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CA 318 mars 2022

Brèves de l’éco 318

lundi 28 mars 2022, par Saint-Nazaire

Chaque mois ou presque un décryptage de l’économie et des chiffres dont elle nous inonde. Au sommaire de la rubrique de mars 2022 :
Les pandémies, une bonne affaire
Qui possède les médias ?
L’industrie agro-alimentaire se porte bien, merci
RSA : ces pauvres qui ne bénéficient pas de leurs droits


Chaque mois ou presque un décryptage de l’économie et des chiffres dont elle nous inonde. Au sommaire de la rubrique de mars 2022 :
Les pandémies, une bonne affaire
Qui possède les médias ?
L’industrie agro-alimentaire se porte bien, merci
RSA : ces pauvres qui ne bénéficient pas de leurs droits

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Les pandémies, une bonne affaire

Le coût de production d’une dose de vaccin Pfizer est estimé à 1 euro par des chercheurs de l’Imperial College de Londres. Cette même dose est vendue 17,2 euros aux Etats-Unis. Pfizer prétend que le coût réel est de 6 euros si on intègre la recherche et développement, les études cliniques, la logistique, etc. Ils oublient bien sûr au passage les financements publics dont ils ont bénéficié. Ils prétendent vendre à un prix plus élevé aux pays riches pour vendre « à prix coûtant » (6 euros donc) aux pays pauvres. Au départ, ils avaient tenté d’imposer aux Etats-Unis le prix de 100$, soit 86 euros. On comprend que l’industrie pharmaceutique soit vent debout contre la suspension des droits de propriété sur le vaccin… Pfizer prétend que, de toute manière, ça ne résoudrait rien parce que la fabrication du vaccin demanderait un trop gros transfert de technologie. Mais « Médecins sans frontières » a identifié plus d’une centaine de sites dans le monde capables de le faire. Rappelons que les conditions de négociation du contrat avec l’UE restent encore très opaques. En fait, ces histoires de monopole, de concurrence et d’industrie privée ont des conséquences qui vont bien au-delà de la seule question du prix du vaccin, de son accessibilité et de sa fabrication. Dans ce contexte, ce qui compte est d’être le premier à sortir le vaccin. Ce ne sera donc ni le meilleur ni le plus sûr. Ce qui compte aussi c’est d’avoir des garanties, sur les quantités vendues, et pour ça on va agiter la menace de la pénurie. Ça a visiblement assez bien marché. Combien d’entre vous ont reçu autre chose que Pfizer, Moderna ou Astra Zeneca  ? Et c’est vous qui avez choisi  ? On vous a expliqué les différences entre les vaccins  ?
Source  : Mediapart

Qui possède les médias

En France, la loi est censée limiter la concentration de la propriété dans les medias. Cette loi ne semble pas très efficace. Dans la presse quotidienne nationale, Le Monde (Xavier Niel, PDG de free), Le Figaro (Dassault), Aujourd’hui-Le Parisien et Les Echos (LVMH) concentrent 85% des ventes. Pour la presse quotidienne régionale, le Crédit Mutuel couvre 23 départements essentiellement à l’Est de la France. La presse magazine d’informations générales et économiques appartient bien sûr globalement au monde des affaires. En matière de radio, Radio France (service public) couvre 23 % des parts, suivie par RTL (qui appartient à M6 donc bientôt TF1 donc Bouygues), puis Europe 1 (Bolloré) et RMC (Patrick Drahi). Pour la télé, c’est à peu près pareil. France Télévision fait 30 % de l’audience. Bouygues possède TF1 donc M6, TMC, LCI,etc. Canal+ et BFM appartiennent à Bolloré, de même que Cnews.
Source  : Alexandre Millicourtois, Xerfi Canal, 14 octobre 2021

