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BB 179, avril 2008

samedi 19 avril 2008, par OCL St Nazaire

Campagne contre la biométrie - EPM - Licenciement d’un éducateur qui refuse le fichage - Vidéosurveillance et police municipale - Résistance aux bases de données en Allemagne - Lutte contre base élèves à grenoble


Campagne contre la biométrie

 La biométrie consiste à utiliser la mesure de parties du corps (iris de l’œil, empreintes digitales, contour de la main, du visage…) ou de comportements (démarche, manière de signer…) pour reconnaître une personne ! Ces parties du corps, uniques pour chaque individu, sont numérisées puis enregistrées dans des bases de données et réactivées à chaque fois qu’il faut s’identifier. Depuis la fin des années 90, sous pression de lobbies industriels et étatiques, les outils de reconnaissance biométrique, souvent des bornes, se généralisent et remplacent les clés, les cartes ou tout simplement la reconnaissance en face-à-face.
Les dispositifs biométriques ont d’abord été installés dans des zones dites « sensibles » (prisons, aéroports…). Depuis quelques années, dirigeants et industriels ne reculent devant rien pour en généraliser l’usage à toutes sortes d’activités quotidiennes. En 2004, le groupement des industriels de microélectronique (Gixel) publiait un Livre Bleu de préconisations au gouvernement, lui conseillant de conditionner les plus jeunes pour faire accepter la biométrie à une population récalcitrante. Ils y prescrivaient une « éducation dès l’école maternelle », c’est-à-dire l’implantation massive de bornes biométriques dans les établissements scolaires. Dès 2005, cette propagande s’est rapidement matérialisée sous forme de systèmes d’accès des élèves à la cantine et aux entrées. On compterait aujourd’hui 350 établissements scolaires biométriques officiellement déclarés à la CNIL (combien de non déclarés ???), qui, rappelons-le, participe à la banalisation de la biométrie , contre seulement une vingtaine en 2005.
Pourtant, depuis 2005, une résistance se structure. Fin 2005, une troupe de clowns apparaît dans la cantine du lycée de Gif-Sur-Yvette et sabote les bornes biométriques pendant le repas de midi. Depuis, diverses mobilisations de lycéens et d’enseignants ont réussi à faire reculer l’installation de la biométrie dans leur établissement scolaire.
C’est ainsi que divers collectifs en France se sont alliés pour lancer une campagne nationale du 12 mars au 12 avril « contre la biométrie à l’école comme ailleurs ». Cette campagne est proposée par le réseau « Biométrie hors de nos vies » qui se veut sans représentant ni porte-parole. Pour tout contact et informations : panoptique chez boum.org, site : http://panoptique.boum.org . Vous pouvez trouver sur ce site : tracts, affiches, brochures et documents à photocopier sur ce sujet. Ce réseau existe aussi pour relayer toute information concernant les résistances, les actions, les luttes, etc.

Nouveau site Internet

Le site émancipation 44 propose différentes infos sur éducation et répression contrôle social (Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs, Biométrie, Base élèves).
http://pays-de-la-loire.emancipation.fr

Licenciement d’un éducateur de prévention

Eric Carton, éducateur de Prévention Spécialisée à l’Action Sociale Préventive de l’Association Départementale de Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence des Alpes Maritimes (06) vient d’être licencié pour faute grave. Il a alerté son employeur puis refusé de saisir des données nominatives concernant les jeunes et leurs familles sur un logiciel d’exploitation (EVA 4) , ces données pouvant être transmises par l’encadrement hiérarchique aux circonscriptions d’action médico-sociale du Conseil Général et éventuellement aux mairies. Ce refus est, pour cet éducateur, une question d’éthique et de protection de la vie privée des jeunes et de leurs familles. Rappelons que l’action éducative de prévention spécialisée s’appuie sur les principes d’anonymat, de libre adhésion et s’exerce sans mandat nominatif (administratif ou judiciaire). La démarche éducative de prévention spécialisée est également basée sur une relation de confiance et le respect du secret professionnel et de la confidentialité des situations.
Vous pouvez envoyer des E.Mails de protestation sur : emploi chez adseao6.org

Vidéosurveillance et police municipale.

