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CA 318 mars 2022

Sans frontières 318

samedi 26 mars 2022, par Courant Alternatif

Occupation de logements libres à Calais
Des caméras anti-migrants sur le littoral nordiste
Assises locales de la solidarité avec les migrants
Campagne antiracisme et solidarité
Campagne antiracisme et solidarité
Piquets de grève des sans-papiers, ça continue !
Réforme de l’espace Schengen, vive le libre échange du capital !
Chroniques de l’enfermement européen


  1. Occupation de logements libres à Calais
  2. Des caméras anti-migrants sur le littoral nordiste
  3. Assises locales de la solidarité avec les migrants
  4. Campagne antiracisme et solidarité
  5. Campagne antiracisme et solidarité
  6. Piquets de grève des sans-papiers, ça continue !
  7. Réforme de l’espace Schengen, vive le libre échange du capital !
  8. Chroniques de l’enfermement européen

Occupation de logements libres à Calais

Dimanche 6 février, suivant un appel national, une manifestation en mémoire des personnes mortes aux frontières a eu lieu à Calais. Rappelons un des derniers drames en date, la mort par noyade dans la Manche de 27 migrants en novembre dernier. Cette journée a surtout été l’occasion de rendre publique et politique l’occupation de plusieurs logements vides dans la ville pour héberger des exil·é·es que les associations estiment à 1.500 en ce moment sur le littoral nordiste. Ils sont systématiquement chassés de leur campement (toutes les 48h), des distributions alimentaires sont perturbées par la police, bref toujours la même politique de chasse aux migrants. Parmi les occupations, notons celle d’une barre d’immeuble vide et vouée à la destruction dans le quartier populaire du Fort Nieulay. Pendant 5 jours, des militants Noborder ont tenu la place alors que la police organisait le siège du bâtiment en coupant les approvisionnements en vivres. Une chouette synergie est née avec les habitants de ce quartier abandonné par les pouvoirs publics où sont relégués les prolos.

Des habitants ont réussi à ramener de la nourriture, des liens ont été tissés ce qui a amené à des discussions politiques très intéressantes où une majorité des habitants soutenaient cette occupation et se montraient solidaires des migrants qui sont « moins bien traités que des animaux » [1]. Face à l’occupation policière de leur quartier, il y a eu de la résistance, les lacrymos ont plu mais n’ont pas entamé la détermination, tout le monde détestait bien la police ! Cette dernière a sorti les grands moyens pour réprimer cette convergence des colères. L’avion de l’agence européenne Frontex – police aux frontières européennes – a fait une ronde avec une caméra thermique pour déterminer le nombre d’occupant-es [2]. Le RAID a fini par intervenir par hélicoptère avec arme de guerre et pétarades en tout genre, heureusement les habitant-es ont pu quitter le guet-apens juste avant. Vexée, la police a organisé une chasse aux Noborders dans les rues calaisiennes, il y a eu plusieurs arrestations. 4 personnes sont poursuivies par la justice. Les procès sont prévus le 18 mars à Boulogne-sur-Mer. Une autre occupation tient toujours à Calais, une cagnotte en ligne a été mise en place pour soutenir l’initiative. Affaire à suivre et solidarité !

Sources : infos locales, le blog de la Mouette Enragée, Streets politics

Des caméras anti-migrants sur le littoral nordiste

Nom de code officiel : Terminus ; le financement vient du Royaume-Uni et, comme son nom l’indique, le but est de verrouiller encore un peu plus la frontière que les migrants continuent de passer, non plus par le tunnel ou les ferrys qui sont littéralement bunkerisés mais par des zodiacs au large d’un des détroits les plus dangereux au monde. Une soixantaine de caméras de vidéo-surveillance sont prévues par la préfecture du Pas-de-Calais. Les maires des 12 communes sélectionnées ont accepté l’idée, même un maire PCF des environs de Boulogne-sur-Mer … Une partie de leur justification est de dire qu’on protège les migrants des « méchants passeurs ». Faudrait commencer à les protéger des politiques d’États … Au delà de ça, c’est encore des millions d’euros 200 000 euros budgétés pour une seule commune) qui tombent dans l’économie de la frontière - ici il s’agit de la société SNEF - tandis que l’État continue de fabriquer l’image du passeur, seul responsable de la situation. Or ces mafias – en bonnes capitalistes – ne feront que s’adapter en proposant d’autres parcours, plus dangereux et plus coûteux. L’hypocrisie sécuritaire se poursuit ; en 2021, sur 52 000 tentatives de traversée recensées, 28 000 ont réussi.

