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Saint-Nazaire : Quelle stratégie de la colère ?

mardi 14 avril 2009, par Courant Alternatif

La dynamique contre la répression du mouvement social présentée dans Courant Alternatif de mars s’enracine à Saint-Nazaire, que certains n’hésitent pas à qualifier de laboratoire de l’instrumentalisation judiciaire. Cependant, des problèmes de stratégie autour des affrontements en fin de manifestation méritent d’être débattus, et interpellent bien au delà de la situation locale.


La manifestation du 7 mars 2009

« Contre la répression du mouvement social, défendons nos libertés ». C’est sous ce mot d’ordre que 6 à 700 personnes ont manifesté dans les rues nazairiennes le samedi 7 mars, derrière la banderole du Codelib [1] qui affirmait : « fichés - réprimés - bâillonnés NON ! »
A l’issue du défilé, une délégation fut reçue par le sous-préfet en personne, qui réitérait son discours sur la bonne gestion du maintien de l’ordre par ses troupes le 29 janvier face à des hordes de casseurs, qu’il était bien le seul à avoir vu ce jour là.
Le soir, un débat regroupait plus de 80 personnes autour de témoignages de collectifs de lutte contre la répression, et l’intervention d’une magistrate de la LDH, Evelyne Sire-Marin, qui livrait un certains nombre d’éléments confirmant la pertinence du combat pour les libertés, au regard des statistiques policières et du durcissement de l’arsenal juridique.

Ces initiatives ont suscité un débat public, notamment dans la presse locale, sur le recul des libertés, la criminalisation des luttes sociales, l’instrumentalisation de la justice et de la police par un pouvoir politique aux abois.
Que ce débat soit porté par un panel associatif, syndical, et politique très large, de la gauche la plus molle aux anars, en passant par la CFDT ou les syndicats les plus déterminés de la CGT, lui assure une audience au delà des seuls cercles militants habituels. Et cela permet, entre autre, d’assumer politiquement le choix de l’affrontement contre les « forces de l’ordre » quand celles ci agresse délibérément une manifestation [2], et d’agréger du monde pour combattre un pouvoir de plus en plus ouvertement autoritaire

Les procès du 10 mars.

Le 10 mars, 4 manifestants interpellés à l’issue des affrontements contre la police du 29 janvier comparaissaient en correctionnelle. Nouveau rassemblement devant le tribunal avec près de 400 personnes. La Procureure devait reconnaître que ce procès s’inscrivait dans un contexte ou il était question de la liberté de manifestation et d’expression, ce qu’elle réfutait. Il s’agissait « de juger au regard des faits délictueux, et non de l’action politique et sociale » selon elle. Ainsi, ses réquisitoires furent plutôt modérés, elle renonçait notamment aux poursuites pour délit d’offense au chef de l’état retenu initialement contre un ouvrier portuaire soutenu en nombre par la CGT. De même il ne fut pas ou peu question d’outrage à agent, ou de rébellion lors des arrestations, comme lors des procès en comparutions immédiates du 2 février.
Les avocats plaidaient la relaxe devant le vide et le bricolage des dossiers. Le tribunal après un très court délibéré provoquait la stupeur et la colère avec des peines de prison avec sursis :
L’ouvrier du port autonome écopait de 2 mois avec sursis pour des violences qu’il nie, alors qu’il reconnaissait les insultes au chef de l’Etat qui n’ont finalement pas été retenues...
Un soudeur ramassait 4 mois avec sursis et 500 euros de dédommagement pour une voiture abîmée alors qu’elle forçait la manifestation !
Un marin de 23 ans et un lycéen de 20 ans prenaient 4 mois avec sursis quand le réquisitoire était d’un mois avec sursis ! Le lycéen a décidé de faire appel.
Le tribunal de Saint-Nazaire devient familier des peines plus lourdes que les réquisitoires : c’était déjà le cas avec un lycéen poursuivit pour refus d’ADN. Nous sommes en pleine mise en scène : un Ministère public qui finalement apparaît relativement modéré, et un Tribunal qui matraque selon des décisions déjà arrêtées, au mépris des plaidoiries, des arguments juridiques, et des situations personnelles.

La manifestation du 19 mars

La manifestation s’annonçait tendue. L’intersyndicale 44 qui cherche à tout prix à garder la mainmise sur les mobilisations, s’était affublée d’un communiqué ubuesque du genre « hors du syndicat point de salut, les partis et les non salariés à la fin des cortèges et discrets ». Elle se trouve en effet débordée par les secteurs en lutte, par exemple les étudiants nantais (cf. encart), et s’inquiète de voir se profiler une politisation des luttes par l’entrée des politiques dans les cortèges [3].