L’industrie agro-alimentaire se porte bien, merci

En 2020, sa production en France est estimée à 140 milliards d’euros, elle a peu souffert du covid. La France reste le 2ème fabricant européen de produits alimentaires transformés, derrière l’Allemagne. Cependant, sa part dans la production européenne a diminué et le déficit commercial s’aggrave. En fait, la France est excédentaire en produits agricoles et boissons, et déficitaire en produits alimentaires. 164 groupes multinationaux français concentrent 47 % de la valeur ajoutée et 41 % des effectifs du secteur agro-alimentaire. Or, ces groupes se sont beaucoup implantés à l’étranger, ceci expliquant peut-être cela. Si on prend la cinquantaine de groupes les plus importants, 4 filiales à l’étranger sur 5 concernent la production alimentaire. Le chiffre d’affaires et les effectifs de ces groupes sont plus importants à l’étranger qu’en France (plus du double des effectifs pour près d’un groupe sur cinq). Sur la période 2011-2018, le nombre de filiales a progressé deux fois plus vite à l’étranger qu’en France. Le chiffre d’affaires est dix fois plus dynamique, et les effectifs salariés y ont crû quatre fois plus vite. Il faut bien comprendre de quoi on parle quand on parle de concurrence entre pays dans ce domaine (comme dans bien d’autres). Ce n’est pas une concurrence. Les groupes multinationaux français jouent la concurrence entre pays dans le choix d’implantation de leurs filiales. La prospérité des multinationales françaises peut creuser le déficit commercial français. De même qu’on peut dire que le succès de l’implantation mondiale des multinationales américaines dans les années 60 est à l’origine du déficit commercial colossal états-unien.
Source : INSEE première n°1886, janvier 2022

RSA  : ces pauvres qui ne bénéficient pas de leurs droits

Environ un tiers des bénéficiaires potentiels du RSA ne le perçoivent pas, et ne le demandent tout simplement pas. Ils permettent ainsi à l’État d’économiser 3 milliards d’euros par an. C’est ce qu’établit une étude de la Drees (service statistique du ministère de la santé et des solidarités). L’étude, qui a duré deux ans, se base sur les chiffres de 2018. Ce chiffre est valable trimestre par trimestre. Mais si on regarde sur un an (il peut y avoir un décalage entre le moment où on a droit au RSA et le moment où on réalise, réalise qu’on y a droit, et un décalage entre le moment où on réalise qu’on y a droit et celui où on admet que c’est une situation durable, et où on se lance dans les formalités de demande), il y a encore un taux de non-recours au RSA de 20 %. C’est-à-dire que, parmi ceux et celles qui devraient bénéficier du RSA, un sur cinq ne le réclame pas du tout. Il y a bien sûr la peur de la stigmatisation. De ce point de vue, merci Valérie Pécresse et tous les politiciens qui traitent les rsistes d’assistés, merci TF1, TMC et toutes les émissions faisant leur miel de la « chasse aux fraudeurs ». L’étude visait à quantifier le phénomène. Une nouvelle étude va maintenant être lancée pour essayer d’en comprendre les causes et proposer des mesures. La dernière étude sur ce sujet date de 12 ans. Entre les deux, les chiffres n’ont pas baissé. A l’époque, une des explications avancées était la nouveauté de la mesure. Ça ne peut plus fonctionner maintenant. Une cause demeure cependant, la complexité du système qui fait qu’un certain nombre de bénéficiaires potentiels ne savent pas qu’ils ou elles y ont droit, ni comment faire. Demandez aux assistantes sociales, elles sont bien placées pour l’observer. La Cour des Comptes évoque dans un rapport la possibilité de simplifier les règles d’attribution et de calcul pour permettre une forme d’automatisation. Mais l’idéologie qui sous-tend la mise en place du RSA, c’est que les pauvres « fassent un effort » pour sortir de la pauvreté en travaillant. S’il était attribué automatiquement, ce serait efficace pour réduire la pauvreté, mais irait à l’encontre de cette idéologie.
Rappelons à Valérie Pécresse que, lorsqu’elle déclare qu’elle demandera aux rsistes de travailler 15 heures par semaine, elle trouve donc normal qu’on travaille 60 heures pour 565 euros, soit un salaire horaire de 9,42€. Quelqu’un peut lui dire que le SMIC brut est à 10,57€  ?
Source  : Mediapart, RSA  : le scandale du non recours, Faïza Zerouala, 14 février 2022

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