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Italie / No TAV

Le procès des 53 à Turin

déclaration des inculpés

mercredi 6 mars 2013, par admi2


Suite aux vagues d’arrestations ayant eu lieu l’année dernière et ces derniers mois dans le Val Susa, 2013 s’annonçait hélas comme une année à procès pour le mouvement No-TAV. Plus de 80 personnes sont aujourd’hui privées de liberté, que ce soit en liberté surveillée, sous assignation à résidence ou en incarcération, et accusées de lourdes charges. Un procès-fleuve pour tous les prévenus a commencé début janvier.

Le premier février, le procureur, afin d’éloigner les inculpés de la solidarité qu’ils pouvaient trouver dans la vallée de Susa, a décidé de transférer le procès à Turin, dans la salle dite du « bunker  ». Cette salle, située dans la prison de la Valette à Turin, a d’abord été ouverte pour juger les formations armées (Brigades Rouges, Prima Linea, …), puis a été utilisée pour les grands procès contre la mafia dans les années 90. Restée longtemps inutilisée, elle fut ré-ouverte pour des procès liés à la résistance No-TAV en 2005.

Comme le disait une déclaration publique des inculpés au premier jour du procès  : « La décision de faire déplacer le procès dans cette salle-bunker est dans la droite ligne de la dernière vague de répression, soutenue et légitimée par une campagne médiatique qui vise à diaboliser le mouvement NO TAV, en essayant de l’affaiblir et de l’isoler des luttes qui traversent le pays. »

Pour que l’information circule, nous avons décidé de reproduire ici un compte-rendu, traduit très rapidement, effectué par les inculpés suite à la journée du 14 février.

D’autres infos peuvent être trouvées sur le blog du Laboratoire anarchiste [*] :

*******

Rapport de la 5ème audience du « procès » des 53 NO-TAV
Turin, salle du bunker, prison « La Valette », 14 février 2013

Comme nous l’avions décidé, une petite délégation « d’inculpé(e)s » est entrée aujourd’hui dans la salle d’audience. Dès l’entrée, quelques nouveautés sont clairement introduites en réponse à l’action collective de l’audience précédente. Les inculpé(e)s entrent avant, et après le « public ». Une fois à l’intérieur, on ne devait pas immédiatement s’asseoir sur les bancs, parce que « le président a donné l’ordre de n’entrer que lorsque l’on est appelé ». Dans la salle d’audience sont disposés une trentaine de carabiniers. Ils veulent nous faire entrer un(e) à la fois, cependant nous réussissons à entrer tous et toutes ensemble quand il a eu fini l’appel (une opération qui a duré plus d’une demi-heure). Avant le début de la séance, un cameraman de la télévision a demandé à la cour de recommencer l’appel des inculpés, et le président a donné son accord.
Cependant, compte tenu de notre refus, c’était non. Il y avait une très forte présence des avocats d’un côté et de l’autre, peut-être parce que le point de jurisprudence en jeu aujourd’hui était la « constitution des parties civiles ». Contre nous se constituent, en plus des 180 flics, les entreprises de la dévastation (en premier lieu RTF), tous les syndicats et organismes possibles similaires à la police, des carabiniers, douaniers, jusqu’à la représentation de la présidence du Conseil en même temps que celui des ministères de la défense, de l’intérieur, et de l’économie et des finances. Tous ces divers corps exigent une montagne d’argent (deux millions d’euros). Comme le dit un avocat, le procès est susceptible de laisser de côté le caractère « criminel » pour n’assumer que le côté « civil ». Lorsque cette opération, très chaotique et approximative, paraît terminée, le tribunal pour finir concède deux heures pour consulter les constitutions de parties civiles et ensuite aller plus loin. Mais c’est hors de question.