Sur Saint-Nazaire, la crainte de nouvelles violences influait sur un nouveau tracé de parcours qui évitait soigneusement la sous-préfecture et le contact avec des forces de l’ordre, gardes mobiles en l’occurrence, venues en nombre cette fois comme promis par le sous-préfet. L’intersyndicale devait refuser une prise de parole du Codelib sur la répression et la solidarité avec les emprisonnés et les militants poursuivis. Les quêtes de solidarité furent néanmoins un succès financier.

Après un défilé massif, plus de 20 000 personnes, l’appel à la dispersion des syndicats fut cependant ignoré par des petits groupes de manifestants décidé à en découdre, et qui choisirent de retourner à la sous-préfecture, pour défier les forces de l’ordre. C’était reparti pour deux heures de baston, mais dans des conditions cette fois bien différentes du 29 janvier : nous n’étions plus dans une réaction face à une agression policière, mais face au choix de quelques centaines de personnes de s’en prendre aux flics.

L’Emeute hors sol.

Cette fin de manif mérite qu’on s’y attarde. Les violences policières du 29 janvier, le blessé grave, les condamnations inadmissibles des personnes arrêtées ont attisé la colère, et l’idée d’une revanche contre les flics et l’Etat était dans bien des têtes, et se discutait informellement, ici ou là. Cependant, le passage à l’acte posait problème : infériorité militaire du rapport de force prévisible, légitimité d’une telle réaction peu convaincante, tactique d’affrontements potentiellement contre-productive en termes d’opinion, avec le risque d’un réveil des partisans de l’ordre sécuritaire, sur de nouvelles violences habilement exploité par le pouvoir…
Ces éléments, analysés et débattus localement avaient conduit à des appels au calme, plutôt qu’à l’expression virulente de la colère, qui quoique parfaitement légitime, ne présentait pas d’autres objectifs qu’une revanche symbolique, dont la portée était pour le moins hypothétique.
C’était compter sans les projections activistes importées. Un texte d’inspiration « insurrectionaliste » circulait depuis plusieurs jours sur Indymédias Nantes, donnant rendez vous à Saint-Nazaire à ceux et celles que « la police n’effraie pas ». Quelques personnes venaient donc cette fois pour la baston, équipés en conséquences.

Cette stratégie « insurrectionaliste » mérite d’être discuté. L’intervention extérieure pose question. Non sur une problématique d’appropriation d’un espace géographique réservé, mais parce que le déplacement de petit groupes spécialisé dans l’affrontement, évoque une sorte de nouvelle avant-garde armée du prolétariat, qui importe sa bonne parole et sa violence exemplaires indépendamment des contextes locaux, au mépris, par méconnaissance ou par suffisance, des dynamiques et des luttes qui s’y déroulent.

Ensuite, il semble que le plus souvent, la baston avec les flics devienne une fin en soi, légitimée par un statut auto consacré d’exploité en révolte contre son aliénation, qui décidé de s’attaquer de front à l’appareil d’Etat indépendamment d’une appréciation du rapport de force présent et à construire.

Cette baston comme moyen et comme fin, repose sur une mystique de la violence révolutionnaire, l’apologie des martyrs de la cause, la symbolique de la cagoule et du cok., l’invocation de l’avènement de l’insurrection finale… Tout cela est séduisant pour un certain nombre, mais tient pour beaucoup du culte de l’imagerie radicale, qu’il convient d’afficher à coup d’appel à l’émeute sur internet, puis de récits exaltants de ses soirées émeutières. Et l’on peut se demander si le narcissisme ne devient pas le paravent de l’impuissance à peser réellement sur le cours des choses.
Il est en effet plus simple d’utiliser une rhétorique radicale médiatisée pour reconnaître à n’importe quelle action le fait d’exister spectaculairement, que de se consacrer au travail de subversion politique et sociale qui s’apparente à celui de la vieille taupe qui creuse inlassablement et discrètement pour provoquer l’effondrement

Il est fréquent de voire s’opposer des arguments du type « faire pour faire » plutôt que « ne rien faire ». Ces fausses oppositions occultent le plus souvent le « faire pour quoi » ?
Il ne faudrait pas oublier que poser un acte politique, implique de mesurer et d’analyser le contexte dans lequel il s’établit, ce pour quoi on le fait, et quelles seront ces conséquences. Omettre ces questions fondamentales, c’est passer à côté du politique.

