. Il est celui de l’État qui organise une société inégalitaire et violente.

Nous condamnons fermement les actes antisémites. La lutte contre l’antisémitisme fait partie à part entière de notre combat antiraciste.

Nous n’acceptons pas la manipulation dégradante de la lutte antiraciste par tous ceux qui, le plus souvent, ont favorisé le racisme. Nous luttons contre le racisme sous toutes ses formes, nous n’oublions pas non plus tous les actes racistes et toutes les violences policières visant les musulmans, les arabes, les noirs, les rroms, les asiatiques, les personnes LGBT. Ce que disent les chiffres depuis des années tient en une phrase : le racisme avance en France et en Europe. Nous ne manifesterons pas ni ne participerons à la grand-messe organisée par les forces et partis politiques, ceux qui se disent progressistes avec ceux qui s’inscrivent contre le mouvement social, et qui affirment ensemble : « le racisme, ce n’est pas la France. » Cet antiracisme moral, vidé de sens social et politique, est celui des pompiers pyromanes. L’antiracisme politique et décolonial que nous revendiquons reconnaît la responsabilité politique du gouvernement français et des forces politiques alliées qui défileront avec lui. Manifester contre le racisme avec ceux qui, LREM en tête, en sont responsables et l’instrumentalisent relève pour nous de la contradiction et de la faute politique. Nous affirmons que cela ne peut être que contre-productif.

Nous ne nous laisserons pas prendre en otage entre les instrumentalisations du gouvernement ou celles des officines et ambassades poursuivant un agenda n’ayant rien à voir avec le combat contre le racisme et l’antisémitisme. Notre refus de la haine antisémite comme de toutes les haines raciales nous l’exprimerons sur un terrain dégagé de tout ce qui produit et entretient ces haines. Le mouvement anti-raciste ne servira pas de caution pour salir les Gilets jaunes. La période est dangereuse nous en sommes conscients, et une sortie de crise qui se contenterait de rétablir l’ordre, serait porteuse de conversion à la haine raciale et au fascisme. Les mobilisations exigent des réponses sociales et démocratiques. La responsabilité gouvernementale est totalement engagée.

Nous appelons à manifester contre les actes racistes et leur instrumentalisation

P.-S.

Il n’y a pas les signataires parce que les choses se sont faites rapidement et nous n’avons pas la liste exacte.

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2 Messages

  • Relayer cet appel est d’une connerie politique sans nom et c’est pas votre première.
    On connait très bien la liste des signataires, elle est partout sur le net. Vous ne trouvez rien de mieux à l’OCL Paris de relayer un rassemblement contre l’antisémitisme (ou contre un autre rassemblement contre l’antisémitisme ? on ne sait plus très bien...) avec entre autre le PIR et compagnie ? C’est du délire.

    Comme si l’antisémitisme, le confusionnisme, ne venait que de l’extrême droite...
    Suffit de voir la gueule du rassemblement. Vous en pensez quoi des drapeaux palestiniens que des abrutis ramènent nécessairement à un rassemblement comme celui-là (et vous pouvez pas dire que c’est l’extrême droite là) ?

    Arrêtez d’être la caution libertaire de gens qui s’autoproclament réprésentants des quartiers populaires. Ils trouveront déjà suffisamment de gens pour le faire...

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    • Au moment où nous avons reçu cet appel, la liste des signataires
      n’était pas encore connue, et ce n’est pas le PIR qui nous l’a
      envoyé, mais bien des collectifs de lutte.

      Quand nous signons un appel, nous ne commençons pas par regarder
      la liste des signataires, nous commençons par regarder le fonds.
      Et il n’y a dans ce commentaire aucune critique sur le fonds de
      l’appel (que le camarade ne s’est d’ailleurs peut-être pas donné
      la peine de lire ?). Quelles que soient nos divergences avec le
      PIR, nous n’allons pas refuser de relayer des initiatives
      intéressantes sous le prétexte que ce sont des maniaques de la
      signature sur un certain type de thème dans leur volonté
      d’apparaître comme autre chose qu’un cercle de petites
      personnalités en soif de reconnaissance.

      Quant aux drapeaux palestiniens, quoi de plus normal que de les
      sortir dans un rassemblement qui dénonce l’amalgame fait par le
      pouvoir entre anti-sionisme et anti-sémitisme ? A moins que le
      camarade lui aussi pense que l’anti-sionisme est une forme
      d’anti-sémitisme ?

      repondre message


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