Les avocats de la défense ont fait noter que la constitution des parties civiles comportait des déficiences, dans presque tout les cas il n’est pas spécifié qui se constitue et contre qui  ; les papiers remis sont des photocopies très volumineuse, en somme pour les visionner il faut des jours, des semaines et non quelques heures. Cette demande est rejointe par les procureurs, de sorte que finalement le tribunal décide de mettre fin à la page « parties civiles » dans la constitution de la prochaine audience prévue pour le 8 mars à 9h30, toujours dans le « bunker ».
Comme cela semble confirmer ce lieu pour le procès, certains avocats demandent au tribunal de mettre explicitement le retour du procès dans le centre-ville de Turin. Le Président dit « ce n’est pas possible », car la Cour d’appel (de Turin) a ordonné, dit-il, que les grandes salles (1 et 2) de la Cour d’Appel doivent rester à la disposition du « procès Eternit » jusqu’à début juillet. Les avocats demandent alors une suspension de la procédure jusqu’à juillet, et la réponse du président est de rigueur « ce n’est pas possible ». Alors que le « public » applaudit à l’intervention des avocats, le juge dit avec colère  : « le public ne peut pas applaudir ». Le tribunal confirme la poursuite du procès dans le « bunker » avec le calendrier des audiences juste retouché, c’est comme cela  :

  • en Mars, les jours d’audience sont les 8 et 14  ;

  • en Avril il n’y a pas d’audience  ;

  • en Mai, les 10 et 31  ;

  • les 7, 14 et 21 Juin  ;

  • les 5, 12 et 19 Juillet.


Nous avons ensuite atteint les tables de presse et le rassemblement No TAV à Piazza Castello. Enfin, nous avons réussi à nous réunir à une douzaine d’inculpé(e)s. Après discussion, l’engagement a été pris de continuer à suivre le procès de la manière déjà décidée le 1er février (pour le 8 mars, une délégation sera sur place pour qui veut se joindre, le rendez vous est entre 9h et 9h et demi devant le « bunker »). En particulier, pour élaborer une déclaration sur la mise en place de la constitution de partie civile du gouvernement, pour socialiser notre expérience... 
Dans l’après-midi, un groupe de solidarité a été à la prison S. Michèle d’Alexandrie pour exprimer leur solidarité avec un message, pour tous les prisonniers, en particulier les camarades et Sergio Alfredo qui sont en grève de la faim depuis le 29 Janvier contre une décision de refus de parloir pour leurs compagnes.

[*] Laboratoire anarchiste (Valence - 26) : http://lelaboratoire.over-blog.com/


Grande manifestation contre le Tav Lyon - Turin

Samedi 23 Mars - 14h - Piazza d’Armi - Susa

Le mouvement No Tav appelle a une grande manifestation le samedi 23 mars à Susa (14h, piazza d’Armi ) pour réaffirmer son opposition au Tav Lyon - Turin.

Un combat mené depuis 20 ans par la population de Val Susa pour devenir une lutte nationale et internationale contre ce projet inutile,couteux et destructeur de l’environnement. Malgré la répression (procès, emprisonnements...) la désinformation médiatique des grands médias(la Stampa,la Réppublica, etc.) la résistance et la lutte sont toujours a l’ordre du jour, avec de nombreuses manifestations, occupations, rassemblements, réunions, campings et ce malgré la répression opérée par un important dispositif policier permanent sur le site.

Venez nombreux soutenir une population en lutte pour son avenir et dire non a ce funeste Tav Lyon - Turin.

Sara Durà / Résistance

P.S : Hebergement assuré.

** Infos : posta chez notavtorino.org

http://www.notavtorino.org/

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9 Messages

  • Grande manifestation contre le Tav Lyon - Turin
    Samedi 23 Mars à 14h à la Piazza d’Armi à Susa

    Défend ton futur.

    Une fois encore, nous vous invi­tons, toutes et tous à mani­fes­ter contre ce projet scé­lé­rat qui, avec le contexte actuel, l’avan­cée de la crise économique natio­nale et inter­na­tio­nale, devient tou­jours plus inu­tile et insou­te­na­ble, pas uni­que­ment pour notre ter­ri­toire, mais pour le Pays entier.