Il ne s’agit donc pas de condamner ceux et celles qui choisissent l’affrontement direct : leurs choix leurs appartiennent. Mais peut-être de les questionner sur leurs classiques, et ne pas oublier que « la force d’une insurrection provient de son caractère social, non de son degré de militarisation. Le mètre étalon pour évaluer l’importance d’une révolte généralisée n’est pas le conflit armé, mais plutôt son amplitude et sa propension à rendre opérante la paralysie de l’économie et de la normalité ». [4]

A Saint-Nazaire, nos « révolté du 29 » on manifestement perdu de vue cet aspect de leur stratégie. Et s’il peuvent s’enorgueillir d’avoir rallier 200 à 300 personnes dans leur émeute hors sol, ils doivent aussi s’interroger sur le fait que leur texte était un des éléments à charge figurant au dossier de chacun des inculpés, prolos nazairiens condamnés pour avoir été là, et bien loin de la théorisation de l’émeute ! [5]

Car c’est aussi une des réalité de la nature de classe de la répression : ce ne sont pas de jeunes lettrés au fait des débats stratégiques autour de la violence révolutionnaire qui subissent le plus la violence sociale, dont la répression n’est qu’un des aspects. Et sur cette question, la réponse « ils savaient bien ce qu’il faisaient n’est vraiment pas convaincante, surtout lorsque l’on assiste aux audiences des comparutions immédiates.

Quelles suites ?

Autant la violence des manifestants du 29 janvier était perçue majoritairement comme légitime, autant celle du 19 mars redore le blason des forces de l’ordre, en opérant un tri entre casseurs et manifestants, entre actions légales et menés révolutionnaires inconsidérées. Bien que les manifestants aient évité le piège grossier que leur tendait la police en les renvoyant vers le centre commercial qui aurait pu être ruiné, l’épouvantail sécuritaire fonctionne, et le pouvoir sait parfaitement instrumentaliser les actions violentes pour effrayer le plus grand nombre sur le registre « nous ou le chaos ». Il ne s’agit pas de déterminer une action en fonction des réponses possibles de l’ennemi, mais au moins d’intégrer cela comme une donnée à prendre en compte dans le combat politique, notamment sur nos capacités à y faire face.

Car la violence ne crée pas toujours des clivages, entre la population et l’Etat, mais aussi entre les manifestants eux-mêmes, ce qui n’est pas sans conséquence sur le travail de solidarité avec les nouvelles personnes condamnées, comme pour celles qui l’étaient dèja ou qui le seront dans les prochains procès.

Les actions engagées par le Codelib devront surmonter ces difficultés. Le succès concert de soutien aux militants poursuivis, prévu le 17 avril, nous en donnera une idée. Le débat nécessaire permettra peut-être de partager les camps entre partisans de l’ordre et partisans du changement, même incertain. En souhaitant que les seconds soient plus nombreux que les premiers, ce qui est loin d’être une certitude à cette heure, malgré une indéniable remontée de la politisation et de la combativité sociale. Car si l’on vise au basculement révolutionnaire, on ne peut éviter la question du ralliement du plus grand nombre, sauf à prétendre faire le bonheur du peuple à son insu.

OCL St-nazaire

25 mars 2009.

Notes

[1comité de défense des libertés fondamentales contre les dérives sécuritaires, cf. CA 188, ou le site du codelib

[3Il faut dissiper le brouillard de l’imprévision et tenter de redonner confiance (…) pour des syndicats qui ne pourrons pas canaliser éternellement un mouvement boule de neige sans lui donner d’autres perspectives que la manif suivante (…) s’inquiète l’éditorial de Ouest France du 25 mars, signé Michel Urvoy !

[4Notes sur l’anarchisme insurrectionaliste, p. 4. Brochure disponible sur le site infokiosque.net

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3 Messages

  • Saint-Nazaire : Quelle stratégie de la colère ?

