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CA 322, été 2022

Insubordination salariale

lundi 12 septembre 2022, par Courant Alternatif

La fin de la longue séquence électorale en France ouvre une nouvelle période incertaine. Au sortir de cette séquence pendant laquelle les luttes ouvrières n’ont pas cessé, mais ont fait l’objet d’un silence médiatique. Quelles vont être les réactions du patronat, du gouvernement, de la bourgeoisie ? L’affrontement toujours plus brutal, y compris en, s’appuyant sur des nervis d’extrême droite ? Le compromis ? Nous saurons assez rapidement.

En France, le gouvernement annoncera son agenda de la « réforme » des retraites en juillet. S’il s’appuie sur Les Républicains (LR), la « réforme » sera encore plus dure. Mais là encore rien n’est joué, car même la CFDT vient d’annoncer qu’elle était contre repousser l’âge de départ à la retraite à 65 ans.


En France une foule de grèves dans l’énergie le 20 juin, dans les transports, avec la SNCF en région PACA le 21 juin, sur le réseau de tram de Bordeaux les 21 et 22 juin, dans le RER D en région parisienne le 24 juin, chez Air France et Transavia le 25 juin, dans les bus et les trams de Strasbourg le 26, mais aussi à Lille, Dijon, Charleville Mézières, Narbonne, grève des routiers le 27 juin, dans les aéroports parisiens le 1er juillet, à la Poste... et une foule d’autres grèves dans les hôpitaux, les ehpad, des cliniques, des éboueurs, des territoriaux, des pompiers, dans le privé à Soitec, Lord, Alstom, Ratier... la sous-traitance automobile, aéronautique, dans des hôtels, les banques et les assurances, le commerce, les piscines, l’animation, les ATSEM, les AED, les travailleurs sociaux, chez Orange, à la BNF... presque tous pour les salaires.

Sources : https://www.rtl.fr/actu/debats-soci...
https://www.facebook.com/2508420786...
https://www.francetvinfo.fr/economi...

Les grèves des travailleurs sans-papiers RSI/DPD/CHRONOPOST continuent

Les 3 préfectures (Nanterre, Evry, Créteil) refusent de recevoir toutes les délégations. Décision politique sans doute prise par la préfecture de Paris qui pilote politiquement les 3 préfectures de banlieue. La Poste a reconnu que le sous-traitant Derichebourg employait des sans-papiers à DPD et Chronopost. Elle a rompu le contrat avec Derichebourg sur 2 sites sans rien faire pour les sans-papiers. En juillet nous saurons si la justice ordonne l’évacuation du piquet à Gennevilliers (RSI). La mobilisation ne faiblit pas. Diverses initiatives sont prévues pour les prochaines semaines. Nous verrons si tous les élu.e.s qui ont promis leur soutien, le feront maintenant que la campagne électorale est finie.

Faire circuler les infos et remplir les caisses de grève sont essentielles dans cette lutte de classes :
https://www.facebook.com/CTSPV94/
https://www.facebook.com/Solidaires94/
https://lydia-app.com/collect/48135...
https://www.cotizup.com/sanspapiersdpd
Pour Chronopost : SOLIDAIRES 94 Maison Départementale des Syndicats 11/13 rue des Archives 94000 Créteil- Chèques à l’ordre de SOLIDAIRES 94 (mention au dos « solidarité avec les sans-papiers).

La grève à la Bibliothèque Nationale de France continue avec une intervention de plus en plus fréquente des usagers

►Lien vers la pétition des usagers : https://www.mesopinions.com/petitio...

►Soutenez le personnel en grève reconductible en participant à leur caisse de solidarité : https://www.lepotcommun.fr/pot/7qpwgjpn

Grève reconductible à Paris 8

La grève reconductible a démarré à Paris 8le jeudi 16 juin, sur la question des salaires :
L’AG de personnels a voté :
Une augmentation pour toutes les catégories de personnels titulaires ou contractuels de 200€ net et la suppression de la surprime pour les encadrants.
L’augmentation du salaire horaire des différents types d’emploi étudiant à 15€ de l’heure.
Que l’enveloppe de 2021 soit distribuée égalitairement entre tous les personnels.