Source : blog de la Mouette Enragée

Assises locales de la solidarité avec les migrant·es

Elles auront lieu en mars, un peu partout en France. Le 12 mars, ce sera à Briançon, le 19 mars, à Saint-Nazaire. Ce seront des rencontres entre différentes structures caritatives, politiques ou syndicales, l’OCL participera à certaines réunions. Le but est bien sûr d’échanger sur la situation locale et nationale, de marquer sa solidarité effective avec les migrants mais aussi de renforcer les « actions nécessaires au rapport de forces contre les idées et les politiques ségrégatives. » Une initiative plus globale est portée par l’association basque Etorkinekin elkartasuna -Solidarité avec les migrant.es – qui compte organiser une table ronde plus nationale avec des représentant-es des régions particulièrement concernées par les migrations : la Roya, Briançon, Calais, Hendaye.

Source : infos militantes

Campagne antiracisme et solidarité

Lancée à l’occasion de la journée internationale des migrant-es, le 18 décembre, cette campagne se poursuit en particulier pour la préparation de la manifestation nationale contre le racisme et les vio-lences d’État, le 19 mars à Paris (14h, place du Châtelet). Actuellement, une collecte d’argent est lancée. Des mobilisations locales sont aussi prévues le samedi 2 avril lors de la journée « toutes et tous aux frontières ! », pour le moment, il y aura des choses à Hendaye, Briançon, Calais, Menton, Perpignan. La liste devrait s’allonger, toutes les informations sont à retrouver sur le site internet du collectif.  

Source : https://antiracisme-solidarite.org/

Campagne antiracisme et solidarité

Depuis le début du mois de février, environ 600 migrants emprisonnés dans la prison d’Ain Zara au sud de Tripoli se sont mis en grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention. Ils y ont été envoyés de force le 10 janvier après 3 mois de contestation devant les locaux du HCR. Ils réclamaient leur évacuation du pays et leur réinstallation dans un État tiers du fait des menaces qui pesaient sur eux en Libye. Ce mouvement a commencé en octobre dernier, suite à l’évacuation violente du quartier de Gargaresh à Tripoli pendant laquelle 5000 sans-papiers ont été arrêtés et 7 personnes ont été tuées par la police. Ce quartier était largement occupé par les migrants qui s’employaient dans des commerces plus ou moins légaux, ce qui a justifié officiellement l’intervention. Une bonne partie de ces personnes, livrées à elles-mêmes se sont alors orientées vers les bureaux du HCR et ont voulu quitter le pays. Face à l’afflux et aux tensions, le HCR a fermé son centre de jour, ce qui a exacerbé les colères. En parallèle, des vols dits sanitaires ont été mis en place vers des pays européens mais ils sont trop peu nombreux. Pour rappel, selon le HCR, il y a actuellement plus de 560 000 migrants en Libye. In fine, les occupants ont été envoyés en prison où ils manquent de nourriture et où la chaleur est accablante. Des hangars, où 300 personnes (dont des femmes et des enfants) sont enfermées, servent de geôles. Des témoignages révèlent des mauvais traitements : coups, travail forcé, viols, privations diverses dont l’eau et la nourriture. Des tortures sont pratiquées et filmées pour réclamer une rançon de libération auprès des familles des migrants (environ 350 euros). Les grévistes de la faim sont déterminés et prêts à aller jusqu’au bout, comme le montre ce témoignage : "On ne sait pas combien de temps le mouvement peut durer mais une chose est sûre : soit nous mourrons sous les coups, soit nous mourrons de faim"

Source : Infomigrants, RFI

Piquets de grève des sans-papiers, ça continue !

Nous en avons parlé plusieurs fois dans ces colonnes, des sans-papiers travaillant pour la plateforme logistique Derichebourg-DPD, filiale de la Poste à Coudray-Montceaux, ainsi que des employés de l’agence d’interim RSI spécialisée dans le bâtiment et également de l’agence Chronopost d’Alfortville se mobilisent pour réclamer de meilleures conditions de travail et des documents CERFA pour demander une régularisation. La grève a commencé le 15 novembre dernier et ras-semble toujours plusieurs centaines de participant·es avec le soutien du CTSPV (Comité de travailleurs sans papiers de Vitry) et du syndicat Sud-Solidaires.

Le 2 février, un arrêté municipal de la ville du Coudray-Montceaux, inspiré par la préfecture de l’Essonne a décidé l’évacuation du piquet de grève devant l’entreprise, mais un « piquet de jour » a été reconstitué quelques jours plus tard. Malgré les bâtons dans les roues mis par les employeurs et la préfecture, la lutte continue jusqu’à la régularisation des grévistes des trois piquets et de leurs soutiens sans-papiers. Pour tenter de diviser le collectif, la préfecture et Derichebourg ont déposé une vingtaine de dossiers de régularisation mais sans l’accord des premiers concernés. Autre casserole, l’inspection du travail a été appelée et elle a rendu son rapport le 31 janvier où elle confirme les conditions de travail illégales de 63 personnes.