    Nous vou­lons être clairs sur un point : ce projet, malgré le mar­tel­le­ment publi­ci­taire qui l’entoure, prend tou­jours eau de toute part et s’avère sur­tout être bal­loté entre les mains tem­pé­tueu­ses et plei­nes de fan­tai­sies des fans du TAV dont on connait tou­jours plus pro­fon­dé­ment la dis­po­ni­bi­lité des fonds des­ti­nés à sa réa­li­sa­tion.

    En outre, le gou­ver­ne­ment et les sup­por­ters ne par­lent jamais de la source du finan­ce­ment néces­saire pour la ligne Turin-Lyon, exclu­si­ve­ment publi­que et obte­nue par des sommes sous­trai­tes aux autres sec­teurs pour être dépla­cées sur cette voie morte.

    En effet, l’argent de nos impôts est l’unique source de finan­ce­ment exis­tante et uti­li­sée. Cela appa­rait comme étant encore plus injus­ti­fié car cela inter­vient dans un moment his­to­ri­que et signi­fie le dépla­ce­ment de sommes consi­dé­ra­bles d’argent public consa­cré à la santé, à l’école et aux ser­vi­ces sociaux et ce pour finan­cer ce qui cons­ti­tue désor­mais le nou­veau coffre-fort du sys­tème des partis.

    De part son inu­ti­lité évidente, le Turin Lyon est devenu le sym­bole d’une poli­ti­que qui veut faire taire un mou­ve­ment popu­laire comme le NOTAV, résis­tant depuis plus de vingt ans en trou­vant de plus en plus de sou­tien à l’inté­rieur d’une société dans laquelle, la tor­peur quo­ti­dienne a été réveillée et qui vit en subis­sant tou­jours plus les sacri­fi­ces d’une poli­ti­que d’aus­té­rité à sens unique.

    Contre nous il y n’a pas de cou­leur poli­ti­que, il y a des chœurs de cor­beaux qui croas­sent pour nous battre et nous faire taire, effrayés par la graine de la Vallée qui Résiste et se pro­page sur les autres ter­ri­toi­res et dans les autres com­mu­nau­tés. L’État se cons­ti­tue, de fait, partie civile contre nous, sans honte, en nous accu­sant et en nous empri­son­nant, avec le seul but de nous plier et de nous sous­traire à ce consen­te­ment que nous enten­dons pour­tant de plus en plus gran­dir autour de notre lutte. Dans des salles bunker, les juges nous deman­dent des dom­ma­ges incal­cu­la­bles qui sont autant de mesu­res aptes à limi­ter notre liberté de mou­ve­ment et qui sont le corol­laire d’une mili­ta­ri­sa­tion insup­por­ta­ble du ter­ri­toire, alliée de l’l’art du men­songe quo­ti­dien.

    C’est contre l’escro­que­rie du siècle, que nous appe­lons à la mobi­li­sa­tion, invi­tant tous ceux qui ont à cœur leur propre futur et celui de leurs enfants à par­ti­ci­per le 23 mars, à la mani­fes­ta­tion popu­laire qui par­tira de Susa et qui arri­vera a Bussoleno.

    Le mou­ve­ment No Tav.

    Sara Durà / Résistance

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    • Pour un été No TAV ! 23 juillet 2013 12:03

      Comme tous les ans, l’été est un moment privilégié de la lutte contre le TAV (Lyon-Turin), avec camping (du 12 au 31 juillet), débats, rencontres entre luttes d’Italie ("de la vallée à la métropole") et d’ailleurs (NDDL, mines d’or en Grèce...) et manifestations contre le chantier et les entreprises engagées dans ce saccage.

      Après l’incendie d’un bulldozer dans la nuit du 14 au 15 juillet, les initiatives No Tav et de la répression se sont enchaînées...

      pour un été No TAV !