D’après le n°8 de la revue « Claris » (Clarifier le débat public sur la sécurité », contact : contact chez groupeclaris.org) :

  • Le nombre de policiers municipaux a été multiplié par 3 en 20 ans (plus de 17 000 actuellement). Les communes consacrent entre 2% et 6% de leur budget aux dépenses de sécurité. 65% des communes de gauche (avant les dernières élections) de plus de 10 000 habitants ont une police municipale contre 85% pour les communes de droite. Avec les résultats des dernières élections, il est fort probable que cette différence s’amenuise car on imagine mal que des nouvelles municipalités de gauche licencient…
  • En 1999, 60 communes étaient dotées de dispositifs de vidéosurveillance, elles sont aujourd’hui plus de 600 à filmer la voie publique. En outre les régions et les départements soutiennent financièrement des projets d’équipement, notamment dans les transports et les établissements scolaires.
  • 400 000 systèmes de vidéosurveillance sont installés aujourd’hui en France, ce qui représente entre 2 et 3 millions de caméras ! Ces chiffres regroupent les systèmes qui nécessitent une autorisation de la préfecture (dispositifs installés sur la voie publique et dans les lieux privés ouverts au public : commerces, stades, gymnases, …) et les équipements installés dans les entreprises, établissements scolaires, lieux d’habitation individuelle ou collective…
  • Le chiffre d’affaires de la vidéosurveillance est passé de 224,4 millions d’euros en 1993 à 490,3 millions en 2003.

Résistance en Allemagne

30 000 allemands ont déposé le 31 décembre 2007 un recours, devant la cour constitutionnelle de Karlsruhe, contre une législation concernant le stockage de données personnelles. Ce texte voté le 9 novembre 2007 par le Bundestag prévoit le stockage des numéros de téléphone, adresses Internet, date et heure des échanges téléphoniques ou électroniques (et non pas l’enregistrement du contenu des conversations téléphoniques ou des courriers électroniques). Ces informations pourront être mises à disposition de la police, des tribunaux et des services de renseignements. A noter qu’en novembre, juste avant l’adoption de la législation par le Bundestag, plusieurs milliers de personnes avaient manifesté dans plus de 40 villes. A suivre…

Lutte contre « Base Elève » à Grenoble

Rappelons que Base élèves 1er degré est un système de gestion informatique de données concernant tous les enfants en âge d’être scolarisé dans une école maternelle ou élémentaire. Pour le ministère de l’Education
Nationale, il s’agirait de simplifier les tâches administratives… Or, cette base de données comporte 59 champs d’informations sur les enfants dont certaines relèvent du secret médical et dont la plupart devraient être confidentielles. Jusqu’à présent ces informations restaient dans les écoles, elles seront maintenant communicables à l’administration centrale, aux maires, à la CAF, à la police et à la justice… pendant au moins 15 ans.
A Grenoble, un collectif pour le retrait de base élève se mobilise à chaque fois que l’Inspection académique veut organiser une formation pour les directeurs et directrices des écoles. Ces formations sont ainsi bloquées par une vingtaine de personnes (dont une majorité de parents d’élèves). Certaines ont dû être annulées, d’autres ont lieu sous la protection des CRS !
Contact : Collectif Isérois pour le Retrait de Base Elève, baseeleves chez gmail.com

Les big Brother Awards

Pour la huitième année consécutive, les candidatures aux désormais traditionnels prix Orwell remis aux plus honorables promoteurs de la société de surveillance (ministres, élus locaux, hauts fonctionnaires, lobbies, grands patrons ou petits chefs d’entreprise…) ont été nombreuses !
Conformément à la tradition de Privacy International, qui chapeaute la quinzaine de BBA décernés dans le monde entier, c’est un jury de personnes qualifiées qui a départagé les candidats le 21 mars. Nous reviendrons sur les exactions des nominés le mois prochain !

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