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Courant Alternatif n° 255, de décembre 2015, est sorti

Sommaire et édito

dimanche 6 décembre 2015, par ocl-lyon


Sommaire

ÉDITO PAGE 3

ÉTAT D’URGENCE

PAGE 4-5 Etat sécuritaire renforcé

PAGE 6 Premières applications de l’état d’urgence

MOYEN ORIENT

PAGE 7 Quelques éléments sur l’histoire du Moyen Orient

PAGE 9 L’état turc fait la guerre aux kurdes en toute impunité

PAGE 11 La Réaction turque contre l’émancipation kurde

MILITARISME

PAGE 13 Des budgets militaires en baisse, mais des ventes d’armes en
forte hausse

BIG BROTHER PAGE 16

LUTTES SOCIALES

PAGE 18 A propos de la marche pour la dignité

PAGE 20 Luttes des migrants à Paris

PAGE 22 Réforme du droit d’asile : débuts chaotiques

PAGE 24 Notre dame des landes, une lutte en état d’urgence ?

TOUCHONS LE FOND

PAGE 25 Pour un changement social porteur d’émancipation

INTERNATIONAL

PAGE 28 1915-2015, centenaire d’une occupation toujours présente en
Haîti

PAGE 30 Les entrailles d’une lutte, contre la maxi prison de Bruxelles

L’ÉCONOMIE EN BRÈVES PAGE 32

Édito

Les attentats aveugles du 13 novembre nous ont tou-te-s sonné-e-s par leur ampleur, la détermination des terroristes, ils nous ont rappelé à la manière d une immense gifle meurtrière que la France, au travers de la politique du gouvernement, était en guerre. Et la guerre que la France fait et exporte nous revient parfois comme un boomerang, elle peut tuer des proches, des ami-e-s , des citoyen-ne-s lambda qui n’ont rien demandé à personne, qui ne faisaient que vivre tout simplement. Ils nous rappellent concrètement que ce monde capitaliste qui perpétue les crimes les plus odieux aux quatre coins de la planète au travers de ses guerres, de l’exploitation éhontée des êtres humains, de la destruction méthodique de la planète, engendre parfois des réponses monstrueuses qui ont par exemple pour nom daesh. Même si ce groupe a sa dynamique propre, le terreau qui lui a permis de prospérer, c est bien les guerres et les destructions dont les gouvernements sont responsables, états américain, russe, Union Européenne et particulièrement la France, Arabie Saoudite, Qatar, Turquie, etc..., qui ont créé les conditions qui ont donné naissance à daesh, qui ont permis son développement. Ce sont les mêmes qui aujourd’hui veulent former une coalition guerrière ...

Non aux bombardements

Face à la menace de Daesh, la réponse semble être de former une coalition pour mener la guerre en faisant tomber des pluies de bombes sur les villes occupées par daesh.

La destruction de l’état irakien à partir de 2003 sous la conduite des Etats-Unis, jouant comme au bon vieux temps des colonies sur la division des communautés, en l’occurrence en favorisant les chiites contre les sunnites, l’intervention guerrière de la France en Libye qui a pulvérisé cet état, et laissé le pays aux mains des saigneurs de la guerre, sont pourtant des éléments majeurs dans la montée et la consolidation de ceux-celles que l’on qualifie de barbares par paresse intellectuelle et surtout pour ne pas remettre en cause les politiques menées jusqu’à aujourd’hui. Les bombardements perpétuent ces politiques, ils n ont d autres but que de sauvegarder les intérêts géopolitiques et économiques des uns et des autres dans cette région du monde où coule ce sang du capitalisme que sont toujours les hydrocarbures.
La réponse à l extérieur des frontières, c’est la réponse guerrière des bombardements, qui peuvent en plus de leur relative inefficacité sur le plan militaire avoir pour conséquences d’être un argument de recrutement pour ce groupe à la fois millénariste et complotiste, fonctionnant comme une société secrete multinationale, « rejoignez-nous, les temps sont venus pour le combat ultime contre la coalition des mécréants et des croisés  ».

Etat d’urgence, État policier

A l’intérieur de l’état français , au nom de la sécurité, un pallier supplémentaire avait été franchi après les attentats de Charlie Hebdo et de l’hyper casher. Les mesures attentatoires aux libertés, surveillance de masse et xième loi anti-terroriste ayant prouvé leur inefficacité pour arrêter et détecter les terroristes de daesh, c’est cette fois l’état d’urgence qui est proclamé le soir même des attentats, pouvant aller jusqu’à fin fevier 2016. Dans la foulée, peut-être plus inquiétant encore, c’est l’annonce d’un projet de modification de la constitution donnant à l’état d exception un caractère permanent. On glisse là vers un état policier qui ne dit pas son nom. Les mesures d exception commençaient déjà ces dernières années à se multiplier, interdiction des manifestations en solidarité avec la Palestine lors des massacres à Gaza perpetués par l’armée israélienne, interdiction de manifestations lors de l’assassinat de Remi Fraisse, loi de surveillance de toute la population au printemps...
Le pouvoir s’est saisi immédiatement de l’aubaine pour interdire des manifestations dérangeantes pour lui, comme celles en solidarité avec les migrants ou encore pour saper la contestation qui s’organisait contre ou autour de la COP 21. Bien entendu, dans le même temps, la sacro-sainte liberté du commerce était respectée comme par exemple l’ouverture normale du marché de Noël sur les Champs Elysée ou les Galeries Lafayette. C’est évident, il n’y a pas de foule aux Champs Elysée et les terroristes respectent Noël..

Vive la révolution, vive le communisme

Mais peut-on s attaquer aux conséquences meurtrières d’un groupe comme daesh sans s’attaquer aux causes qui ont permis à ce groupe de se développer  ? Ce monde de pillage, de rapine, de destruction des écosystèmes, ce monde d’exploitation de l’homme par l’homme, de domination patriarcale, n’a prétendument comme seul adversaire que des groupes réactionnaires, des fascistes et/ou religieux.
La nature a horreur du vide dit-on, l’échec des expériences dites communistes avec leur lots de crime, de régimes autoritaires, a éloigné les prolétaires de cette alternative aux régimes capitalistes. Dans le précédent numéro de courant alternatif, notre édito avait pour titre « vive le communisme, libertaire s’entend  ». Cela na rien à voir avec un titre incantatoire, c est aujourd’hui une nécessité vitale que de retravailler cette idée, de mener des combats en son nom, de retrouver le chemin de la lutte des classes, qui passe par de multiples luttes, comme celles de faire gagner des grèves, de s’opposer à la répression des travailleur-se-s actifs-ves dans leur boite, de faire converger les luttes sur le logements, des sans papiers, des migrants, des réfugiés, pour reprendre confiance en nous, sachant que le nous ce sont les hommes et les femmes qui subissent le joug de l’exploitation et les diverses dominations.
Pour qu’on désigne enfin notre véritable ennemi qui est la classe bourgeoise de tous les pays, et tous leurs avatars monstrueux comme daesh, qui n’est qu’un produit de ce monde de merde.
Retrouvons le chemin de la lutte, les zapatistes et les révolutionnaires du Rojava l’empruntent déjà.

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