    18 avril 2009 14:42, par manou

    au delà de la prose viriliste et de l’apologie de l’émeute bien dérangeante dans le phrasé de certains "insurrectionnaliste" n’y t il pas une surrestimation du poids des autonomes sur ces manif ? Je m’explique : durant la journée du 19 mars, les autonomes ont été accusé à la fois d’avoir contribué à faire dégénérer la manif de St Nazaire mais aussi d’avoir réellement perturbé le défilé Nantais (affrontements entre jeunes et SO des jaunes syndicaux). Dans le premiers cas, il y avait environ 200 à 300 personnes selon vous, à Nantes le cortège (étudiant) qui a fait scission était composé de 1000 2000 personnes. Je ne vis pas en Loire Atlantique mais il ne me semble pas serieux de penser que les autonomes soient si nombreux. Je trouve cela même étonnant qu’ils puissent tenir à leur nombre 2 fronts différents... Comment expliquez vous cela ?

    De plus il y a quelque chose qui me gène dans le texte c’est l’absence de l’idée d’offensive sur l’état. Vous semblez "condamner" ce qui est une initiative de manifestants à agir de manière directe sur l’état (en l’occurrence sa force physique en manif : les flics). Vous sembliez préférer quand c’était les flics qui chargeaient (et donc les manifestants qui subissaient les choix de l’état) plutôt que ce soit les policiers qui "subissent" (même si là c’est tout à fait illusoire je pense de voir un état "subir une émeute") le choix des manifestants. L’OCL se placerait donc dans une position étatique : celle de voir une forme de mouvement social dur se faire uniquement comme une réponse à une chose que l’ont veut détruire ?
    J’aimerai bien avoir quelques éclaircissements.
    Merci

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    • Saint-Nazaire : Quelle stratégie de la colère ? 19 avril 2009 19:43, par OCL St Naz

      Je m’explique : durant la journée du 19 mars, les autonomes ont été accusé à la fois d’avoir contribué à faire dégénérer la manif de St Nazaire mais aussi d’avoir réellement perturbé le défilé Nantais (affrontements entre jeunes et SO des jaunes syndicaux). Dans le premiers cas, il y avait environ 200 à 300 personnes selon vous, à Nantes le cortège (étudiant) qui a fait scission était composé de 1000 2000 personnes .

      Tout d’abord on "n’accuse" pas, et les choses sont différentes entre Nantes et Saint-Nazaire. Désolé si on a manqué de clarté.

      A St Nazaire l’appel "d’insurrectionnalistes" à sans doute amener sur la vile quelques dizaine de personnes prêtes à en découdre et équipées pour. L’initiative annoncée à fait se rallier des gens à l’initiative, sans y être préparé. C’est ainsi que l’on passe de quelques dizaines à quelques centaines. C’est aussi ce qui explique les arrestations de quidam qui ramassent de lourdes peines, et qui sont peu préparés à se confronter à l’arsenal judiciaire.

      A Nantes, l’exaspération des étudiantEs qui occupaient la fac depuis 6 semaines et qui se voient relégués en queue de cortège car ils ne sont pas des "organisations syndicales de salariés", suffit pour avoir envie de défier les organisateurs, et de leur griller la tête de manif. Que ces étudiantEs soient regroupés derrières des banderoles estampillées SUD ou CNT, montrent que ce sont les éléments les plus radicaux du mouvement étudiant qui choisissent cette défiance des organisations institutionnelle, et aussi qu’il ne s’agit certainement pas "d’autonomes"...

      Mais dans les deux cas, qu’une stratégie offensive (de nature très différente) soit suivie par effectivement beaucoup plus de monde que les seules forces "radicales" habituelle, montre une montée de l’exaspération. Après la question c’est entre autre comment on accompagne cette exaspération pour politiser et trouver des perspectives ?

      De plus il y a quelque chose qui me gène dans le texte c’est l’absence de l’idée d’offensive sur l’état. Vous semblez "condamner" ce qui est une initiative de manifestants à agir de manière directe sur l’état (en l’occurrence sa force physique en manif : les flics). Vous sembliez préférer quand c’était les flics qui chargeaient (et donc les manifestants qui subissaient les choix de l’état) plutôt que ce soit les policiers qui "subissent" (même si là c’est tout à fait illusoire je pense de voir un état "subir une émeute") le choix des manifestants.

      Ici encore, pas de condamnations, mais une critique et une discussion des choix. Attaquer de front l’Etat dans un contexte révolutionnaire, avec un rapport de force politique, social et militaire ne nous pose pas de problème.
      S’enfermer dans une dynamique actions-répression, en sachant que l’on prend le risque d’allonger la liste des "victimes" est beaucoup plus discutable.
      Après, même en faisant le choix d’action directe contre l’Etat, l’attaque frontale des flics n’est pas forcément, dans le cas de Saint-Nazaire, très judicieux.
      Rien à voir par exemple avec Strasbourg, ou d’autres "contre-sommet" où il est clairement question de perturber les choses, et de forcer la zone rouge...
      Quel était les enjeux et les objectifs à Saint-Nazaire le 19 mars, au dela de la confrontation pour la confrontation ?