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      • Foire à l’autogestion 25 juillet 2013 13:06

        Bonjour,
        Serait-il possible de connaitre les raisons pour lesquelles l’OCL n’a pas participé à la foire à l’autogestion

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        • Foire à l’autogestion 27 juillet 2013 20:50

          Salut
          Pour répondre à ta question de maniere formelle disons dans un premier temps qu’a ma connaissance nous n’y avons été convié en tant qu’organisation, cecei en raison du fait que notre position sur l’autogestion et autres alternatives est plus que critique.
          Je t’invite à ce sujet à lire l’intitulé du débat que nous proposons sur ce thème aux rencontres d’Eychenat
          http://oclibertaire.free.fr/spip.ph...
          (c’est le débat du Lundi 29 juillet) il devrait te renseigner sur notre manière appréhender la problématique de l’autogestion. Enfin le 8 juin était le jour de la manifestation pour Clément auxquels les militants parisiens (mais) pas que ont préféré participer.
          A charge d’une réponse plus argumentée.

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          • Foire à l’autogestion 28 juillet 2013 14:09

            Bonjour,

            Je suis aussi à l’OCL... Je peux essayer de donner un point de vue rapide, avec sa subjectivité.

            Je crois que le problème d’une non-participation "formelle" de l’OCL, c’est non seulement que nous n’avons pas été invités, mais peut-être aussi que nous sommes trop critiques avec la manière dont beaucoup d’"autogestionnaires" (et parmi eux de nombreux anarchistes) s’emparent de ce terme pour en faire un objet propagandiste, en faisant croire que l’autogestion est une alternative, la solution pour en finir avec le capitalisme.

            C’est quand même un peu simpliste et chargé de bien des illusions ou ambigüités. Toute démarche d’auto-organisation est intéressante, tout processus d’autonomisation collective va dans le "bon sens", cela va sans dire. Mais, cette autogestion, surtout quand elle est présentée comme des réalisations entreprises par entreprises, est totalement compatible avec l’économie dominante : la marché , la concurrence, voire les logiques de la sous-traitance...
            Il existe dans des tas de pays comme la France, des secteurs coopératifs plus ou moins important où les travailleurs possèdent les moyens de production, où ont tous formellement le même pouvoir... et alors ? Cela ne change pas grand chose.
            J’ai moi-même travaillé dans une coopérative, je peux en témoigner. Il n’y a pas de hiérarchie formelle mais une hiérarchie et un pouvoir exercé par les anciens, il se recréé une hiérarchie avec des stagiaires, des salariés pas (encore) coopérateurs, avec des intérimaires... il y a un pouvoir de fait entre les mains des gérants, de ceux qui suivent la gestion au jour le jour, les contacts réguliers avec les clients, les fournisseurs, le banquier, le comptable... Il y a l’environnement capitaliste, les exigences de rentabilité, le chiffre d’affaire à réaliser coûte que coûte, la concurrence avec d’autres boîtes (et donc d’autres travailleurs) qui pèsent de la même manière... Dans le meilleur des cas, c’est simplement plus "cool" que chez un taulier ordinaire. Inversement, quand il y a une crise sérieuses dans une coopérative, cela peut aller beaucoup plus loin dans les affrontements et déchirements internes.

            "Auto" oui, "gestion" moins.

            En même temps, autogérer un projet politique, des manières de s’organiser pour résister au capital, se battre pour que les luttes soient prises en charge à égalité par les participants et protagonistes, pour que les décisions et les tâches soient assumées collectivement, qu’il y ait même une remise en question des spécialisations (ce qui ne se fait pas dans les coopératives) c’est clair qu’on se reconnait là-dedans.

            Bref, l’autogestion est trop pleine de contradictions pour qu’on s’y reconnaisse de manière acritique.
            Surtout quand, en ces période de crise, une partie du patronat, les gouvernement de gauche (et aussi de droite) voient avec bienveillance le développement de ce secteur, appelé aussi "économie sociale", comme roue de secours à un système défaillant (la production capitaliste classique), capable d’occuper des gens dans l’activité salariée dans des secteurs moins rentables, et qui donc acceptent plus facilement les sacrifices, les baisses de salaires, les heures sup’ pas payées...

            C’est justement de toutes ces contradictions que les camarades voulaient aborder lors d’un des débats des rencontres en Ariège de cet été . J’ai retrouvé le petit texte d’intro :

            Autogestion, coopératives... des alternatives au capitalisme ?