Source : communiqués des grévistes

Réforme de l’espace Schengen, vive le libre échange du capital !

Elle est proposée par la Commission européenne et vise à s’adapter aux pratiques qui ne sont pas encadrées par la Loi. Pour rappel, l’espace Schengen est une invention du capitalisme européen qui supprime les douanes fixes et les taxes pour permettre la libre circulation des capitaux, des mar-chandises et un tant soit peu des personnes si celles-ci ont des papiers. Il ne correspond pas tout à fait à l’espace politique qu’est l’UE qui, rappelons-le, réunit 27 Etats. En effet, Schengen est constitué de 26 pays dont 22 sont en UE, auxquels il faut rajouter l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse. Mais, depuis 2015 et ce qui a été appelé « la crise migratoire », des contrôles frontaliers ont resurgi entre pays Schengen, barrières qui ont été renforcées avec la crise sanitaire du COVID. Ainsi, la proposition de la Commission est d’ouvrir la possibilité pour un État-membre d’appréhender un migrant en situation irrégulière dans une zone frontalière et de le transférer vers l’État-membre voisin par lequel il est arrivé, au lieu de devoir le renvoyer vers son pays d’entrée dans l’espace de Schengen comme c’est actuellement le cas avec les accords de Dublin. Mais, cela ne peut se faire qu’à deux conditions : que le migrant soit appréhendé dans le cadre d’une opération de police réalisée en commun par les deux pays, ou qu’il existe un accord de réadmission entre ces deux États, chose que la Commission encourage officiellement. Le but affiché est de reprendre la libre circulation au mieux et d’en finir avec les contrôles qui font perdre du temps et donc de l’argent. Si un pays persiste dans la surveillance de ses frontières, au-delà de 18 mois, la Commission peut émettre un avis négatif. Autre but de l’opération : harmoniser les pratiques comme la restrictions d’accès aux voyageurs d’un pays tiers, en lien avec la pandémie. Là encore, le but est d’éviter les contrôles multiples et parfois contradictoires au sein de l’espace Schengen.
Vive le libre-échange ...

source : France Info

Chroniques de l’enfermement européen

Les rapports se succèdent et se ressemblent quels que soient les pays étudiés. En Angleterre, malgré les promesses des autorités britanniques d’améliorer les conditions d’accueil des demandeurs d’asile arrivant dans le Kent après avoir traversé la Manche, celles-ci restent "très mauvaises", selon un rapport publié en décembre dernier par l’inspection des prisons et les comités de surveillance indépendants de Douvres et d’Heathrow (IMB). Ce même rapport dénonce le cas des femmes violées qui ne sont pas "suffisamment soutenues" par les autorités et aussi des mineurs retenus avec des adultes, des blessures non soignées, des migrants forcés de dormir à même le sol. A Malte, Le Gisti et Migreurop viennent de publier un rapport sur la rétention des migrants : l’enfermement arbitraire et systématique des exilés sur l’île enfreint le droit international et européen. Malte, en tant que voisine européenne la plus proche de la Libye, gère la SAR zone (zone de recherche et de sauvetage en mer) et enferme systématiquement les personnes « sauvées ». Ainsi depuis 2020 – où pendant le confinement, les autorités ont utilisé des bateaux de croisière pour enfermer les migrant·es. Malte impose à l’UE un chantage au débarquement : « S’il n’y a pas de promesse de relocalisation des exilé-es vers d’autres pays européens, on ne porte pas assistance en mer ». Malte tente ainsi de s’extraire des responsabilités qui lui incombent en matière de droit maritime et de règlement Dublin. La grande peur de Malte, c’est de devenir un « hotspot » comme la Grèce. L’île voudrait plutôt être un « bus-stop », c’est à dire un pays de transit, au même titre que la Libye, avec l’argument que les personnes ne veulent pas rester à Malte. Sauf que, dans les faits, les relocalisations se font au compte-gouttes. Cela n’assure aucun cadre pour les personnes débarquées à Malte, et c’est là qu’il y a violation des droits : les migrants se retrouvent en centre de rétention sans statut, pour une durée indéterminée.

Source : infomigrants

Notes

[1Pour se rendre compte de la solidarité entre habitants, militants et migrants, je vous conseille le visionnage des vidéos youtube de Streets politics

[2pour suivre l’avion de Frontex, voir ce lien

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