      L’OCL se placerait donc dans une position étatique : celle de voir une forme de mouvement social dur se faire uniquement comme une réponse à une chose que l’ont veut détruire ? J’aimerai bien avoir quelques éclaircissements. Merci

      Les mouvements et les luttes sociales sont essentiellement défensives (licenciements, salaires, conditions de vie, d’étude environnement) et donc principalement en opposition à quelque chose que l’Etat, le pouvoir, ou le capital (voir les 3) veut détruire. Et l’OCL n’y peut pas grand chose !

      Comment passer d’une lutte défensive à une lutte offensive, tout en élargissant une base politique et sociale ?
      Si l’OCL avait la réponse, elle pèserait sans doute un peu plus que ce qu’elle est.

      Mais penser qu’en l’état actuel du rapport de force, l’affrontement de rue puisse effrayer l’Etat, et que le culte de l’émeute puisse rallier le plus grand nombre pour construire un rapport de force révolutionnaire ne nous semble pas correspondre à la situation que nous vivons, au moins à Saint-Nazaire, qui n’est pas vraiment Exarchia ! Et sans fantasmer sur Exarchia où le mois de décembre grec n’a pour l’instant que constitué qu’un tremplin pour construire d’autres choses dans la durée...

      De par l’exacerbation de la conflictualité entre Capital et travail, y a bien une remonté de la lutte de classe de plus en plus ressentie comme telle depuis 1995, et une lente mais indéniable radicalisation des positionnements politiques, à laquelle nous pouvons contribuer. Mais nous semble t-il plutôt en misant sur les actions et pratiques développés dans le texte "la bataille de la visibilité" publié dans CA de mars, qu’en misant sur le spectacle radical d’action avant-gardiste !

      Tout celà mérite effectivement discussion, et les appréciations des dynamiques sont sans doute fort différentes en fonctions des situations locales. C’est pourquoi il importe d’en discuter, et que ce débat est loin d’être clos...

      En espérant apporter quelques éléments de réponse
      Nous en reparlerons entre autre lors des rencontres d’Eychenat cet été...
      Et merci pour tes remarques.

      OCL St naz

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      • Saint-Nazaire : Quelle stratégie de la colère ? 25 avril 2009 18:14, par leopaulbilski

        quand on voit l’attitude partagée par les forces de l’ordre consistant à insulter les manifestants et qui est surement un entrainement pour surmonter leur peur face au manisfestants en les dévalorisant ne peut concevoir la sratégie autonome consistant à attaquer systématiquement les forces de l’ordre comme un entrainement permettant de transférer le rapport en faveur des manifestants et en opposition au comportement des organisations traditionnelles. Vous dites vous dans vos articles sur la grèce que les émeutes se sont déroulées en grèce parce que le peuple grec a pris l’habitude de ne plus avoir peur des forces de l’ordre. D’autre part c’est bien connu en espagne si la cnt a pu faire face à l’armée comme le montrait un vieil article de rouge et noir ce n’est pas grâce à la spontaneité du peuple espagnole pour défendre la république mais grâce à son habitude à s’affronter aux forces de l’ordre. Maintenant je partage entièrement votre opinion sur l’usage de la violence. Les travailleurs, les étudiants doivent s’habituer à ne plus avoir peurà l’état losqu’ils occupent une entreprise, une université ou un sqatt mais en aucun pas plus que la pétition , la manifestation ou l’occupation , l’émeute ne doit être érigé en fin ultime elle doit être le début d’une recontruction des rapports de forces et d’un monde futur . Par la pétition on essaye d’eveiller les consciences et surtout de mesurer le soutien que l’on pourra rencontrer dans une action futur , par la manisfesttation on devrait pouvoir se rencontrer,se parler ( c’est ce que nous faisons avec un camarade faute de mieux pour le moment quand je dis parler ce n’est pas uniquement entre nous bien entendu mais au gens qui nous entourent ou qui viennet nous voir intriger par nos drapeaux lui rouge et noir, moi noir) par l’occupation comme l’on compris les étudiant de plus en plus on essauye mettre en pratique certaine idées aprés en avoir débattues, enfin par l’émeute le but doit être de libérer même temporairement des espaces

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