            Lundi 29 juillet

            La crise du projet révolutionnaire et les incertitudes de la période tendent à réactiver quelques « vieilles lunes » : autogestion, sociétés coopératives, économie alternative, etc. Avec le « commerce équitable » et les placements financiers « éthiques », ces idées semblent dessiner les contours d’un imaginaire alternatif à celui du capitalisme « ultra-libéral ». Entre bouée de sauvetage pour secteurs d’activité en déclin, auto-exploitation assumée et néo-entreprenariat d’un capitalisme moins libéral et plus social, tout un champ des possibles semble s’ouvrir pour ceux et celles que semble contenter une critique partielle ou simplement morale de la domination capitaliste…
            Et pourtant ces pratiques et propositions nous interrogent. Parce qu’elles s’inscrivent parfois dans des luttes collectives de salariés et qu’elles se présentent comme des réponses à des urgences sociales dans le cadre d’une économie de la survie mais où sont conservés des liens collectifs, des formes d’association et d’entraide. Parce qu’elles sont défendues par certains groupes politiques comme le « déjà-là » d’une alternative au capitalisme. Parce qu’elles sont promues par une fraction de la représentation politique du capital pour palier la défaillance des politiques sociales dans le « post-keynésianisme » (redistribution, insertion…) et maintenir sur pied une économie (du travail, des salaires, des marchandises…) dans les segments les moins profitables dans la chaîne ou les sphères de la valorisation capitaliste.

            Maintenant, sur la ruine du capitalisme, la disparition du tissus productif et des emplois formels (comme ça a été le cas dans une partie de l’Argentine des années 2000) et des moyens basiques (salaires, allocations...) permettant de vivre, la question de s’organiser collectivement pour résoudre des questions de besoins, des nécessités économiques de base, de maintenir ou de créer des formes de relations sociales les plus égalitaires possible, en marge des logiques de marché, alors oui, des démarches de type autogestionnaire, si elles prennent en compte le caractère global d’une situation, peuvent être des réponses, en tout cas préférables que les "débrouilles" individuelles, ou les business mafieux qui réintroduisent de nouvelles féodalités, des allégeances à de nouveaux capi, à de nouveaux seigneurs de la guerre, du narcotrafic, etc...

            Je ne sais pas si ça répond à toutes les questions. En tous cas, ça en pose...
            Comme bien d’autres choses, comme la lutte "antifasciste" ou contre le racisme ne se traduit pas nécessairement en faisant des "fronts" spécifiques sur des bases politiques que l’on combat par ailleurs, de même que les résistances dans les boîtes ne se résument pas à "faire du syndicalisme" et à faire exister des boutiques et des "structures", de même que les luttes anticoloniales ou de libération nationale ne sont ni à accepter béatement (parce que les gens auraient par définition raison de se révolter), ni à rejeter dogmatiquement (parce qu’ils pensent mal, parce qu’ils n’ont pas la conscience révolutionnaire qui convient)...

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            • Foire à l’autogestion 29 juillet 2013 21:21

              L’OCL n’a pas participé à la foire à l’autogestion parce qu’elle n’a pas été invitée ?
              Cela signifie-t-il que quelqu’unE détenait ce pouvoir ?
              Comment le choix des participants s’est-il construit et qui pouvait décider de la participation ou pas ?
              Est-ce qu’au moins l’OCL a fait savoir sa volonté de porter un regard critique afin de faire évoluer la réflexion ?

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              • Foire à l’autogestion 31 juillet 2013 09:52

                Salut,

                Brièvement.
                Il y a plusieurs questions.
                Une : qui détenait le pouvoir de nous inviter ? On ne peut pas répondre autre chose que : ce sont les initiateurs, les organisateurs.
                Deuxio : pourquoi l’OCL est malgré tout restée en marge de l’évènement ?
                Ce n’est un secret pour personne que l’OCL est un groupe assez restreint, avec donc des capacités en proportion. Les gens qui la composent sont déjà très occupés dans des tas d’activités, d’interventions et de pratiques diverses… On n’arrive déjà pas à participer comme on le souhaiterait à des initiatives dans lesquelles on se retrouve, on passe à côté de pleins de choses qui nous intéressent dans la situation actuelle. Alors, de fait, aller là où on se reconnait moins, pour finalement porter surtout la contradiction, c’est plus difficile et l’envie est donc sans doute moindre. A notre grand regret.