La direction campe sur ses positions concernant les primes pour les hauts cadres prétextant un problème d’attractivité de la fac alors qu’en fait ce sont parmi les catégories C et B qu’il y a des problèmes pour recruter (il manque une soixantaine de postes).
La direction refuse l’augmentation à 15€ de l’heure pour les emplois étudiants et précise qu’il est souhaitable qu’il y ait des échelles de salaires dans ces emplois comme pour le reste des personnels. Du coup certain·es toucheront 12€/heure et d’autres 13.5€/heure.
La seule chose à peu près positive : une augmentation de la prime annuelle des contractuelles qui passe de 300€ à 400€ (une en juillet et l’autre en fin d’année soit 800€ par an) mais toujours pas d’équivalent aux primes perçues par les titulaires.

La direction refuse catégoriquement de voter sur des propositions des personnels ou des syndicats et ne consent qu’à des amendements sur ses propres motions.

L’AG a voté la reconduction de la grève et il y aura donc un piquet à l’entrée de la fac.
Source : Sud EDUCATION 93 (Extraits)

REFUS DU TRAVAIL ET LUTTES CONTRE L’INFLATION : LES INGREDIENTS D’UNE VAGUE REVOLUTIONNAIRE, CREATIVE, EXISTENTIELLE ET POLITIQUE COMME DANS LES ANNEES 1968 ?

Nous reprenons ici un texte de Jacques Chastaing (29 mai 2022). En espérant que son optimisme se révèlera exact et contagieux …