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      • Communiqué NO TAV Chambery 27 juillet 2013 16:43

        Communiqué NO TAV Chambéry : la matraque et le chéquier.

        vendredi 26 juillet 2013

        Ce vendredi 19 juillet 2013 avait lieu une marche nocturne en direction du chantier militarisé du TAV en Val de Suse, qui a regroupé quelques 500 personnes. Encore une fois, habitants et personnes solidaires étaient venus affirmer l’opposition au Lyon-Turin et défendre la vallée, en face de ce fortin occupé en permanence par les carabiniers et les militaires chargés d’assurer l’avancée du creusement de la première descenderie côté italien (184 mètres en vingt ans ...).

        Ce soir là, les forces policières ont fait 9 arrestations et au moins 63 blessés graves chez les manifestants, outre les blessés légers et les innombrables intoxications aux gaz lacrymogènes. À peine la marche avait-elle commencé que la préfecture publiait des communiqués délirants sur l’épouvantail des "black blocs infiltrés dans les rangs des Valsusains", afin de justifier un déchaînement de violence policière bien préparée : charges sur des sentiers étroits en pleine nuit de manière à prendre en étau les NO TAV, tirs de lacrymogènes à hauteur de visage, matraquages copieux, y compris sur des personnes âgées. Lorsque des groupes plus jeunes tentent de s’interposer, plusieurs sont arrêtés. Pour ceux qui réussissent à échapper aux policiers, commence une longue traque à travers les bois et un retour périlleux jusqu’au village voisin de Giaglione.

        Neuf personnes sont arrêtées dans la confusion, et traînées à l’intérieur du chantier où sont déjà présents les deux procureurs Padalino et Rinaudo, chargés de la répression du mouvement NO TAV. La présence policière à l’intérieur est massive, et ils vont se défouler sur les arrêtés : ils sont alors insultés, humiliés, tabassés lorsqu’ils passent entre les rangs des policiers. Parmi les arrêtés, Marta, une camarade de Pise, alors qu’elle était passée à tabac, a subi des actes d’agression sexuelle par les "forces de l’ordre" : "À partir du moment où ils m’ont arrêtée jusqu’à celui où ils m’ont amenée à l’intérieur du chantier, ça a été dix minutes d’horreur. J’ai reçu un coup de matraque au visage, ils m’ont attouchée sur les parties intimes et ils m’ont insultée".

        La réaction du mouvement ne s’est pas fait attendre : dès samedi, une conférence de presse a été organisée pour contrer la version policière des événements, dimanche s’est tenu un rassemblement sous la prison de Turin où étaient retenus les prisonniers, et lundi diverses actions de soutien menées à Susa. Enfin, mardi soir, une marche aux flambeaux regroupant des centaines de personnes a défilé dans les rues de Susa, passant notamment sous l’hôtel Napoléon qui héberge les troupes d’occupation, sous la mairie ou encore devant la maison du maire, rappelant lors de pauses régulières les infamies commises. Sur les neuf, deux avaient été libérés dans la nuit de vendredi à samedi, tandis que les sept autres ont été relâchés dans la journée de mardi mais sont assignés à résidence ; tous restent sous le coup de diverses accusations qui leur vaudront certainement un procès.

        Pendant ce temps, en France, la SNCF s’apprête à signer un chèque de 1 milliard d’euro à Alstom pour la construction de nouvelles rames de TGV. Ce qui, après les annonces gouvernementales de ralentissement des grands projets d’infrastructures, et après la catastrophe de Bretigny-sur-Orge, semble pour le moins contradictoire... Mais les intérêts des industriels n’attendent pas. La matraque dans une main, le chéquier dans l’autre, les États leur assurent un avenir radieux.

        Comité NO TAV Chambéry

        notav-savoie-at-voila.fr

        www.notav-savoie.org

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