Avec le covid, les confinements puis le télétravail, ont développé une conscience diffuse qui aboutit à des refus de l’exploitation assortie d’un comportement social antiproductif, qui participe de la défense de la liberté et du bien-être de chacun. L’intelligence ouvrière se refuse à être une intelligence productiviste, l’entreprise est perçue comme un lieu devenu asocial. C’est ce qui a amené à la grande "démission" des salariés aux USA où en un an 38 millions de salariés ont démissionné et déjà 4 millions en mars 2022. On voit la même chose dans d’autres pays comme en France, en particulier dans la restauration et l’hôtellerie, où il "manque" 300 000 salariés pour la saison estivale à venir mais aussi dans l’automobile où les agences d’intérim peinent à convaincre des jeunes à se faire exploiter sur les chaînes de production. C’est la même conscience qui face aux tentatives de restructuration capitaliste dans les années 1960 - travail à la chaîne, standardisation des rythmes et des cadences - est devenue peu à peu prégnante et qui a constitué des années 1960 jusqu’au milieu des années 1970 la base intangible de la résistance ouvrière et la cause des explosions sociales de 1967, 1968, 1969 et encore après dans le monde entier. Du coup, on assiste surtout à une vague de grèves et luttes pour les salaires de plus en plus victorieuses qui a commencé à l’automne/hiver 2021 et qui reprend maintenant au printemps amplifiée et accélérée par l’inflation soudaine d’une seconde vague de grèves et luttes qui parcourt toute la planète. En conséquence, pour faire face à ce refus de travail et à ces luttes pour les salaires, quelques patrons ont significativement décidé d’augmenter les salaires, dont le plus symbolique est Apple qui a décidé le 24 mai d’augmenter ses salariés de 45%. L’inflation a en effet atteint des niveaux très élevés, 11% aux USA, 9% en Grande Bretagne, 8% en Espagne et en Allemagne et des taux faramineux au Sri Lanka ou en Argentine et bien ailleurs. Les conséquences sociales et politiques sont dramatiques. C’est d’abord un accroissement brutal de la misère avec des gens qui ont du mal à finir les fins de mois en occident et ne mangent plus qu’un repas par jour, ou meurent de faim dans des pays plus pauvres. Mais c’est aussi en riposte, des vagues de grèves et manifestations dans beaucoup de pays que ce soit aux USA ou en France, au Canada, en Espagne, Grande Bretagne, Allemagne, Belgique ou encore en Amérique du Sud et en Asie. A l’échelle du globe, les luttes ne cessent quasiment pas depuis 2018, avec une légère pause durant l’épidémie de covid. Ces luttes récentes de 2021 et surtout de ce début 2022 contre l’inflation ont non seulement amplifié les précédentes mais leur ont carrément donné un tour insurrectionnel au Pakistan ou au Sri Lanka où les gouvernements sont tombés en avril et en mai 2022, sonnant comme un avertissement pour le reste du monde. Aussi, en Grande-Bretagne, paniqué, et pour tenter d’atténuer la révolte qui gronde, le gouvernement de droite de Boris Johnson vient juste d’annoncer ces derniers jours de mai, un plan d’aide aux plus pauvres de 15 milliards de livres sterling, un peu moins que 18 milliards d’euros. Il faut dire qu’en Grande Bretagne, le taux de la hausse des prix est le plus élevé depuis 40 ans ce qui pourrait plonger le pays dans sa plus grande crise depuis la seconde guerre mondiale et que les grèves et les appels à la grève se multiplient. Ces derniers jours, il y a eu notamment les grèves à la Poste, celle des travailleurs des plateformes pétrolières qui ont débrayé dans une grève sauvage touchant 16 plateformes en mer du Nord et surtout le vote à 89% en faveur de la grève des cheminots et celui des salariés des télécommunications qui vont partir en grève pour la première fois depuis 35 ans, et enfin des menaces de généralisation pour cet été avec des grèves du personnel de British Airways, du nettoyage des hôpitaux, les éboueurs et les chauffeurs routiers. Ce climat social fait craindre aux bourgeois une grève générale massive à caractère insurrectionnel cet été comme lors de la grande grève insurrectionnelle de 1926, d’autant qu’un dirigeant syndical a déclaré qu’ils s’y préparaient justement pour cet été, et que ce serait encore plus important qu’en 1926. Ce sont des situations semblables aux USA, au Canada, en Espagne où comme en Grande Bretagne l’idée de grève générale plane sur la situation et une situation qui y tend en Belgique, Allemagne ou France pour ne parler que des pays occidentaux, même si en France, on ne porte guère attention à cette nouvelle vague de grèves en cours et à la signification de ses succès grévistes, les esprits étant entraînés par les partis et syndicats, institutions et journaux, obnubilés par les élections législatives des semaines à venir. Tandis que les partis institutionnels vivent dans leur petit monde sous cloche, toute la situation montre qu’entre le refus de travail aujourd’hui et l’inflation actuelle, on va tout droit vers une vague révolutionnaire et créative, politique et existentielle.

Source : https://www.facebook.com/2508420786...

MEXIQUE

Les salarié·es de l’usine d’assemblage de la General Motors de Silao ont décidé de créer un Syndicat Indépendant National des Travailleurs et Travailleuses de l’Industrie Automotrice (SINTTIA). Idem pour les salarié·es de l’usine des pièces automobiles Trodonex à Matamoros qui ont créé un autre syndicat indépendant (Syndicat National Indépendant des Travailleurs de L’Industrie et des Services (SNITIS). Dans ces deux cas, il s’agit pour les salarié·es de s’émanciper des syndicats corrompus et non démocratiques affiliés à la CTM (Confédération des Travailleurs du Mexique, dont un ex dirigeant, sénateur et député du PRI avait été pris dans l’affaire des « Panama Papers »).
Troisième victoire, celle des travailleurs de l’usine Mazda de Salamanca qui ont voté contre les révisions proposées à leur contrat de travail collectif (CTC) négociées par l’employeur et le syndicat affilié à la CTM. Les nouveautés législatives imposent l’accord des salariés quant changements relatifs aux salaires et aux prestations.

Source : Maquilasolidarity.org traduite dans LA REVOLUTION PROLETARIENNE JUIN 2022 - n° 817

En attendant votre CA de rentrée, nous vous conseillons de lire les sites suivants :
https://revolutionproletarienne.wor...
https://www.facebook.com/luttesinvi...
https://rapportsdeforce.fr/
http://www.laboursolidarity.org/

23 juin 2022

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